Le budget fédéral, ou couper en espérant rebondir

Publié le 28/03/2012 à 12:25, mis à jour le 28/03/2012 à 13:03

Le budget fédéral, ou couper en espérant rebondir

Publié le 28/03/2012 à 12:25, mis à jour le 28/03/2012 à 13:03

Photo : Bloomberg

BUDGET CANADA 2012. À travers le Canada, la semaine est aux budgets et l’heure est à l’austérité.

Mardi, les ministres des Finances du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario ont tour à tour présenté leur plan de match économique pour l’année 2012-2013, assorti de mesures plutôt sévères: par exemple, réduction de quelque 1500 postes dans la fonction publique au Nouveu-Brunswick, et gel généralisé en Ontario, tant pour l’aide sociale que pour les salaires des employés de l’État. La semaine dernière, le Québec s’était lui aussi prêté à l’exercice, plus neutre dans son cas puisque l’essentiel des mauvaises nouvelles avaient été communiquées l’an dernier.

Mais ce n’est qu’une répétition générale du budget fédéral que dévoilera le ministre des Finances Jim Flaherty demain à 16 heures, et qui devrait frapper encore plus fort.

Le ministre avait lui-même laissé entendre plus tôt qu’il envisageait des compressions de l’ordre de 4 à 8 milliards de dollars dans les finances des différents ministères et organismes. Désormais convaincu que l’économie canadienne s’améliore au point où elle peut vivre avec moins de capitaux fédéraux, il va probablement annoncer une effort dans la partie supérieure de cette fourchette, dans les 6 ou 7 milliards, en espérant que cet émondage se révèle éventuellement bénéfique.

Comme le déficit anticipé pour l’année en cours sera vraisemblablement moindre que prévu et se situer sous les 25 milliards, M. Flaherty mettra le cap sur le retour à l’équilibre budgétaire dès l’exercice 2015-2016, et peut-être même plus tôt.

Cet objectif se traduira cependant par une cure minceur pour l’essentiel des ministères fédéraux qui devront sacrifier personnel et programmes. On peut se demander, par exemple, quel sort attend la multitude d’agences vouées au développement régional.

Les sociétés publiques vont également être sollicitées, du Conseil national de recherches Canada jusqu’à Radio-Canada/CBC. Le diffuseur public redoute le signal de compressions qui pourraient atteindre 100 millions de dollars et qui se traduiront inévitablement par l’abandon de services à travers le pays.

Dans ce contexte, ni les contribuables ni les entreprises ne peuvent s’attendre à beaucoup de générosité. On devrait quand même confirmer le principe d’un certain fractionnement des revenus au sein des ménages, qui permettrait de réduire le montant total de l’impôt à payer. D’autres mesures ciblées pourraient favoriser les familles.

De même, Ottawa a déjà fait savoir qu’on entendait favoriser davantage l’innovation dans les entreprises, question d’améliorer la compétitivité du pays. Il est aussi question de faire le ménage dans les nombreux programmes d’aide qui s’entrecroisent parfois. Mais le milieu des affaires ne peut s’attendre à beaucoup de largesses du ministre des Finances.

Majoritaire, le gouvernement de Stephen Harper a le champ libre pour faire valoir son goût d’un gouvernement plus léger et moins interventionniste. Nous saurons demain à compter de 16 heures comment ce mantra se concrétisera pour l’année financière qui commence.

À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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