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À surveiller: Dollarama, Dell et Banque Royale

Charles Poulin|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: Dollarama, Dell et Banque Royale

Dollarama bénéficie de la tendance de la recherche de produits à bas prix par les consommateurs qui tentent d’échapper à l’inflation. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres Dollarama, Dell et Banque Royale? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée. 

 

Dollarama (DOL, 81,68 $): profitables marques à bas prix

Dollarama bénéficie de la tendance de la recherche de produits à bas prix par les consommateurs qui tentent d’échapper à l’inflation, ce qui se traduit par une surperformance du titre relativement à l’indice discrétionnaire à la consommation du TSX (TTCD).

Banque Nationale Marchés des capitaux prévoit un bénéfice par action de 0,64 $ pour le deuxième trimestre, en ligne avec le consensus du marché et un chiffre supérieur à celui enregistré pour le trimestre similaire l’an dernier (0,48 $). La prévision pour le bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement (BIIA) est de 357 M$ (incluant DollarCity), alors que le consensus est de 352 M$.

Les ventes en magasin comparables devraient quant à elles augmenter de 12,2%, comparativement à une diminution de 5,1% en 2021. L’analyste Vishal Shreedhar indique que ces chiffres tiennent compte de la hausse du panier d’achats moyen de 2,4% ainsi que de la croissance de 15% des transactions enregistrées.

La Banque Nationale a récemment fait un survol des commentaires des entreprises de vente au détail. Elle aperçoit un changement de tendance vers les produits à bas prix des pressions émergentes sur les achats discrétionnaires ainsi que le maintien d’une forte demande pour les produits saisonniers. L’institution financière croit que le vaste éventail de produits offerts par Dollarama profitera du désir des consommateurs de trouver de la valeur à plus bas prix.

Le titre a également très bien performé au cours des derniers mois, rappelle Vishal Shreedhar. Il est en hausse de 29% depuis le début de l’année, loin devant la baisse d’environ 9% de l’indice TTCD.

La question pour les investisseurs, estime l’analyste, est de savoir si l’entreprise québécoise continuera à «surperformer» relativement à son secteur d’activités. Il croit que oui, si ses fondamentaux restent forts. La performance du titre sera aussi influencée par la demande de titres défensifs au cours des prochains mois.

La Banque Nationale hausse son cours cible de 77 $ à 82 $, et maintient sa prévision de «surperformance» de Dollarama.

 

Dell (DELL, 46,84 $ US): baisse du marché des ordinateurs personnels 

Dell (DELL, 46,84 $ US): baisse du marché des ordinateurs personnels

Bank of America revoit ses prévisions à la baisse pour Dell en raison d’une anticipation de baisse de la demande pour les ordinateurs personnels (PC) en deuxième moitié de 2022.

Ce ralentissement du marché des PC fait également reculer les prévisions de ventes pour le deuxième trimestre, mais aussi en raison d’attentes de demande moins soutenue du côté du stockage de données et d’un vent de face provenant du taux de change pour les trois derniers trimestres de 2022.

Malgré un environnement pour le stockage moins positif, Bank of America mentionne que le positionnement et les parts de marchés de Dell restent bons. Les produits haut de gamme de l’entreprise devraient générer des gains qui seront notamment liés au rafraîchissement des infrastructures de serveurs.

L’analyste Wamsi Mohan indique que l’institution financière révise à la baisse la croissance du ratio revenus-bénéfice par action entre 3% et 9% pour 2023, soit sous les attentes de la direction de Dell (6%-12%) et du marché (5%-12%). Il rappelle que le titre de l’entreprise a décliné plus fortement que le S&P depuis le début de l’année (-17% contre -13%) en raison des inquiétudes des investisseurs face à un éventuel ralentissement du marché de la vente de PC.

Wamsi Mohan ajoute que les signaux envoyés par les fournisseurs envoient des avertissements de ralentissement, et que les données de revenus de fabricant de conception originale (ODM) sont en déclin pour juillet, avec une perspective de marché, elle aussi, en décroissance.

Bank of America maintient sa recommandation d’achat du titre, mais abaisse son cours cible de 67 $ US à 66 $ US.

 

Banque Royale du Canada (RY, 123,20 $): le bénéfice par action n’est pas au rendez-vous

Banque Royale du Canada (RY, 123,20 $): le bénéfice par action n’est pas au rendez-vous

La Banque Royale du Canada a enregistré un bénéfice par action sous les attentes, ce qui fait baisser le cours cible de Canaccord Genuity sur le titre.

La Banque Royale a affiché un bénéfice par action de 2,55 $ au troisième trimestre, soit sous la cible de 2,66 $ fixée par Canaccord et l’ensemble du marché. Si cela n’affecte pas la prévision du bénéfice par action pour les 12 prochains mois, cela emmène Canaccord à réviser à la baisse, de 9% à 8%, la cible du ratio cours-bénéfice.

L’institution financière rappelle que la Banque Royale a présenté de bonnes tendances du côté de services bancaires canadiens, avec une croissance annuelle de 15% supportée par une augmentation des volumes de prêts (+10% annuellement, +3% relativement au trimestre comparable en 2021) et une hausse de plus de 10% pour les prêts hypothécaires, les activités bancaires commerciales et les cartes de crédit.

Canaccord estime que la Banque Royale est bien positionnée dans les services bancaires pour faire face aux vents contraires à court terme (notamment la marge d’intérêts nette et la croissance des prêts) ainsi qu’à long terme parce qu’elle pourra profiter d’une acquisition de clientèle supérieure ou de ventes croisées grâce à ses plateformes Ownr, RBC EdgePay et RBCx. Ses partenariats avec ICICI Bank Canada, Rexall, WestJet et Petro-Canada l’aideront également.

L’analyste Scott Chan souligne par ailleurs que les revenus liés aux marchés des capitaux ont décliné de 33% au troisième trimestre, la Banque Royale n’échappant pas aux conditions de marché qui ont notamment réduit le nombre de transactions. Cela s’est traduit par une diminution de 385 M$ du côté de son portefeuille de souscriptions, une perte provenant surtout du marché américain.

Canaccord maintient sa suggestion de conserver le titre de la Banque Royale, mais abaisse son cours cible annuel de 131,50 $ à 130,50 $.