Logistec, un succès boursier québécois méconnu

Publié le 05/12/2014 à 14:50

Logistec, un succès boursier québécois méconnu

Publié le 05/12/2014 à 14:50

Avant de commencer, je souligne que nous ne sommes pas actionnaires de Logistec... Et que je m'en mords les doigts.

Mme Madeleine Paquin, présidente de Logistec, vient d'être nommée PDG de l'année (moyenne entreprise) par Les Affaires et je suis d’avis que c’est une excellente nomination (notez que je faisais partie du comité de sélection des PDG de l'année).

Bien que Logistec ait toujours évolué dans l'ombre, l'entreprise a connu un succès financier et boursier hors-pair. Jugez par vous-même : de 2000 à 2013, ses profits par action sont passés de 1,09 $ à 4,27 $, un taux de croissance annuel composé de 11,1 %. Pendant la même période, le cours de son titre est passé de 5,75 $ à 39,35 $, un taux annuel composé de 15,9 %, sans compter les dividendes.

De fait, le succès boursier de Logistec prouve très bien ce que j’ai toujours cru : le succès ou l’insuccès boursier d’une société ne dépend que d’une chose : la progression à long terme de ses profits par action. Il démontre aussi très éloquemment qu’il n’est pas nécessaire pour une entreprise de mousser son titre pour enrichir ses actionnaires. Logistec n’utilise pas de firme de relations publiques et son rapport annuel ne comporte pas beaucoup de photos.

Aussi, il n’est pas nécessaire que le titre d’une entreprise soit liquide en bourse pour qu’il connaisse une bonne performance boursière. Au cours des trois derniers mois, il s’est échangé en moyenne un peu plus de 3 700 actions par jour du titre de Logistec de catégorie B (les actions à votes multiples de catégorie A ne se transigent presque pas). Combien de fois les investisseurs ignorent-ils des titres de sociétés attrayants à long terme parce que leur titre est trop peu transigé?

De plus, elle évolue dans un secteur des plus terre-à-terre : elle offre des services de manutention de marchandises dans 29 ports de l’est de l’Amérique du Nord. Rien de bien « sexy » mais c’est souvent ce genre de sociétés qui réussit à se démarquer à long terme. En plus, c’est facile à comprendre pour les investisseurs et on peut être assuré que ce type de service sera encore essentiel dans 10, 20 ou 50 ans. On ne peut pas en dire autant de sociétés qui oeuvrent dans le secteur technologique.

Dans l'interview de Mme Paquin réalisée par Mme Marie-Claude Morin, parue dans l’édition du 6 décembre du Journal Les Affaires, la P.D.G. de Logistec mentionne que « un pas à la fois, on est capable de bâtir quelque chose de solide ». Cette vision à long terme et la patience qu'elle sous-entend sont à mon avis deux des ingrédients cruciaux qui expliquent le succès de Mme Paquin et de Logistec.

Cette citation de Mme Paquin m’en a rappelé une autre de Warren Buffett, qui est tirée du rapport annuel 2006 de Berkshire Hathaway. Alors qu’il discute de la croissance à long terme des activités de réassurance de la société, M. Buffett déclare : « Il y a beaucoup à dire en faveur de simplement poser un pied devant l’autre à chaque jour. »

Bravo à Mme Paquin et à Logistec pour toutes ces années de bonne gestion. Depuis son entrée en bourse en 1969, Logistec est certainement un des plus grands créateurs de richesse québécois, même si l’entreprise demeure peu connue.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

leblancp@cote100.com

À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

 

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