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À surveiller: Gildan, Cascades et Redevances aurifères Osisko

Catherine Charron|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: Gildan, Cascades et Redevances aurifères Osisko

Redevances aurifères Osisko a dévoilé avoir produit, selon ses résultats préliminaires, 19 830 onces d’équivalent d’or. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de Gildan, Cascades et Redevances aurifères Osisko? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée.

 

Gildan (GIL-N, 39,84$US, GIL-T 50,75$): son nouveau plan lui sied bien

Le détaillant montréalais de vêtements Gildan a dévoilé des résultats qui ont largement dépassé les attentes au quatrième trimestre, en gage de sa bonne gestion et de la solidité de son plan stratégique «Back to basics» qui tire à sa fin, selon Patricia A. Baker de la Banque Scotia.

Son bénéfice par action ajusté a atteint 0,76 dollar américain ($US) au quatrième trimestre de 2021, ce qui supplante ce que l’analyste et le consensus avaient prévu, à 0,60 $US. Même chose du côté du bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA), qui a atteint 189,9 millions de dollars américains (M$ US), bien au-dessus des 169 M$ US et du 166,8 M$ US respectivement anticipé, note Patricia A. Baker.

L’entreprise veut continuer d’accaparer davantage de parts de marché du côté des vêtements de sport, où ses ventes ont crû de 17% par rapport au trimestre précédent, à 627 M$ US.

Du côté des sous-vêtements et des bas de nylon, elles ont avancé de 3%, à 17 M$ US surtout grâce aux ventes de sous-vêtements, la demande ayant été moins forte pour les bas.

Le taux de croissance de ses marges brutes s’est établi à 30,6%, grâce à la hausse du prix de ses articles par rapport à l’exercice précédent, et aux gains en efficacité de sa production, estime Patricia A. Baker. Dans le contexte actuel, l’entreprise s’en tire mieux que ses pairs selon l’analyste d’une part parce que ses coûts de fabrication sont moindres, et que ses installations se trouvent dans des endroits stratégiquement intéressants.

Elle tire en effet profit de la vague d’intérêts des marques qui souhaitent rapprocher leur production de leurs lieux de distribution. De plus, l’écart entre ses coûts de fabrication et ceux de ses pairs s’accentue, ce qui lui accorde un avantage comparatif sur lequel s’appuiera sa croissance.

Ainsi, l’entreprise se trouve dans une bonne position pour profiter du déconfinement de la société et de la réouverture de l’économie, croit Patricia A. Baker.

Ses résultats démontrent que ses ventes ont «substantiellement» repris par rapport à l’année précédente, que ses marges brutes s’en tirent bien et que sa vision stratégique «Back to basics» a porté ses fruits.

D’ailleurs, l’entreprise a dévoilé son nouveau plan de match des trois prochaines années, s’appuyant sur les «solides améliorations» apportées dans l’ensemble de l’entreprise.

Baptisée le «Gildan Sustainable Growth», cette vision stratégique compte trois grands chantiers: une expansion et une optimisation de ses infrastructures au Bangladesh et en Amérique Centrale, à de l’innovation — autant du côté de ses articles que de la manière de les produire —, et de nouveaux engagements ESG.

L’analyste ajuste donc légèrement sa prévision pour le bénéfice par action attendu en 2022, de 2,82 $US à 2,86 $US.

L’analyste rapporte que Gildan compte augmenter de 10% son dividende, et doubler son offre de rachat d’actions ordinaires à 10% de celles en circulation.

La Banque Scotia maintient sa recommandation de surperformance de secteur, et fait passer son cours cible de 48 $US à 52 $US.

 

Cascades (CAS, 12,25 $): elle doit faire ses preuves

Cascades (CAS, 12,25 $): elle doit faire ses preuves

Si Cascades parvient bel et bien à atteindre ses nouvelles cibles, ça signifierait que la société est «profondément sous-évaluée», estime Paul C. Quinn, de RBC Marchés des capitaux, à l’issue du dévoilement des résultats de l’entreprise le 24 février 2022.

Ceux-ci sont en ligne avec ce qui avait précédemment été annoncé par l’entreprise.

Cascades entend livrer un bénéfice par action qui se situerait entre 550 et 610 M$ en 2024. Ses nouvelles prévisions sont grandement teintées par le lancement de ses activités à Bear Island en Virginie, dont l’ouverture de ses installations est toujours attendue d’ici la fin de l’année, et ce, malgré une hausse des coûts de ce projet.

