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À surveiller : BRP, TVA et General Motors

Dominique Beauchamp|01 février 2023

À surveiller : BRP, TVA et General Motors

Polaris continue de perdre des parts de marché dans les segments des véhicules hors route, des motoneiges et des pontons, ce qui est favorable à BRP. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de BRP, Groupe TVA et General Motors? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note: l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée par les analystes.

BRP (DOO, 111,03 $) : les perspectives du rival Polaris renforcent celles du fabricant de Valcourt

Après avoir pris connaissance des résultats et des perspectives de Polaris Industries (PII, 114,84 $US), Martin Landry de Stifel GMP se dit nettement plus à l’aise qu’avant à l’égard de ses prévisions pour BRP en 2023, puisque Polaris est encore considérée comme le baromètre de l’industrie.

Le fabricant américain de véhicules récréatifs a rapporté une hausse de 21% de ses revenus au quatrième trimestre à 2,4 milliards de dollars américains grâce à l’augmentation du nombre d’unités vendues et des prix de vente. Le bénéfice ajusté par action a bondi de 57% à 3,46 $US par action, mieux que le consensus de 3,26 $US.

Toutefois, les ventes réalisées aux détaillants en Amérique du Nord ont fléchi de 6% en raison d’un déclin des véhicules hors route, des motoneiges et des pontons. Les véhicules en stocks en Amérique du Nord chez les détaillants commencent à revenir à la normale et devraient retrouver leur niveau optimal, au premier semestre de 2023.

En d’autres mots, la possibilité que l’industrie vende un plus grand nombre d’unités aux détaillants qu’en 2022 est rassurante pour les investisseurs qui portent une grande attention à ces ventes en raison de l’environnement macroéconomique.

Polaris continue de perdre des parts de marché dans les segments des véhicules hors route, des motoneiges et des pontons, ce qui est favorable à BRP qui continue à augmenter les siennes, indique Martin Landry.

Bien que Polaris observe une certaine faiblesse dans les ventes de véhicules hors route récréatifs qui pourrait persister en 2023, le fabricant note que d’autres indicateurs restent positifs tels que la proportion élevée de véhicules vendus avec des accessoires, le nombre de nouveaux acheteurs et de clients qui récidivent et le bon score de crédit des clients.

Pour 2023, Polaris prévoit une hausse de zéro à 5% de ses revenus dans une fourchette de 8,6 à 9 milliards de dollars américains. Le bénéfice devrait atteindre 10,10 à 10,75 $US par action soit 3% de moins ou 3% de plus qu’en 2022. Ces prévisions meilleures que prévu ont poussé le titre à la hausse de 8% le 31 janvier.

Ce portrait devrait «rassurer» les investisseurs qui craignent un déclin des profits pour BRP en 2023, explique Martin Landry.

«Bien que l’environnement économique reste un défi et pourrait apporter de la volatilité, les perspectives de Polaris appuient notre opinion que BRP peut encore accroître ses bénéfices, à la suite d’une année exceptionnelle», renchérit-il.

De surcroit, l’action de BRP est 22% moins chèrement évaluée (9 fois les bénéfices prévus) que celle de Polaris, un «rabais» injustifié, étant donné sa feuille de route, fait valoir l’analyste. Le fabricant de Valcourt a atteint ou dépassé ses propres objectifs depuis neuf ans, précise-t-il.

Martin Landry croit donc que BRP peut atteindre le bénéfice de 14 $ par action qu’elle vise en 2025, ce qui procure au potentiel attrayant de croissance aux investisseurs particulièrement au cours actuel.

Son titre est l’un des préférés de l’analyste parmi les sociétés de consommation dont il assure le suivi, rappelle-t-il.

Il renouvelle sa recommandation d’achat et le cours cible de 145$, soit 30% de plus que le cours actuel.

Groupe TVA (TVA, 1,90$) : la hausse des coûts de programmation gruge encore la rentabilité

Groupe TVA (TVA, 1,90$) : la hausse des coûts de programmation gruge encore la rentabilité

Deux semaines avant les résultats annuels du Groupe TVA, Adam Shine de la Financière Banque Nationale, ajuste ses attentes à la dynamique de sa principale division de diffusion.

