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À surveiller: CAE, Canadian Western Bank et S&P Global

Dominique Beauchamp|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: CAE, Canadian Western Bank et S&P Global

Photo: lesaffaires.com

Que faire avec les titres de CAE, Canadian Western Bank et S&P Global? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée


CAE (CAE, 35,86$): le recul du titre offre une nouvelle occasion de l’acheter

Le recul de 10% du titre du formateur de pilotes depuis le 10 août en fait un achat intéressant, selon Konark Gupta, de Banque Scotia, qui hisse CAE parmi ses favoris dans l’industrie du transport et de l’aérospatiale.

L’analyste attribue le ressac aux prises de profits à la suite du rebond de l’action qui avait profité de l’anticipation du retour des voyageurs. Le variant Delta assombrit aussi les perspectives de retour à la normale des vols des clients commerciaux de CAE.

CAE augmente aussi ses dépenses en capital de 35 M$ à 250 M$ afin d’ajouter à sa capacité de formation dans de nouveaux segments civils bien que que le taux d’utilisation global de capacité de son réseau soit de 56%.

La société n’a pas fourni de prévisions annuelles non plus lors du dévoilement des résultats du premier trimestre.

Aux yeux de l’analyste, les investisseurs oublient la plus grande diversité des sources revenus de CAE qui offre une certaine «protection» et que l’achat récent du formateur militaire L3Harris renforce. CAE prévoit que cette acquisition procurera des synergies annuelles 35 à 45 millions de dollars et propulsera la croissance du bénéfice par action de plus de 10% dès la première année.

Le segment de la défense représentera bientôt le tiers du bénéfice avant intérêts et impôts par rapport à la proportion de 20% avant la pandémie.

CAE a aussi réalisé cinq achats complémentaires dans le segment civil pendant la pandémie qui ajoutent à son offre.

Enfin, le segment des jets d’affaires, pour lequel CAE fournit aussi de la formation aux pilotes, se porte plutôt bien. Le nombre de vols dépasse par 25% le rythme d’avant la pandémie, précise Konark Gupta. Ce segment dégage aussi des marges plus élevées pour le formateur.

L’analyste juge le titre attrayant avant l’amélioration prévue des résultats au deuxième semestre. L’action s’échange à un multiple 12 fois le bénéfice d’exploitation qu’il prévoit en 2023, soit au bas de la fourchette d’évaluation de 12 à 14 fois qui prévalait avant la pandémie.

L’analyste de Banque Scotia s’attend à ce que le bénéfice d’exploitation surpasse celui d’avant la COVID-19 d’ici 12 mois et prévoit que le titre retrouve un multiple de 14 fois.

Il renouvelle sa recommandation d’achat et le nouveau cours-cible de 46$ fixé le 12 août.

 

 

Canadian Western Bank (CWB, 37,17$): 578 M$ de capitaux bientôt libérés

Canadian Western Bank (CWB, 37,17$): 578 M$ de capitaux bientôt libérés

La hausse de 36% du bénéfice au troisième trimestre a surpassé les attentes de Cihan Tuncay de Stifel GMP par 18%. La banque régionale a aussi relevé ses prévisions annuelles, mais ce n’est pas pour ces raisons que l’analyste renouvelle sa recommandation d’achat et son cours cible de 41$.

Un pivot majeur se pointe à l’horizon en 2022 puisque l’analyse plus fine en interne des risques des prêts pourrait ultimement libérer des capitaux frais de 578 millions de dollars ou de 6,60$ par action, lorsque les autorités l’approuveront pour le calcul du ratio minimum des fonds propres, au deuxième semestre de 2022, prévoit-il.

Canadian Western Bank a clos le troisième trimestre avec un ratio des fonds propres de 8,8%, par rapport à ceux de 11,8 à 13,1% pour les six plus grande banques canadiennes.

Cette mise à niveau n’est pas banale puisque 578M$ équivalent à 18% de sa valeur boursière. À plus long terme, ce changement devrait améliorer la marge d’intérêts et le rendement de l’avoir des actionnaires.

Le nouvel effort numérique de la banque devrait aussi apporter des «occasions» et «alimenter la croissance», renchérit l’analyste. Au début de 2022, l’institution lancera un outil numérique qui fait appel à l’intelligence artificielle pour mieux évaluer les besoins en financement des PME.

À plus court terme, la banque améliore les fonctionnalités de sa plateforme numérique pour les entreprises ce qui attirera de nouveaux clients et dépôts, à bas coût, tout en lui procurant de nouvelles sources de revenus, explique aussi l’analyste.

Dans l’intervalle, comme ses semblables, l’institution bénéficie de la forte hausse des dépôts qui est une source de capital peu coûteuse, du rebond des prêts commerciaux et de la diminution des provisions de pertes sur prêts qu’entraîne la reprise économique.

Cihan Tuncay augmente ses prévisions de bénéfice de 3,48$ à 3,60$ pour 2021 et de 3,71$ à 3,73$ pour 2022, mais prévient qu’elles pourraient augmenter davantage si les nouvelles initiatives rapportaient plus que prévu.

Si c’était le cas, l’évaluation du titre, actuellement de 1,15 fois la valeur comptable par rapport au multiple moyen de 1,5 fois pour les plus grandes banques, pourrait alors être revu à la hausse.

 

S&P Global (SPGI, 444,07$US): l’investissement responsable ajoute au potentiel du fournisseur de données

S&P Global (SPGI, 444,07$US): l’investissement responsable ajoute au potentiel du fournisseur de données

Même si les autorités britanniques de la concurrence se penchent sur la fusion de 44 milliards de dollars américains avec IHS Markit et que l’action de S&P Global soit chèrement évaluée, Jeffrey Silber renouvelle sa recommandation d’achat pour le géant mondial d’évaluation de crédit et des données financières.

Une récente rencontre avec les dirigeants a remis en relief les diverses occasions de croissance dont bénéficie la société.

Outre les synergies initiales de 830 M$ US de l’intégration d’IHS Markit, l’analyse des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises (ESG) offre un fort potentiel.

«Cette analyse ESG s’insère dans toutes les spécialités mondiales d’évaluation de la société qui a choisi de bâtir une équipe dédiée», explique l’analyste. Quelque 1400 analystes dévoileront 10 000 cotes d’évaluation ESG cette année.

L’évaluation plus conventionnelle des cotes de crédit des entreprises pourrait ralentir après le boom sans égal d’émissions de titres de dettes et la manne des fusions et acquisitions dans le monde, reconnaît Jeffrey Silver. La société devrait toutefois continuer à bénéficier d’un niveau d’activité élevé grâce à la reprise mondiale qui suscite des transactions et des investissements.

S&P Global profitera aussi du plan américain d’infrastructures qui suscitera d’importants investissements de la part des propriétaires d’infrastructures, des gouvernements et de leurs fournisseurs.

Enfin, la réforme du marché chinois des investissements offre du potentiel à long terme pour le service d’évaluation de crédit des entreprises. «La faillite de plusieurs entreprises chinoises cotées «AAA» fait douter des agences chinoises de notation», explique l’analyste.

Jeffrey Silber renouvelle sa recommandation d’achat et son cours cible de 460$ US, soit 32 fois le bénéfice de 14,22 $US par action prévu en 2002. Cela représente un rendement potentiel total de 6% incluant le dividende de 0,7%.