Pétrole = catastrophe ?

Publié le 30/07/2010 à 06:27, mis à jour le 30/07/2010 à 07:40

Pétrole = catastrophe ?

Publié le 30/07/2010 à 06:27, mis à jour le 30/07/2010 à 07:40

Blogue.

Comme « timing », ça ne pourrait pas être pire.

Au moment où on se disait que l’exploitation du pétrole sur terre posait bien moins de risques que son équivalent en mer, voilà qu’un pipeline d’Enbridge éclate et contamine une partie du Michigan.

C’est apparemment mineur en comparaison du désastre de BP (4 millions de litres par rapport à 700 millions), mais la rivière Kalamazoo, touchée, se déverse dans le lac Michigan. Pour l’instant, la direction d’Enbridge dit avoir réussi à stopper l’écoulement. On aurait même récupéré la moitié du pétrole déversé.

Mais… les Américains ne sont pas contents, d’autant plus que ce pipeline transporte du pétrole de l’Ouest canadien vers les raffineries de Sarnia, en Ontario… en passant par le sol américain.

Et les discussions vont devenir plus intenses autour de deux grands projets de pipeline et peut-être même un troisième qui nous touche directement.

Le premier concerne la même compagnie, Enbridge : le Northern Gateway pourrait faire la jonction entre le pétrole de l’Alberta et le port de Kitimat, en Colombie-Britannique, pour l’exporter vers les marchés asiatiques. Le deuxième, appelé Keystone, est l’affaire de TransCanada et comporte de nombreuses ramifications. Il  vise à transporter le pétrole des sables bitumineux albertains vers le Mid West et même jusque vers les grandes raffineries du Golfe du Mexique si les autorisations finales sont accordées.

Puis il y a le pipeline qu’Ultramar s’apprête à mettre en chantier entre sa raffinerie de Lévis jusqu’à Montréal, pour remplacer l’Ultratrain qui a connu bien des déboires. C’est hier (jeudi) que la maison-mère, Valero, devait dire si elle avance ou non les 350 millons $ nécessaures au projet. Sans compter que quelques citoyens dont les terres sont situées sur le tracé du projet résistent encore malgré les menaces d’expropriation.

Reste la question fondamentale : peut-on réussir à produire puis transporter du pétrole proprement ? Est-on condamné à revivre ces histoires abominables ? Sont-elles inévitables ? Ou suffirait-il d’affiner la technologie et d’y mettre l’argent nécessaire pour éviter les dégâts ?

Je vous rappelle que même si l’ère de la voiture électrique commence, ce n’est pas demain la veille qu’elle va devenir le goût du jour (avec une  Volt à 41 000 $ US). Et cette électricité sera en bonne partie produite par ces centrales thermiques.

Le pétrole va donc demeurer dans le décor pendant un bon moment. Alors, on fait quoi ?

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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