Passer du phénomène «FOMO» à celui du «FOGB»


Édition du 26 Octobre 2022

Passer du phénomène «FOMO» à celui du «FOGB»


Édition du 26 Octobre 2022

Cycle des émotions des investisseurs

ENTRE LES LIGNES. Il est fascinant de constater à quel point les émotions des investisseurs peuvent changer du tout au tout en quelques mois. Pas plus tard qu’au début de 2022, et pendant la majeure partie de 2021, la principale crainte des investisseurs était de manquer le bateau et de ne pas participer à la progression en apparence inarrêtable des indices boursiers. Les observateurs américains ont nommé ce phénomène Fear of Missing Out ou FOMO.

Le diagramme présente le cycle des émotions des investisseurs. Prenez le temps de l’étudier. Les investisseurs ont beau posséder toutes les connaissances voulues sur les marchés et les sociétés cotées en Bourse, avoir accès à toute l’information sur ce qui se passe dans le monde et connaître l’histoire boursière des 100 dernières années, ce cycle des émotions a dicté l’évolution des marchés boursiers depuis leur invention. Et il continuera sans doute de l’influencer au cours des 100 prochaines années.

Trouvez-moi quelque chose qui n’est pas cyclique dans ce monde. L’économie est cyclique, même si les banques centrales, particulièrement la Réserve fédérale américaine (Fed), ont réussi à réduire les cycles depuis la crise financière de 2009.

Les récessions font partie intégrante du cycle économique normal — on peut peut-être les repousser dans le temps ou les rendre moins sévères en appliquant le keynésianisme (l’intervention de l’État pour pallier les défaillances des marchés boursiers, NDLR), mais il est impossible de les éliminer selon moi.

C’est tout aussi vrai pour les émotions des investisseurs, qui passent invariablement de l’euphorie au désespoir. Rappelez-vous les accès de folie qui ont marqué les marchés boursiers, en particulier la bulle technologique de la fin des années 1990. Ou l’euphorie du marché immobilier du milieu des années 2000 qui a éventuellement mené à la crise financière de 2008-2009. Dans les années qui ont suivi cette crise, beaucoup d’investisseurs ont tout simplement abandonné l’investissement boursier.

Il ne fait pas de doute que les émotions des investisseurs avaient atteint le stade de l’«excitation»en 2020-2021. Dans certains secteurs plus spéculatifs, comme celui des cryptomonnaies, le stade de l’«euphorie»avait probablement été atteint.

Aujourd’hui, après que les marchés boursiers se furent effondrés de près de 25 % depuis leur sommet, quel est l’état émotionnel des investisseurs ? Je dirais qu’il se rapproche de la «peur»et de la «panique». J’ignore si ou quand nous atteindrons le stade du «désespoir», que plusieurs observateurs appellent aussi la «capitulation». Je sais toutefois que nous en sommes beaucoup plus près qu’il y a quelques mois. Si je peux me permettre d’inventer une nouvelle expression, les investisseurs craignent aujourd’hui d’être «brûlés»en investissant en Bourse. Le phénomène est maintenant Fear of Getting Burned ou FOGB.

À mon avis, au lieu de focaliser son attention sur les événements, nouvelles et données économiques actuelles — ils seront sans doute négatifs —, il est préférable de se demander où nous en serons dans disons 18 mois. C’est ce que les marchés boursiers font généralement:ils escomptent ce qui est le plus susceptible de se produire dans un avenir rapproché.

Or, dans 18 mois, je crois qu’il est probable que les efforts des banques centrales auront réussi à ramener l’inflation à des taux plus raisonnables. Il est aussi probable que l’économie sera en voie de rebondir après une période économique difficile.

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100+. Il est également l’auteur du livre Avantage Bourse et coauteur de La Bourse ou la Vie.

Philippe Leblanc
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