Bear Island devrait bonifier son bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement de 40 à 55 millions de dollars (M$) en 2023 et de 70 à 85 M$ en 2024. Ses revenus annualisés se situeront dans une fourchette de 90 à 100 M$.

Ça laisse donc présager une hausse du BAIIA généré par ses activités de carton-caisse de 30 à 40%, estime l’analyste, notamment grâce à la conversion de certaines de ses infrastructures aux États-Unis. En 2024, ses activités dans le secteur du carton caisse pourraient valoir entre 3,3 et 3,7 milliards de dollars (G$), souligne Paul C. Quinn.

Grâce aux changements qu’elle compte apporter à sa division de ses produits spécialisés d’emballage, Cascades estime livrer un BAIIA entre 120 et 130 M$ en 2024 dans ce secteur. Elle prévoit investir près de 40 M$ en 2022 pour améliorer l’automatisation de ses activités, qui lui permettront de générer entre 100 et 150 M$ de ventes d’ici 2024. Ses activités devraient alors valoir entre 0,9 et 1 G$.

Ses produits d’hygiène devraient quant à eux engendrer un BAIIA de 150 à 170 M$ en 2024. Cascades compte y réduire de 35 M$ ses dépenses annuelles. Néanmoins, elle compte tirer profit de ses précédents investissements dans le secteur, qui lui cause le plus de maux de tête selon l’analyste. La société travaille à augmenter le prix de ses articles de 12% dès avril du côté du détail notamment. En 2024, ses activités vaudront entre 0,8 et 0,9 G$, grâce à une meilleure «gestion des revenus», une «optimisation de la logistique», et à un «meilleur contrôle des coûts», croit l’analyste de RBC Marchés des capitaux.

Les prévisions de Paul C. Quinn demeurent sous celle de la direction de l’entreprise, ce qui lui laisse du leste pour s’ajuster si l’entreprise parvient à livrer la marchandise de son nouveau plan stratégique.

C’est pourquoi il maintient sa recommandation à «surperformance de secteur», mais abaisse de 3 $ son cours cible, à 17 $.

 

Redevances aurifères Osisko (OR-T, 15,68 $, OR-N, 12,25 $US): une croissance à court terme au rabais

Redevances aurifères Osisko (OR-T, 15,68 $, OR-N, 12,25 $US): une croissance à court terme au rabais

Selon l’évaluation qu’en fait présentement Shane Nagle de la Financière Banque Nationale, le titre de Redevances aurifères Osisko est bien peu cher pour la croissance qu’elle anticipe, l’escompte étant plutôt attrayant.

C’est ce qu’il conclut à la suite du dévoilement de ses résultats du quatrième trimestre de l’exercice 2021 après la fermeture des marchés jeudi.

Son bénéfice avant intérêt, impôts et amortissement (BAIIA) ajusté s’est établi à 35 millions de dollars (M$), ce qui est légèrement sous ce que la Financière Banque Nationale et le consensus avaient prévu, à 37 M$.

Son bénéfice par action de 0,14 $ s’en est toutefois mieux tiré, alors qu’ils misaient respectivement sur 0,12 $ et 0,09 $. Là où Osisko a surpassé les attentes, l’analyste l’attribue à une dépréciation, une déplétion et un amortissement plus bas que prévu, et à d’autres facteurs qui ne sont pas liés à ses opérations.

La société a aussi dévoilé avoir produit, selon ses résultats préliminaires, 19 830 onces d’équivalent d’or, et des revenus de 50,7 M$. En 2022, elle pense récolter entre 90 000 à 95 000 onces d’équivalent d’or, alors que la Financière Banque Nationale table sur près de 98 800 onces d’équivalent d’or.

Redevances aurifères Osisko a clos le trimestre avec 82,3 M$ en liquidité, -193 M$ dans son fonds de roulement, et 116 M$ de dette à long terme. Elle a aussi 337 M$ en crédit. Si la valeur de son fonds de roulement est négative, c’est à cause de ses débentures convertibles qui arrivent à échéance en décembre 2022, souligne Shane Nagle. Osisko tente d’évaluer quelle serait la meilleure manière de rembourser ses débentures, notamment en pigeant dans ses flux d’argent retenu, l’avenue sur laquelle mise l’analyste.

En ajoutant cette révision à la baisse de certaines prévisions pour 2022 en matière d’once d’équivalent d’or, Shane Nagle révise légèrement à la baisse son cours cible, de 20,50 $ à 20 $.