L'essentielle reconversion des villes à cheminées

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Mai 2015

L'essentielle reconversion des villes à cheminées

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Mai 2015

Le dernier Baromètre industriel québécois, que vient de présenter Sous-Traitance Industrielle du Québec (STIQ), fait état d'une légère remontée de la part de la production manufacturière dans le PIB québécois. Cette proportion est passée de 14,1 à 14,3 % de 2013 à 2014.

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C'est tout aussi satisfaisant qu'étonnant. Satisfaisant, parce que les travailleurs du secteur de la fabrication gagnent en moyenne plus que tous les autres. L'écart moyen dépasse 20 %. Leur contribution à l'économie est appréciable, ne serait-ce que pour des raisons fiscales.

Étonnant, parce que la participation du milieu manufacturier au PIB québécois déclinait depuis l'an 2000, où elle avait atteint 23,6 %. Elle n'a cessé de reculer par la suite. De là l'intérêt de ce renversement de tendance.

Mais ce n'est rien par rapport à l'importance qu'elle revendiquait du temps où les grandes usines, manufactures et filatures dominaient le paysage industriel du Québec. À part les fermes, le Québec s'activait à tout transformer ce qu'on lui présentait, du cuir au cuivre.

C'était l'époque des villes à cheminées.

Une époque glorieuse et prospère, selon certains, marquée par la pollution et les écarts de richesse, selon d'autres. Chose certaine, les cheminées étaient actives. Même après le règne de la vapeur, elles ont continué de faire partie intégrante du milieu industriel.

Puis est venu le lent déclin industriel. On a compris comment transporter l'électricité sur de longues distances, ce qui a éliminé l'avantage de la proximité des centrales hydroélectriques. La concurrence des pays émergents, avec leurs plus bas salaires, a entraîné des délocalisations. Le passage à la nouvelle économie, numérique, a mis à mal tout ce qui concernait le papier.

Et c'est probablement à Shawinigan, au coeur de la Mauricie, que le choc a été ressenti le plus durement. Il fut un temps où c'était la ville la plus prospère du Québec. À tel point que la Shawinigan Water and Power, dominante, avait confié la conception de l'aménagement de la ville à la firme d'architecture new-yorkaise de Frederick Law Olmsted. Pour mémoire, c'est Olmsted qui a conçu le Central Park, à New York, et le parc du Mont-Royal, à Montréal.

Les grandes entreprises qui s'y sont graduellement installées pourraient faire partie d'un Who's Who : Gulf, Dupont, BF Goodrich, Alcan, CIL, Belgo, Wabasso, Carborundum... Les cheminées crachaient la boucane et le feu. L'air n'était pas toujours de qualité, mais on s'en souciait moins en ce temps-là. Des milliers d'ouvriers y gagnaient une bonne paie.

Toutes ont disparu, sans exception. Imaginez le désarroi de la population.

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À propos de ce blogue

Observateur et commentateur privilégié de l’économie québécoise depuis plus de 20 ans, René Vézina fait le point sur un monde en évolution constante. Il jette un regard critique sur les événements et les vulgarise pour faire ressortir les enjeux cachés.

René Vézina

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