Le déclin des revenus devrait s’avérer moins pire que prévu, au quatrième trimestre, mais la stratégie du télédiffuseur d’augmenter ses dépenses de programmation aura encore grugé la rentabilité de cette division.

Adam Shine laisse entendre que le recul des revenus publicitaires à la télévision s’atténue par rapport aux deux trimestres antérieurs. «La stratégie de contenu semble avoir plu aux téléspectateurs et aux annonceurs», évoque-t-il. Il prévoit tout de même un repli de 4,6% des revenus totaux du groupe à 164 millions de dollars, au quatrième trimestre.

Toutefois, le bénéfice d’exploitation de la filiale de Québecor (QBR.B, 31,56 $) devrait baisser de moitié à 14,7 millions de dollars parce que la marge d’exploitation de la division de diffusion se contractera de 14,8 à 6,9%.

Les autres divisions du groupe, soit les magazines, les studios de production cinématographique et audiovisuelle et les services de production et de distribution verront aussi leurs revenus et leur marge reculer.

Au final, Adam Shine s’attend à ce que le bénéfice par action, sans les postes non récurrents, chute des deux tiers, à 0,12$ par action.

L’analyste ne recommande pas l’achat du titre auquel il accorde une valeur de 2$, soit 2,7 fois le bénéfice d’exploitation attendu en 2023.

General Motors (GM, 39,32$ US): tour de chapeau pour le constructeur automobile

General Motors (GM, 39,32$ US): tour de chapeau pour le constructeur automobile

Dans l’ombre de Tesla (TSLA, 171,90 $ US), General Motors a dévoilé un quatrième trimestre que Daniel Ives de Wedbush Securities juge «exceptionnel».

Non seulement le constructeur a-t-il surpassé les prévisions de revenus et de bénéfices, mais les perspectives fournies pour 2023 sont aussi meilleures que prévu.

À ses yeux, cette performance indique que la demande pour les véhicules reste solide malgré les craintes, que les problèmes d’approvisionnement se dissipent et que la transition de GM vers les véhicules électriques avance bien, dit-il.

Contrairement à Tesla et à Ford (F, 13,42 $ US), General Motors ne prévoit pas baisser les prix de vente de ses véhicules électriques, une décision qui envoie «un signal fort à Wall Street et à l’industrie que GM est de plus en plus confiante», écrit-il.

Les revenus de 43,1 milliards de dollars américains ont surpassé le consensus de 39,9 G$US tandis que le bénéfice de 2,12 $ US par action (en hausse de 6,5%) surpasse les prévisions par 25%.

Tant les ventes américaines (de 3,7 G$US) qu’à l’international (300 millions de dollars américains) ont été meilleures que prévu.

Pour 2023, General Motors prévoit un bénéfice d’exploitation ajusté de 10,5 G$US par rapport aux consensus de 10,28 G$ US. Le bénéfice par action de 6 à 7 $US prévu est aussi mieux que les estimations moyennes de 5,57 $US.

Les activités de fabrication automobile devraient dégager des flux de trésorerie libres de 5 à 7 G$ US, en 2023.

Le plan d’optimisation des activités automobiles vise des économies de 2 G$ US en 2023 si bien que le constructeur estime pouvoir maintenir ses marges avant impôts entre 8 à 10 %, d’ici 2025.

Pour 2023, le groupe s’attend à une hausse de 5 à 10% du nombre total de véhicules vendus.

D’ici au premier semestre de 2024, GM prévoit aussi produire 400 000 véhicules électriques.  Cela se compare aux 1,8 million de véhicules que Tesla prévoit livrer en 2023 seulement.

Puisque la demande tient bon et que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement s’estompent, GM peut consacrer plus d’efforts aux énormes opportunités devant elle et s’attaquer à sa transformation, estime Daniel Ives. On assiste à la «renaissance de la croissance électrique dans l’indicatif régional 313 de Barra & Co. (en référence à la PDG de GM) et les nouvelles de ce matin sont une étape clé dans la bonne direction», évoque l’analyste dans une autre des hyperboles qu’on lui connaît.

Malgré cet élan d’enthousiasme, l’analyste de Wedbush maintient son cours-cible de 46 $ US qui repose sur un multiple de 12 fois le bénéfice, une évaluation conforme à son groupe-repère. Il réitère sa recommandation d’achat.