Nouveau «Code de déontologie en relations publiques»: 5 éléments essentiels à connaître

Publié le 27/10/2023 à 13:00

Nouveau «Code de déontologie en relations publiques»: 5 éléments essentiels à connaître

Publié le 27/10/2023 à 13:00

Les relations publiques ont ironiquement bien mauvaise presse. Dans les médias, il n’est pas rare de voir une association entre les professionnel-les du métier et des spin-doctor à l’éthique douteuse. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. La Société québécoise des professionnels et professionnelles en relations publiques (SQPRP) a récemment adopté un nouveau «Code de déontologie». Il s’agit de la première mise à jour en 20 ans.

Quels sont les éléments clés de ce guide revisité?

 

1. L’intérêt public comme boussole

Les relations publiques ont ironiquement bien mauvaise presse. Dans les médias, il n’est pas rare de voir une association entre les professionnel-les du métier et des spin-doctor à l’éthique douteuse. Dans la fiction, on les caricature parfois comme de scabreux lobbyistes travaillant pour les forces du mal…

Les manigances de l’ombre, ce n’est pas notre réalité. Et ce ne sera certainement pas notre avenir! C’est la prise de position de ce nouveau code de déontologie dont les premiers articles sont consacrés à l’importance d’être guidé par l’intérêt public.

Dans son nouveau code, la SQPRP exige de ses membres un respect pour la dignité des personnes et pour nos institutions démocratiques. Les tout premiers articles du code invitent à «favoriser l’établissement de relations de confiance durables entre les organisations et leurs publics», à favoriser «un dialogue constructif» tout en refusant «d’alimenter les préjugés, la discrimination et l’exclusion».

 

 

Ces principes sont dorénavant le socle moral de l’exercice des relations publiques au Québec.

 

2. La vérité comme principe directeur

Après l’intérêt public, ce nouveau code érige la vérité comme principe directeur. Concrètement, cela implique que les spécialistes des relations publiques qui appartiennent à la SQPRP s’engagent à respecter les «plus hautes normes d’honnêteté et d’exactitude, ce qui implique notamment de ne pas diffuser d’informations que nous savons fausses».

Exit «les stratégies de manipulation visant à tromper les publics, les exagérations démesurées, les discours volontairement vagues ou obscurs» toute comme «la contrefaçon de mouvements d’opinion».

 

Il ne suffit pas de ne pas mentir. Il ne faut pas tromper.

 

Par exemple, le guide exige que les contenus rémunérés — qu’il s’agisse de partenariat avec des influenceurs ou de publireportages dans les médias traditionnels — soient clairement et facilement distingués du contenu régulier. Cette pratique était peut-être déjà répandue. Aujourd’hui c’est écrit noir sur blanc, c’est codifié. C’est l’attente de notre industrie.

 

3. Naviguer un monde polarisé

Conséquence probable de l’influence grandissante des réseaux sociaux dans notre vie démocratique, nous vivons dans une époque où les débats sont souvent tendus et les gens fortement divisés. Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, le nouveau Code de déontologie introduit une nouvelle règle: ne pas alimenter la polarisation des débats sociaux.

Au-delà des règles, ce nouveau code incarne un engagement envers une communication plus éthique et plus respectueuse. En tant que professionnelles et professionnels des relations publiques, notre rôle est de promouvoir la compréhension mutuelle, de favoriser des discussions constructives.

 

Autrement dit: contribuer à des solutions plutôt qu’à des problèmes.

 

Nous étions déjà — et nous demeurons — des acteurs responsables dans une société qui a besoin de plus de tolérance, d’ouverture et de dialogue.

 

4. À qui s’adresse le code?

Le respect de ce code de déontologie devient obligatoire lorsque les professionnels et professionnelles en relations publiques deviennent membres de la SQPRP. Celle-ci a le pouvoir de mener des enquêtes, et son équipe travaille sur un mécanisme formel de traitement des signalements d’actes contraires au code.

Mais ce code vise d’abord ceci:

 

Encourager la réflexion éthique et la responsabilité individuelle au sein de la profession.

 

Il est suggéré à ceux et celles qui travaillent avec des professionnels et professionnelles en relations publiques de discuter de l’adhésion à la SQPRP et à ce code, et de la manière dont il se reflète dans leur pratique professionnelle. Cela favorisera une culture de transparence et de responsabilité, ce qui contribuera à renforcer la crédibilité et l’intégrité des professionnelles et professionnels en relations publiques au Québec.

Selon les estimations, il y aurait environ 6 000 personnes au Québec dont la communication et les relations publiques constituent la principale activité professionnelle. Un nombre grandissant sont membres de la SQPRP et souscrivent volontairement à ce code de déontologie.

 

5. Une démarche de bonne foi

La mise à jour de ce code de déontologie est une démarche initiée par le président, Patrick Howe, et les membres du conseil d’administration de la SQPRP. Elle vise à élever les standards de la profession. Le fait que plus de 50 personnes aient consacré des centaines d’heures à cette démarche sous la responsabilité d’Eloi Courchesne, de manière bénévole, confirme ceci:

 

Il s’agit d’un engagement authentique de la communauté des relations publiques envers l’éthique et l’intégrité.

 

Cette mise à jour, souhaitons-le, contribuera à renforcer la confiance du public en notre fonction stratégique. Elle nous rappelle nos responsabilités, dans un monde où la communication joue un rôle incontournable.

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À propos de ce blogue

Stratège en communication, Pierre Gince est l’un des deux co-fondateurs de la firme d’analyse et d’évaluation des médias Mesure Média. Professionnel des communications depuis 1976, il a une vision entrepreneuriale qui met l’accent sur l’éthique. Très engagé dans l’industrie des communications, il a reçu de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP), en 2016, le prestigieux Prix Yves-St-Amand afin de récompenser la façon dont il s’est distingué au cours de sa carrière. Régulièrement, il commente dans les médias, l’actualité du point de vue de la réputation (notamment sur lesaffaires.com, le Grenier Magazine, à Radio-Canada et au 98,5 FM). Co-auteur (avec Marie Grégoire) des livres Robert Bourassa et nous et René Lévesque et nous — en 2019 et 2020. Co-auteur (avec Monique Giroux) de Félix Leclerc et nous en 2022. Et co-auteur (avec Steven Finn) de Guy Lafleur et nous en 2023.

Pierre Gince

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