Quels ont été les rendements boursiers au 20e siècle?

Publié le 02/10/2020 à 16:08

Quels ont été les rendements boursiers au 20e siècle?

Publié le 02/10/2020 à 16:08

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Dans cette série portant sur une perspective historique de 100 ans de la Bourse inspirée du livre «Triumph of the Optimists», j’ai parlé du changement de la taille relative des marchés de divers pays, l’évolution de la composition des marchés boursiers par secteur au cours du 20e siècle et de la concentration de divers marchés mondiaux ainsi que l’évolution de celle-ci dans le temps.

Cette semaine, dans le dernier blogue portant sur le livre «Triumph of the Optimists», j’aborde un sujet qui interpelle tous les investisseurs: les rendements obtenus par les marchés boursiers de divers pays à travers le monde au cours du 20e siècle. Quels sont les pays qui ont offert les meilleurs et les pires rendements? Comment se comparent ces rendements à ceux enregistrés par les obligations et à l’inflation? Enfin, si on se fie au marché américain, le plus important au monde, quelle a été la distribution de ses rendements annuels au cours du siècle?

Commençons par le marché boursier américain. Le rendement annuel composé entre 1900 et 2000 a été de 10,1% en termes bruts ou de 6,7% en termes réels (après l’inflation). De tels rendements sont remarquables. Imaginez ceci: une personne qui aurait investi 1,000$ dans le marché américain au début de 1900 et qui aurait conservé son investissement jusqu’à la fin de 2000 (en présumant qu’elle l’aurait légué à ses descendants!) aurait accumulé la jolie somme de plus de 16,6 M$. Son enrichissement réel, après inflation, se chiffrerait à quelque 698,000$.

De tels rendements sont-ils représentatifs de ce qui s’est passé ailleurs dans le monde ou sont-ils uniques aux États-Unis? Voici un échantillon des rendements bruts et réels (après inflation) de quelques-uns des 16 pays étudiés par les auteurs de «Triumph of the Optimists»:

 

On constate donc que le rendement annuel composé brut enregistré au 20e siècle par le marché boursier américain est à peu près dans la moyenne des rendements obtenus par les 16 pays étudiés par les auteurs. Parmi ces derniers, le pays qui a enregistré le rendement brut le plus élevé au cours de la période est le Japon (12,5%), alors que celui qui a connu le pire rendement est la Suisse (7,6%).

J’estime toutefois que le rendement brut n’est pas aussi significatif que le rendement réel, lequel donne une idée plus précise de l’enrichissement au-delà du taux d’inflation. Je constate premièrement que chacun des 16 pays étudiés a largement surpassé l’inflation, avec un rendement réel moyen de 4,7%. Le deuxième point à souligner est que certains pays ont connu un taux d’inflation nettement plus élevé que d’autres. Par exemple, selon les données de rendements, le taux d’inflation a été de 5,6% au 20e siècle. En revanche, la Suisse a enregistré un rendement brut de «seulement» 7,6% au cours du siècle, mais son taux d’inflation a été nettement plus faible (2,6%), ce qui lui a permis d’enregistrer un rendement réel de 5,0%.

Voilà à mon avis une leçon importante. Il n’y a pas d’autre raison d’investir en Bourse (ou dans tout autre type de placement) que de surpasser l’inflation à long terme. L’étude des auteurs confirme que les principales Bourses mondiales ont très bien joué leur rôle.

Comment les rendements boursiers du 20e siècle se comparent-ils à ceux des obligations? Le tableau qui suit présente les rendements réels des obligations gouvernementales de quelques-uns des pays étudiés par les auteurs au cours du 20e siècle:

 

Ce tableau démontre que les rendements réels des obligations gouvernementales sont nettement moins attrayants que ceux des actions et que, dans plusieurs cas, ils n’ont pas permis de surpasser le taux d’inflation. Dans l’ensemble des 16 pays, le rendement moyen obtenu est de seulement 0,8% de plus que le taux d’inflation moyen pour la période du 20e siècle.

Enfin, la distribution des rendements annuels de la Bourse américaine peut nous donner une bonne indication du niveau de risque que coure un investisseur boursier. Voici comment sont répartis les rendements annuels totaux (avec les dividendes) du marché américain de 1900 à la fin de 2000, par tranches de rendements de 10% allant de –40% à +60%:

 

 

 

Ce tableau nous apprend plusieurs éléments concernant le risque du marché boursier à long terme pour l’investisseur. D’une part, la possibilité d’un rendement annuel négatif est de quelque 35%. C’est donc dire que, en moyenne, on peut prévoir un rendement négatif annuel une fois aux trois ans. Aussi la pire année enregistrée par le marché boursier américain entre 1900 et 2000 a été 1931 avec un rendement de –31%. La meilleure année a été 1933 avec un rendement de 57%.

Autre point intéressant, les auteurs ont calculé les rendements du marché boursier américain pour la période sur des tranches rotatives de 10 ans. Sur cette base, il n’y a eu que cinq périodes de 10 ans avec des rendements négatifs, soit 5,5% du temps. Cette statistique démontre bien que le risque diminue sensiblement lorsqu’on allonge sa période de détention d’actions.

J’espère que cette série de blogues sur la Bourse sur une perspective de 100 ans vous a plu.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

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