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À surveiller: Apple, Air Canada et Rogers

Charles Poulin|Mis à jour le 16 avril 2024

À surveiller: Apple, Air Canada et Rogers

La valorisation totale d’Apple pourrait se trouver quelque part entre 3500 G$ US et 4000 G$ US d’ici la fin de l’exercice financier 2025 estime la firme Wedbush. (Photo: 123RF)

Que faire avec les titres de Apple, Air Canada et Rogers? Voici quelques recommandations d’analystes susceptibles de faire bouger les cours prochainement. Note : l’auteur peut avoir une opinion totalement différente de celle exprimée par les analystes.

Apple (APPL, 188,06$ US): Apple joue aux échecs, les autres aux dames

Apple se dirige allègrement vers des revenus de 100 G$ US au chapitre des services, une trajectoire inégalée par ses pairs, estime la firme Wedbush.

Simplement dit : Apple joue aux échecs pendant que les autres jouent aux dames, laisse tomber l’analyste Daniel Ives. La croissance des revenus annuels de l’entreprise liés aux services surpasse les 10%. Le fait qu’elle se rapproche des 100 G$ US est d’autant plus étonnant considérant que ces revenus étaient d’environ 50 G$ pour l’exercice financier de 2020.

Cette croissance est la clé dans la réévaluation de la valorisation du titre d’Apple qui devrait prendre place au cours des prochains mois, le temps que les investisseurs apprécient à sa pleine valeur le potentiel de ce secteur, estime Daniel Ives. Il assigne une valorisation de 1400 G$ pour le seul secteur des revenus de services.

Il ajoute de plus que la valorisation totale d’Apple pourrait se trouver quelque part entre 3500 G$ US et 4000 G$ US d’ici la fin de l’exercice financier 2025. L’entreprise est d’ailleurs sur le point de revenir à une valorisation de 3000 G$ US si son titre se retrouve au prix de 190,73$ US, soit à peine quelques dollars de plus que son prix à la fermeture des marchés mardi.

Les sceptiques qui croyaient qu’Apple devrait vivre avec une décroissance à cause du climat macroéconomique incertain en 2023 doivent désormais se raviser et penser comme lui, estime l’analyste. Il s’attend à une « renaissance massive » au cours des 12 à 18 prochains mois.

Wedbush maintient sa prévision de surperformance du titre d’Apple face à son secteur d’activités ainsi que son cours cible de 220$ US.

Air Canada (AC, 23,76 $) : de bonnes perspectives d’achalandage

Air Canada (AC, 23,76 $) : de bonnes perspectives d’achalandage

La Banque Scotia tire des conclusions fort positives de la journée des investisseurs de Delta Airlines, notamment une excellente perspective d’achalandage dans le transport aérien qui s’appliquera également à Air Canada.

 

Le transporteur américain a rehaussé ses prévisions pour le deuxième trimestre et l’exercice financier 2023 tout en maintenant ses objectifs à long terme en raison d’une perspective assez optimiste des fondamentaux du secteur du transport aérien.

Delta, qui est le plus gros transporteur américain, a pris note de la demande robuste et continue, entre autres celle des voyageurs internationaux qui est en route pour un été record, une tendance qui pourrait s’étendre jusqu’à la fin de l’automne, indique l’analyste Konark Gupta.

Delta a augmenté sa fourchette de prévision de bénéfice par action, la faisant passe entre 2$ US et 2,25$ US à 2,25$ US et 2,50$ US. Elle rehausse également sa prévision de croissance de revenus (17%-18%, comparativement à 15%-17% auparavant), et sa marge d’exploitation à 16% (14%-16% auparavant). Les prévisions pour l’exercice financier se retrouvent toutes au sommet des fourchettes annoncées, soit 6$ US de bénéfice par action, 20% de croissance de revenus et 12% de marge d’exploitation.

L’entreprise aérienne américaine estime que la croissance de la demande est soutenable et devrait durer plusieurs années. Elle remarque que les revenus en termes de pourcentage du PBI des États-Unis sont en train de revenir à la moyenne historique, tandis que l’employabilité demeure forte et que l’évolution des habitudes de consommation de la population favorise le transport aérien.

Delta s’attend également à ce que les sièges en classe affaires représentent 35% des revenus totaux en 2023, en hausse de 24% relativement à 2014, une augmentation qui provient des milléniaux qui voyagent plus et sont prêts à payer plus pour avoir une expérience de voyage bonifiée.

Ces constatations de Delta se traduisent en un regard fort positif pour Air Canada, soutient l’analyste.

La Banque Scotia maintient sa prévision de surperformance du titre du transporteur aérien canadien face à son secteur d’activités ainsi que son cours cible de 31$.

Rogers (RCI.B, 59,49 $) : un premier trimestre avec Shaw

 

Rogers (RCI.B, 59,49 $) : un premier trimestre avec Shaw

Le deuxième trimestre de 2023 de Rogers sera le premier à intégrer Shaw, qui a été acquise en avril.

L’analyste Adam Shine donne un aperçu des prévisions de Banque Nationale Marchés des capitaux en vue du deuxième trimestre : des revenus à 5,011 G$ (5,110 G$ pour le consensus du marché), le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) à 2,173 G$ (2,252 G$), le bénéfice par action à 1,20$ (1,18$), le flux de trésorerie à 396 M$ (628 M$) et les dépenses d’investissement de capital à 1,103 G$ (877 M$).

Il rappelle que la demande pour la téléphonie mobile demeure forte autant en magasin que sur les canaux numériques, notamment grâce à une immigration soutenue qui propulse l’augmentation de population au Canada. Mais un marché qui a plus d’activité connaît également un taux de roulement plus élevé, surtout dans un marché dont l’intensité de la compétition amorce une nouvelle phase. Il évalue ainsi que le taux de désabonnement sera en croissance de 20 points de base à 0,88%.

Les revenus tirés des services devraient être en hausse de 7,4% et ceux des équipements de 19,2% pour une amélioration des revenus totaux de 9,7% et un BAIIA en croissance de 8,3%. La marge des services devrait monter de 49 points de base, et la marge totale baissera de 49 points de base.

La direction de Rogers a indiqué qu’elle comptait mettre l’accent sur les performances du secteur du câble après avoir relevé les résultats du secteur du sans-fil au cours de la dernière année, souligne Adam Shine. Il ajoute que la pression de la compétition dans la câblodistribution a progressivement sur le revenu moyen par abonné depuis la fin de la première moitié de 2021.

Les projecteurs sont également tournés, depuis avril, vers l’intégration de Shaw au sein de Rogers ainsi que les efforts de promotion dans l’ouest du pays.

Même en tenant compte de l’élimination de certains segments qui étaient dédoublés avec l’acquisition de Shaw et d’une baisse des revenus moyens par client probable en raison d’une forte compétition, la Banque Nationale maintient sa prévision de surperformance du titre de Rogers face à son secteur d’activités et fait grimper son cours cible de 76$ à 79$.