Vers le vert, au-delà du marketing

Publié le 25/02/2021 à 07:00

Vers le vert, au-delà du marketing

Publié le 25/02/2021 à 07:00

Sébastien Cordeau

Le directeur général de la coopérative horticole Groupex, Sébastien Cordeau, estime qu’il leur faudra une dizaine d’années d’expérience et de petits changements pour atteindre un horizon réellement et concrètement vert. (Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Le développement durable, au-delà de l’image et des volontés du marketing, c’est un défi de taille pour les PME. Celles qui décident de s’y mettre comprennent rapidement qu’agir est plus complexe que de maintenir le statu quo. Cela explique probablement la lenteur des avancées dans ce domaine. 

Bien sûr, il y a les entreprises qui se vantent de vivre en vert, en utilisant du papier ou du carton recyclé et en plantant des arbres pour compenser des émissions de gaz à effet de serre. Mais plusieurs d’entre elles ont tôt fait de vous envoyer leurs produits suremballés, annulant du même coup leurs efforts. Celles-là, on comprend qu’elles se font croire, et tentent de nous faire croire qu’elles protègent l’environnement, mais qui est dupe? 

La coopérative horticole Groupex, qui regroupe 113 entreprises au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, veut à tout prix éviter de tomber dans ce piège et elle ne lancera pas de sitôt une campagne du type «culture verte». Le directeur général, Sébastien Cordeau, le dit comme ceci: « On se dénonce comme étant des imparfaits qui veulent faire une différence.»  

Groupex vient de lancer, en collaboration avec Addere, la première cohorte de pratiques d’affaires éco-responsables de son industrie, avec 37 des 113 entreprises membres de la coopérative, toutes engagées sur une base volontaire. C’est la plus grande cohorte soutenue jusqu’ici par le Fonds écoleader, initié par le gouvernement du Québec. Groupex entend faire rayonner les actions concrètes des membres de cette cohorte pour inspirer d’autres membres de la coop et de l’industrie. 

Il y a deux ans, le président de la coopérative, Pierre Dagenais, préoccupé par l’impact environnemental des activités du groupe, a adopté avec ses directeurs une vision de développement durable, prenant le pari de devenir un acteur du changement. L’industrie horticole, qui nous amène à verdir nos terrains, a son lot de défi avec ses engrais parfois chimiques et ses insecticides. Groupex a donc embauché une chargée de projet en développement durable. Ensuite, évaluation des émissions de gaz à effet de serre faites par les 113 entreprises membres a été menée. Puis, il y a eu de la sensibilisation et de l’éducation, mais rapidement, le constat d’insuffisance.

 

Cohorte d’apprenants

Les gens avaient de la bonne volonté, mais agir selon les principes du développement durable était perçu comme une contrainte et une surcharge de travail, a remarqué le directeur Sébastien Cordeau. C’est pourquoi est venue l’idée de former une cohorte d’apprenants avec Addere, qui travaillera avec eux pour les amener au-delà des belles intentions, vers des gestes concrets, simples, agréables et efficaces. 

Sébastien Cordeau estime qu’il faudra une dizaine d’années d’expérience et de petits changements pour atteindre un horizon vert semblable à celui de l’inspiration française Botanic, jardinerie écologique, qu’il a visitée quelques fois. Une action à la fois pour transformer les habitudes de l’industrie, tout autant que celles des consommateurs, à qui on commence d’abord par offrir les alternatives écologiques aux produits chimiques. Il mise sur sa patience et sa persévérance de jardinier pour compléter un véritable virage vert. Parions que ce sera plus porteur que de remplacer les sacs en plastique par des sacs en papier... 

Et vous, où en êtes-vous par rapport au développement durable? Quelle démarche pourriez-vous entreprendre en 2021, au-delà de l’idée de bien paraître auprès du consommateur? Voulez-vous être un acteur du changement pour agir de manière écoresponsable?

À propos de ce blogue

ENTREPRENEURS ÉCLAIRÉS est le blogue de Valérie Lesage, collaboratrice au Centre de l'intelligence entrepreneuriale à l’École d’entrepreneurship de Beauce, dont la mission est de stimuler l'intelligence entrepreneuriale, à l'école et à l'extérieur de l'école. Ex-journaliste, tête de communication, formée aussi en coaching de gestion, Valérie baigne dans le monde de l'entrepreneuriat depuis plusieurs années. Elle se sert des histoires pour créer un monde meilleur - un mot à la fois. Moins de préjugés, plus de solidarité, plus d'inspiration, plus de réflexions: voilà vers où ce blogue veut vous amener!

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