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À surveiller: Rogers, Suncor et MTY

Jean Gagnon|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: Rogers, Suncor et MTY

Selon Maher Yaghi, analyste chez Scotia Capital, il faut aussi s’attendre à un réflexe naturel chez certains clients de vouloir se tourner vers un autre fournisseur, ce qui pourrait affecter négativement les résultats du 2e semestre. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de Rogers, Suncor et MTY? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée.

 

Rogers Communications (RCI-B.TO, 59,50 $): les prochains gestes de la direction seront critiques si l’on veut protéger la marque

La panne générale du réseau de Rogers Communications vendredi a certes causé des problèmes à l’étendue du pays, beaucoup de frustration chez les clients et réanimé le débat sur les besoins d’une intervention réglementaire accrue dans ce secteur.

Mais selon Maher Yaghi, analyste chez Scotia Capital, il faut aussi s’attendre à un réflexe naturel chez certains clients de vouloir se tourner vers un autre fournisseur, ce qui pourrait affecter négativement les résultats du 2e semestre.

Pour l’instant, la direction de Rogers explique que la panne est survenue lors de procédures de maintenance et qu’elle prévoit une somme de 65-75 millions de dollars pour compenser au 3e trimestre les abonnés affectés.

Mais au-delà de cette annonce de compensation de la part de Rogers, on peut s’attendre à un taux de désabonnement plus élevé dans le sans-fil ainsi que dans les services filaires au cours des 6 prochains mois, craint l’analyste. Il prévoit que la compagnie agira de façon proactive en déployant certaines initiatives pouvant favoriser la rétention de sa clientèle, bien que les concurrents s’efforceront sûrement d’attirer à eux les clients désabusés.

Les événements affecteront-ils l’acquisition de Shaw Communications? Pour l’instant, l’analyste de la Scotia ne voit pas de raison de modifier sa probabilité de 80% que la transaction se réalise.

L’histoire démontre que ces pannes dans d’autres parties du monde ont généralement entraîné les régulateurs à augmenter la surveillance plutôt que de se lancer dans une révision complète du paysage concurrentiel, souligne l’analyste.

Sa recommandation est «surperformance» au secteur, et son cours cible est de 73 $. Le titre a cédé 4,6% de sa valeur durant la séance de négociations d’hier.

 

Suncor Energy (SU.TO, 39,62 $): le dernier incident concernant la santé et la sécurité au travail pèse lourd sur la réputation de l’entreprise

Suncor Energy (SU.TO, 39,62 $): le dernier incident concernant la santé et la sécurité au travail pèse lourd sur la réputation de l’entreprise

Un nouvel accident causant la mort d’un travailleur dans une mine de l’entreprise spécialisée dans l’extraction, la transformation et la distribution de pétrole est survenu la semaine dernière.

Cela a forcé le PDG Mark Little à démissionner sur le champ. Cette démission n’a rien de surprenant, selon Travis Wood, analyste à la Financière Banque Nationale, considérant qu’il s’agit du 13e incident depuis 2014 et le 5e depuis 2021.

Kris Smith, vice-président exécutif, assumera l’intérim pendant que la direction entreprendra une recherche globale de cadres afin de pourvoir le poste. L’analyste de la Financière croit qu’une personne extérieure à la firme sera sélectionnée.

Le nouveau PDG devra implanter une nouvelle culture qui semble nécessaire si l’on veut instaurer à long terme un changement soutenable des mesures de santé et de sécurité au travail chez la firme de Calgary.

Il s’agira là d’une lourde tâche compte tenu de la complexité des opérations et de la présence de nombreux sous-traitants, explique l’analyste.

Le cours de l’action de Suncor qui profitait de l’appétit des investisseurs pour les titres de ressources au Canada depuis un an a perdu plus de 20% de sa valeur depuis un mois.

L’analyste de la Financière a une recommandation de «performance égale» au secteur et son cours cible est de 73 $.

 

Groupe d’alimentation MTY (MTY.TO, 54,41 $): malgré des coûts à la hausse, les bénéfices demeurent à un niveau record

Groupe d’alimentation MTY (MTY.TO, 54,41 $): malgré des coûts à la hausse, les bénéfices demeurent à un niveau record

Les flux de trésorerie qui demeurent stables et une évaluation du titre plutôt modeste offrent aux investisseurs un bon titre à caractère défensif devant les risques d’inflation et de récession. C’est du moins ce que croit John Zamparo, analyste à la CIBC.

Bien que les coûts aient augmenté de façon plus rapide que les revenus, les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) en dollars sont à des niveaux records bien que les ventes demeurent environ 3% inférieures à ce qu’elles étaient avant la pandémie, note l’analyste.

Compte tenu de la reprise déjà en marche, il prévoit un taux de croissance annuel composé des bénéfices par action de 9% jusqu’en 2024.

Les perspectives d’occasions intéressantes de fusions et acquisitions semblent maintenant au point mort pour 2022, estime l’analyste. Mais de bonnes occasions devraient se présenter en 2023, au moment même où la croissance organique de ses unités deviendra possible, croit-il.

Durant ce temps, la direction de la firme semble plus disposée à réduire la dette que de racheter ses actions, perçoit l’analyste de la CIBC. Toute la dette est à taux flottant, et le niveau d’endettement se situe à 1,7 fois. John Zamparo ne cache pas qu’il préférerait voir la firme utiliser un peu plus son plan de rachat d’actions. Il prévoit maintenant des rachats d’environ 1,7% par année du total des actions en circulation.

Afin de tenir compte de l’aversion actuelle des investisseurs pour les titres de dépenses discrétionnaires, l’analyste abaisse son multiple cours/bénéfices qui passe de 19 fois à 16 fois. Son cours cible passe ainsi de 77 $ à 68 $. Sa recommandation demeure toutefois «surperformance», considérant qu’il s’agit d’un titre défensif.

L’évaluation du titre demeure néanmoins attrayante, selon l’analyste. Historiquement, cette évaluation a toujours été relativement basse comparativement à ses concurrents. Cela est surtout attribuable à l’absence de croissance organique, estime l’analyste.

Le rendement des flux de trésorerie libre se situe actuellement à 9%, soit environ 130 points centésimaux plus élevés que sa moyenne des cinq dernières années.