Lettre à tous ces chefs qui ne savaient pas


Édition du 12 Février 2020

CHRONIQUE. Cher chef,

Vous êtes chef de la direction ou chef d'État ou de gouvernement.

Vous avez du pouvoir. Vous êtes responsable. En tout cas, lorsque les choses vont bien, vous n'hésitez pas à l'assumer, cette responsabilité. Oh ! il ne vous viendrait pas à l'idée de prétendre que vous avez tout fait. Vous n'en êtes pas moins responsable : vous avez planifié, décidé, recruté, coordonné, motivé...

Alors, chef de la direction, vous empochez votre bonification variable sans sourciller. Chef politique, vous revendiquez volontiers le mérite des réussites de votre gouvernement. Je ne me souviens pas d'avoir entendu un ministre chanter les louanges de ses fonctionnaires. Du genre : « Ce programme est une réussite indéniable, l'idée vient d'un sous-ministre adjoint et de son équipe, et le succès vient d'une exécution impeccable par les fonctionnaires. »

Alors, pourquoi votre responsabilité subit-elle une dilution homéopathique dès que votre organisation est prise la main dans le sac ? On a berné des consommateurs ? « Je ne savais pas que cette pratique existait ! » Un cadre a harcelé ses subordonné(e)s ? « Personne ne m'a jamais parlé de ça ! » On met au jour des pratiques de corruption dans l'organisation ? « Vous pensez bien que si j'avais su... » Ces phrases sont généralement suivies d'une condamnation (et généralement de la démission) d'un ou de plusieurs subordonnés.

Cher chef, pardonnez-moi de le dire : je suis généralement sceptique quand je vous entends clamer votre ignorance. Surtout s'il s'agit de gestes qui demandaient manifestement la collaboration de plusieurs personnes, à un échelon intermédiaire ou supérieur.

Pour poursuivre votre lecture, vous devez être abonné(e)

Vous n’êtes pas abonné(e) Les Affaires

S'abonner maintenant


Sur le même sujet

La solidarité dans l'adversité

24/03/2020 | Valérie Lesage

BLOGUE INVITÉ. Des entrepreneurs en larmes parce qu’ils font face à l’impensable, j’en ai entendu ces derniers jours...

À la une: l'herbe est-elle vraiment plus verte en banlieue?

Édition du 11 Mars 2020 | Les Affaires

En manchette dans ce numéro, l'herbe est-elle vraiment plus verte en banlieue pour les entrepreneurs?

À la une

Bourse: Wall Street termine en hausse, entraînée par le pétrole

Mis à jour à 16:48 | LesAffaires.com et AFP

REVUE DES MARCHÉS. Les prix des barils de pétrole qui ont enregistré la plus forte hausse de leur histoire.

Titres en action: Ford, Softbank, Boeing, Lufthansa

Mis à jour à 11:59 | AFP

Voici une sélection d'annonces qui ont fait (ou vont faire) bouger les cours de ces entreprises.

Trump enflamme les cours du pétrole en annonçant des coupes

11:26 | AFP

Donald Trump a dit s'attendre à une réduction «d'environ 10 millions de barils» par jour.