Quelques enseignements du fondateur de Copart

Publié le 18/11/2022 à 10:30

Quelques enseignements du fondateur de Copart

Publié le 18/11/2022 à 10:30

Copart (CPRT, 65,21$US) est le plus grand encanteur de voitures accidentées au monde. (Photo: Getty Images)

EXPERT INVITÉ. En mars 2019, j’ai écrit un blogue intitulé «Qu’entend-on par “société de qualité”?»

Dans ce blogue, j’avais utilisé l’exemple de la société Copart, justement parce que je crois qu’elle recèle les éléments qui constituent une société de grande qualité. Copart (CPRT, 65,21$US) est le plus grand encanteur de voitures accidentées au monde.

La société a fait son entrée en Bourse en mars 1994 au prix de 12$. Si l’on tient compte des fractionnements qui ont eu lieu depuis cette date, le cours initial du titre est de 0,25$ l’action. Le rendement annuel moyen composé du titre a donc été de 21,2% depuis mars 1994. Un investissement initial de 10 000$ vaudrait aujourd’hui près de 2,5 M$!

Or, je viens de terminer le livre «Junk to Gold» qu’a écrit Willis Johnson, le fondateur de Copart. Puisque COTE 100 possède des actions de Copart dans ses portefeuilles sous gestion, je suis peut-être biaisé. Il me semble néanmoins que le livre de Willis Johnson devrait être lu par tout investisseur qui cherche à en apprendre davantage sur les meilleurs entrepreneurs et les entreprises qui ont connu un grand succès boursier sur une longue période. Dans mon système de classement des livres que je lis, j’ai attribué cinq étoiles à ce livre (sur cinq).

Voici quelques-uns des nombreux enseignements que nous livre M. Johnson:

«Prenez soin des sous et vos dollars prendront soin d’eux-mêmes». Cette citation est du père du fondateur de Copart, lui-même entrepreneur, qui a toujours porté une attention marquée aux dépenses superflues.

«Si vous prenez soin de votre entreprise, elle prendra soin de vous.» Cette citation est également du père de Willis Johnson, M. Willis Johnson senior. J’en comprends qu’un entrepreneur doit s’occuper de son entreprise avec passion. En retour, cette dernière pourra connaître du succès.

Seul le travail mène au succès à long terme. L’histoire du succès de l'homme d'affaires en est une de travail acharné pendant de nombreuses années.

Pas besoin d’une éducation universitaire pour réussir en affaires. Ni Willis Johnson ni son successeur et gendre, Jay Adair, ne sont allés à l’université.

Il faut savoir saisir les occasions. Willis Johnson a démontré à maintes reprises sa capacité de prendre des décisions rapides lorsque des occasions se sont présentées. En revanche, il s’était bien préparé et informé au préalable. Par exemple, lors de l’acquisition d’une cour d’entreposage de voitures endommagées, il a su déposer une offre d’achat supérieure à celles des autres acheteurs, mais après avoir fait l’inventaire de tous les véhicules de la cour.

Ne pas craindre de se salir les mains. Un vrai entrepreneur comme Willis Johnson est prêt à tout faire pour le bien de son entreprise ou pour bien servir un client.

Être prêt à innover et à aller à contre-courant. Copart a été la première société de son industrie à offrir uniquement des encans en ligne et non physiques. Les encans en ligne de Copart ont débuté en 1998, au début du virage des entreprises vers le Web.

Investir pour le long terme. Entre 1995 et 1998, Copart a investi 3 M$, une somme substantielle à l’époque et sûrement un frein à la croissance de ses bénéfices, dans un système informatique de gestion de ses stocks et de toutes ses activités. Ce système lui a permis de poursuivre sa croissance au cours des nombreuses années qui ont suivi.

Admettre ses erreurs et apprendre. En 1995, la société a commencé à acheter et à vendre à son compte les véhicules endommagés de ses clients, les assureurs. Ses dirigeants ont vite réalisé que c’était une erreur et sont revenus à la méthode selon laquelle Copart agit à titre d’agent pour les assureurs, sans prendre possession des véhicules.

Savoir quand céder sa place. Après avoir bâti une solide équipe de direction, Willis Johnson a été assez humble pour se retirer des opérations de l’entreprise. En 2009, il s’était complètement retiré, ce qui n’a pas empêché Copart de poursuivre sa croissance au cours des 13 dernières années.

Il y a selon moi des similitudes importantes entre les entrepreneurs qui réussissent très bien en affaires. Le livre de Willis Johnson présente plusieurs de ces qualités.

 

Philippe Le Blanc, CFA, MBA 

Chef des placements chez COTE 100

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