Repensons la formation de nos équipes, ça presse!

Publié le 09/10/2023 à 13:00

Repensons la formation de nos équipes, ça presse!

Publié le 09/10/2023 à 13:00

Près de 85% des emplois qui existeront après 2030 n’existeraient pas encore, selon des experts consultés par Dell Technologies. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Le marché du travail est en profonde transformation. Et ce n’est pas terminé en raison des avancées technologiques, comme l’intelligence artificielle (IA), qui chamboulent les emplois et redéfinissent la productivité. C’est pourquoi nous devons à tout prix repenser le développement des compétences de nos équipes!

Le rehaussement des compétences et la requalification par la formation sont essentiels pour répondre aux enjeux de productivité en plus d’aider nos collaborateurs à progresser!

Pourquoi? Parce qu’on perd à payer pour des formations inadaptées.

En fait, plusieurs formations n’aident qu’en partie les employés à réellement progresser, ce qui entraîne des coûts.

Par exemple, on perd deux fois quand employé qui revient d’une journée de formation constate que seulement 50% lui a été utile.

On a payé pour une formation qui n’aide qu’en partie, et on a payé le temps de l’employé pour qu’il le perde.

Ainsi, choisir la bonne formation pour chaque employé devrait être la norme.

Y aller par exemple pour des blocs plus courts au besoin, et ce, pour être certain que le temps de chacun et les ressources sont bien alloués. C’est là un bon départ pour maximiser le rendement sur l’investissement.

 

L’offre de formations est surabondante

La demande est donc assurément présente. Toutefois, ce sont aux entreprises consommatrices de formations d’envoyer le signal au marché voulant que le one size fits all n’est pas adapté dans bien des cas.

Des formations face aux compétences d’avenir

Par exemple, si vous pensez à une formation que l’on donne sur le numérique. A-t-elle été imaginée en fonction de ce que sera le numérique dans six mois, un an ou dix ans ?

C’est pourquoi penser la formation comme un continuum, un chemin dans lequel l’employé se lance et progresse par étapes est aussi important. Il est difficile de penser qu’un employé qui connaît des difficultés en littératie deviendra du jour au lendemain un expert en TI.

À titre d’information, aujourd'hui au Québec, près de 20% des personnes sur le marché du travail ont des enjeux de numératie et littératie.

Prenons l’exemple d’un mécanicien dont le niveau de littératie ou numératie serait déficient.

Il est normal de vouloir lui offrir la chance de se développer et de rehausser ses compétences dans ces aspects-là. Mais son industrie étant en profond changement, peut-être devra-t-il demain réparer des ordinateurs de bord de voitures électriques.

 

85% des emplois en 2030 n'existent pas 

Or, comment voulez-vous effectuer cette transformation si l’on pense uniquement à un rattrapage en littératie et numératie?

Encore plus inquiétant: près de 85% des emplois qui existeront après 2030 n’existeraient pas encore, selon des experts consultés par Dell Technologies.

Nous sommes d’ailleurs à un jour d’une évolution ou d’un changement majeur découlant des progrès en IA.

Il faut se préparer à cette révolution.

Sans requalification ou sans formation, je ne vois pas comment nous réussirions à adapter les compétences des personnes actuellement sur le marché du travail.

C’est aussi là le devoir des dirigeants et gestionnaires.

Il y a quelques semaines, j’échangeais d’ailleurs avec un PDG que je trouve particulièrement inspirant. Ce dernier m’a dit: « Un employé ne devrait jamais laisser son emploi avec comme raison qu’il a fait le tour. C’est à nous de faire en sorte qu’il ne le fasse jamais ».

J’ai trouvé cela fabuleux en termes de leadership empathique et de vision. Tout le monde y gagne. Et cela ne fera pas de mal, en ces temps de pénurie, pour retenir votre précieuse main-d’œuvre. 

Très probablement aussi pour en attirer.

 

À propos de ce blogue

Passionné d’économie et de philosophie politique, Pierre Graff évolue depuis 10 ans dans le monde des affaires. Il se questionne sur les enjeux politico-économiques au Québec et au Canada, et plus particulièrement ce qui affecte les jeunes gens d’affaires et les générations à venir. Il est actuellement PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ).

Pierre Graff

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