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À surveiller: Lassonde, Cominar et Canadian Tire

Dominique Beauchamp|Mis à jour le 16 avril 2024

Que faire avec les titres d’Industries Lassonde, Cominar, et Canadian Tire?

Que faire avec les titres d’Industries Lassonde, Cominar, et Canadian Tire? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée.

Industries Lassonde (LAS.A, 161,97$): les ventes aux épiciers pendant la pandémie soulèvent les marges

La pandémie a profité plus que prévu au producteur de jus, au deuxième trimestre.

Industries Lassonde a bénéficié de la concentration des achats des consommateurs en épicerie où elle réalise 87% de ses ventes.

Ces ventes, sans l’effet des acquisitions, ont crû de 7,5%, plus de deux fois les prévisions de Frédéric Tremblay de la Financière Banque Nationale.

L’analyste attribue une bonne part de cette performance aux ventes de jus de marques privées aux États-Unis.

La hausse de 18,7% des revenus à 498,2 millions de dollars a aussi soulevé les marges parce que les usines produisent à plus fort régime.

Le volume accru et le recul des prix des ingrédients ont fait bondir le bénéfice d’exploitation de 40% à 58,5 M$, nettement plus que les estimations de 48M$ de l’analyste.

Le trimestre a dégagé un bénéfice de 3,75$ par action, soit 66% de plus qu’un an plus tôt.

Le trimestre a aussi produit des flux de trésorerie record de 78,1 M$ si bien que le ratio qui compare la dette au bénéfice d’exploitation s’est aussi amélioré de 2,4 à 1,7 fois, soit le niveau qu’il avait avant l’achat de Sun-Rype en janvier 2020.

«Cet achat est arrivé à point nommé, car il a fourni une capacité de production additionnelle lors d’une pointe de la demande», indique Frédéric Tremblay.

La société s’attend à ce que les ventes restent fermes d’ici le reste de l’année. Les prix pour les concentrés de jus et le plastique pour l’emballage sont aussi stables à court terme.

Même s’il se dit impressionné par les résultats et aussi encouragé par les perspectives pour le deuxième semestre, l’analyste ne touche pas à son cours cible de 190$. Il renouvelle sa recommandation d’achat.

Frédéric Tremblay augmente de 10,91 à 13,47$ le bénéfice qu’il prévoit en 2020, mais relève de seulement 2% ses prévisions pour 2021 (à 11,78$ par action), car «il s’attend à un retour à la normale» des habitudes d’achat.

Cominar (CUF.UN, 7,00$): distribution coupée de moitié et dévaluation de 330 M$

Cominar (CUF.UN, 7,00$): distribution coupée de moitié et dévaluation de 330 M$

La pandémie a eu un effet plus sévère que prévu sur les centres d’achat du fonds immobilier si l’on se fie à la chute de 12,7% du titre, le 7 août.

Il faut dire que Cominar a charcuté sa distribution de moitié à 0,03$ par mois . «C’est une pilule difficile à avaler, mais nécessaire», évoque Michael Markidis, de Desjardins Marchés des capitaux.

Le taux de distribution, soit la proportion des fonds provenant de l’exploitation qui sont versés, passe ainsi à 40%, ce qui se situe au bas de la fourchette des fonds immobiliers, note-t-il.

Cette coupe libérera des capitaux de l’ordre 65 millions par année dont le fonds aura besoin pour réinvestir dans ses immeubles au cours des 12 à 18 prochains mois, au-delà du budget prévu de 100 à 125 M$ par année, croit Michael Makridis.

Cominar a aussi annoncé la vente d’une tour à bureaux au centre-ville de Montréal, que l’analyste croit être le 2001 McGill College. Il s’agit d’une offre non sollicitée d’un acheteur local que le fonds aurait reçu avant la pandémie.

«Étant donné l’objectif du fonds de rehausser la qualité de son portefeuille, nous sommes un peu surpris par la vente de cet immeuble prestigieux surtout qu’il obtient un peu plus que sa valeur comptable», explique Michael Markidis.

Cette vente lui procurera encore plus de souplesse financière, reconnaît-il.

Maintenant que le fonds a pris le taureau par les cornes, l’analyste recommande à ses clients de ne pas oublier les immeubles à bureaux et industriels du fonds qui affichent un bon taux d’occupation et augmentent leurs loyers de 8% et de 22%.

De plus, le gouvernement loue 44% des baux qui échoient en 2021. Une bonne part a déjà été renouvelée tandis que les discussions sont avancées pour les autres, dit-il.

En fin de compte, Michael Markidis abaisse son cours cible de 9,50 à 7,75$, soit 25 à 30% de moins que la valeur d’actif nette de 10,70$ qu’il attribue au fonds.

Cet objectif équivaut à un multiple de 8 fois les fonds provenant de l’exploitation de 0,90$, prévus en 2021.

Canadian Tire (CTC.A, 122,77$): la pandémie chambarde les résultats

Canadian Tire (CTC.A, 122,77$): la pandémie chambarde les résultats

La perte de 0,25$ par action essuyée par le détaillant au deuxième trimestre, en dépit de l’explosion des ventes en ligne, a pris les investisseurs de court. Son action a perdu plus de 6,3% le 6 août.

La pandémie a considérablement chambardé les résultats, indique Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux. Les fortes ventes en magasin ne se sont pas répercutées sur les ventes de gros parce que les «concessionnaires» Canadian Tire n’ont pas regarni leurs stocks pendant le trimestre. Le prochain trimestre devrait profiter de ces commandes et des ventes saisonnières.

L’analyste relève d’ailleurs ses estimations pour cette enseigne pour le troisième trimestre pour en tenir compte.

Les ventes en ligne ont grimpé de 500% pour Canadian Tire, de 300% pour SportChek et de 350% pour Mark’s Wearhouse/L’Équipeur et, mais n’ont pas soulevé les marges en raison des coûts pour traiter les commandes et les promotions offertes pour stimuler les achats. Deux tiers du déclin de la marge brute provient de la «proportion élevée des ventes en ligne », ajoute l’analyse.

«Il appert que les ventes en magasin de Mark’s Wearhouse et de SportChek étaient beaucoup rentables que nous le croyions», ajoute Peter Sklar.

La fermeture de ces commerces a donc tiré les profits vers le bas malgré les commandes en ligne.

La division financière ne fait pas état d’une détérioration de divers ratios de crédit, mais elle a tout de même accru ses provisions pour mauvaises créances à 15%, le ratio le plus élevé par les émetteurs de cartes de crédit.

Étant donné l’impact inhabituel de la pandémie sur les résultats du détaillant Peter Sklar maintient son cours cible de 125$ qui repose sur la somme de la valeur accordée à chacune des divisions.

Il voit le titre performer en ligne avec le marché ce qui est l’équivalent d’une recommandation de conserver. «En dépit des fortes ventes du deuxième trimestre et des bonnes ventes d’articles saisonniers du troisième, nous sommes préoccupés par la nature discrétionnaire des achats qui pourraient souffrir une fois l’échéance des divers plans d’aide», dit-il.