Comment injecter une dose d'optimisme pour le futur?

Publié le 20/10/2021 à 09:58

Comment injecter une dose d'optimisme pour le futur?

Publié le 20/10/2021 à 09:58

Le don corporatif ou d’entreprise, ça ne se résume pas seulement à un don en argent. Ça peut représenter une collecte de fonds menée par des employés et supportée par l’entreprise. Ça veut aussi dire un don d’expertise comme des formations ou des consultations. (Photo: Sam Balye pour Unsplash)

BLOGUE INVITÉ. Il est évident que l’exposition aux médias sociaux et au cycle des nouvelles a transformé beaucoup d’entre nous en adultes cyniques et désabusés par un monde qu’on perçoit de plus en plus comme hostile.

Ces sentiments négatifs nous poussent à nous recroqueviller sur nous-mêmes : le bien-être de nos familles et nos proches occupe exclusivement nos pensées. L’intérêt de jouer un rôle actif dans nos communautés se dissipe, remplacé par une mentalité tribale de «us against the world»

Pourtant, ce pessimisme ne reflète pas la réalité. En effet, il se trouve que nous vivons à l’âge d’or du progrès social. La communauté d’affaires devrait s’en inspirer pour passer à l’action et avoir un impact positif dans la société.

 

Des statistiques qui ne font jamais la une

On estime qu’il y a trente ans, près de 30 % de la population mondiale vivait dans une situation de pauvreté extrême. Présentement, ce nombre se situe à 10 % (selon les chiffres de la Banque mondiale — BM). Près de 86 % de la population mondiale est vaccinée contre des maladies qui furent autrefois dévastatrices comme la coqueluche, le tétanos et la diphtérie (selon l’Organisation mondiale de la santé — OMS). À cette liste s’ajoutera bientôt un vaccin contre la malaria.

Durant les années 1820, seulement 100 millions de personnes âgées de 15 ans et plus étaient alphabétisées. Aujourd’hui, ce nombre s’élève à 4,6 milliards de personnes (selon l’Organisation de coopération et de développement économiques). Entre 1990 et 2016, l’espérance de vie moyenne a augmenté de six ans (selon l’OMS et la BM).

Ces tendances sont la preuve que nos efforts pour construire un monde meilleur portent fruit. Serions-nous nés dans une époque aussi prospère si les générations passées n’avaient pas eu l’espoir de faire une différence?

Les grandes avancées sociales de l’humanité devraient nous motiver à passer à l’action dans notre milieu ! Notre implication sociale peut prendre bien des formes : du bénévolat à l’entrepreneuriat social, en passant par des choix de consommation éclairés. L’une d’entre elles est de mobiliser sa communauté d’affaire pour le bien-être de la société en faisant un don corporatif.

 

Pourquoi faire un don d’entreprise?

Le don corporatif ou d’entreprise, ça ne se résume pas seulement à un don en argent. Ça peut représenter une collecte de fonds menée par des employés et supportée par l’entreprise. Ça veut aussi dire un don d’expertise comme des formations ou des consultations. Ou même un don de matériel de bureau.

Caroline Bergeon, responsable du certificat en gestion philanthropique de l’Université de Montréal (Photo: courtoisie)

Pour mieux comprendre la notion de don corporatif, j’ai décidé de faire appel à l’intervention de Caroline Bergeon, responsable du certificat en gestion philanthropique de l’Université de Montréal.

Pour commencer, j’ai demandé à Caroline quels arguments permettraient de convaincre le milieu corporatif de faire sa part dans la lutte pour le progrès social. Sa réponse fut la suivante : « Toutes les entreprises ont intérêt à pratiquer la philanthropie et cela apporte même un avantage concurrentiel. Tout d’abord, investir dans le tissu social ou l’environnement de l’entreprise permet d’améliorer la notoriété de sa marque. Cela agit également sur la culture de l’entreprise et permet d’améliorer l’esprit d’équipe et la fierté des employés. Parlant d’employés, cela permet également d’attirer des talents qui souhaitent travailler pour une entreprise qui démontre une responsabilité sociale. »

Pendant longtemps, la ligne de division entre les organisations commerciales et caritatives fut claire et sans conteste. Maintenant, ces deux réalités s’influencent et donnent naissance à des partenariats qui plaisent aux entreprises, aux clients des entreprises et à la société. En d’autres mots, une situation « win-win-win ».

 

Comment faire un don d’entreprise?

Après avoir décidé de faire un don, la dernière étape est de penser à la configuration que prendra ce don. Quelle valeur devrait avoir notre contribution ? Quelle cause choisir ? À quel moment faire le don ?

Sur ce point, Caroline a les conseils suivants: «Donner est rentable pour une entreprise et la philanthropie devrait faire partie de sa planification stratégique. Donner stratégiquement, c’est donner à des causes proches ou significatives pour la communauté dans laquelle l’entreprise évolue. C’est aller dans le sens des valeurs des employés, de la communauté et de celles qui sous-tendent la mission et la vision de l’entreprise. La désignation Entreprise généreuse, telle qu’accordée par Imagine Canada (N. B. Imagine Canada est une institution qui offre toutes sortes de ressources en support aux organismes de bienfaisance), encourage les entreprises à investir au moins 1 % de leur bénéfice avant impôt dans la collectivité.»

À propos de ce blogue

Rayane Laddi occupe le poste de directeur du développement financier et des partenariats chez l’Association des Scouts du Canada. Il s’implique aussi en tant que vice-président de l’Association québécoise pour la douance et en tant que président de l’organisme Action logement. Rayane Laddi veut faire découvrir aux lecteurs de «Les Affaires» le monde dynamique de l’économie sociale.

Rayane Laddi
Sujets liés

Société

Blogues similaires

Apprendre à compter

Édition du 10 Novembre 2021 | Ianik Marcil

CHRONIQUE. L’école servirait à apprendre à lire, à écrire et à compter, disait-on autrefois. À lire de nombreuses...

Des ponts entre la science et le savoir traditionnel

15/11/2021 | Mélanie Paul

BLOGUE INVITÉ. Il est important de créer des liens entre la science et le savoir traditionnel des autochtones.

Nationaliser l’hydrogène vert serait une mauvaise idée

04/12/2021 | François Normand

ANALYSE. L'industrie n'a pas de problème, et on se priverait de capitaux privés, en plus d'assumer tous les risques.