Une malédiction, avoir du pétrole ?

Publié le 10/02/2010 à 08:45

Une malédiction, avoir du pétrole ?

Publié le 10/02/2010 à 08:45

Blogue. Le Québec s’affiche haut et fort comme un champion de l’environnement au Canada. Jean Charest va jusqu’à faire la morale à Stephen Harper en public. D’accord. Bien jouée, cette stratégie peut finir par rapporter à plus long terme, mais elle comporte à court terme une bonne part de risques. Le Québec demeure encore une province pauvre qui a besoin de l’appui sonnant de ses voisins.

Là où la stratégie déraille, c’est lorsqu’on en vient à démoniser le pétrole, une des plus importantes richesses et source de revenus de ce pays.

Il y a quelques jours, un blogueur d’un autre média écrivait, en s’émouvant de la chose, que « si ça continue, le Canada va devenir le quatrième producteur de pétrole de la planète » !

Malédiction ! Tous aux abris. En d’autres mots, il faudrait faire marche arrière. C’est la position défendue notamment par Gilles Duceppe, qui tire à boulets rouges sur les sables bitumineux de l’Athabasca et qui écorche au passage le gouvernement Harper.

Dans cette affaire, on mélange la chèvre et le chou. Ce ne sont pas les sables bitumineux qui posent problème : c’est le mode d’exploitation. Chauffer du gaz naturel pour faire bouillir l’eau qui aidera ultimement à liquéfier ce pétrole gluant produit d’importantes quantités de gaz à effet de serre. On peut modifier le procédé, ou capter ces émissions. Le coût de revient serait plus élevé, mais l’impact sur l’environnement serait réduit.

Il faudrait plutôt se réjouir de voir le pays accéder au rang de superpuissance pétrolière pour au moins deux bonnes raisons.

Premièrement, quels sont les autres producteurs ? De sympathiques états comme le Vénézuela, la Russie, l’Iran, l’Iraq, la Lybie… Les réserves du Mexique comme celles des Etats-Unis diminuent rapidement. Les découvertes récentes au large des côtes du Brésil ne seront pas faciles à exploiter. Et ce n’est pas demain la veille qu’on roulera tous à l’électricité. Je ne sais pas pour vous, mais que du pétrole soit produit dans un pays démocratique avec un régime de lois éprouvé me semble sécurisant.

Deuxièmement, c’est là une essentielle source de revenus qui finit par profiter à l’ensemble des citoyens du pays, entre autres au Québec qui reçoit sa bonne part de péréquations. Que le fédéral ait, dit-on, favorisé le développement de l’industrie pétrolière au détriment de notre industrie forestière ne résiste pas à l’analyse. Ce n’est pas Ottawa qui a bloqué le bois d’œuvre à la frontière et ce n’est pas davantage Ottawa qui a précipité la crise du papier-journal. Désolé, mais la planète est plus avide de pétrole que de planches ou de papier.

Il faut quand même le faire : décrier ce qui reste une de nos forces alors qu’on devrait s’en réjouir. C’est vrai qu’on dénigre aussi très souvent la production hydroélectrique du Québec.

Ah, ne rien faire, assis dans sa berceuse, en regardant pousser les marguerites… quel beau rêve…

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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