Les leçons boursières de 2020

Publié le 08/01/2021 à 08:20

Les leçons boursières de 2020

Publié le 08/01/2021 à 08:20

(Photo: Getty Images)

L'année 2020 est derrière nous, mais je soupçonne que c’est une année qu’on gardera longtemps dans notre mémoire collective. Je me vois déjà parler à mes petits-enfants dans quelque 20 ans de cette «annus horribilis» et comment nous avons collectivement réussi à traverser cette période difficile.

En même temps, le début d’une nouvelle année est le temps de faire des bilans et je crois que le moment est particulièrement propice pour l’investisseur de faire un tel exercice.

Voici donc les quelques conclusions que je tire personnellement de l’année boursière 2020 dont on se souviendra sans doute longtemps:

- La Bourse est imprévisible et les prévisions à court terme sont sans aucune valeur. Replacez-vous au début de 2020 et alors que tout semblait aller pour le mieux pour les investisseurs. Qui aurait pu prévoir qu’une pandémie allait complètement changer l’allure de la planète en quelques semaines? Un grand nombre de personnes vous présenteront leurs prévisions pour la prochaine année – il faut se rendre à l’évidence, les prévisions ne font généralement qu’extrapoler le passé récent et, par définition, ne peuvent tenir compte des événements imprévisibles susceptibles de survenir à tout moment. 2020 nous rappellera que l’investisseur doit être sans cesse sur ses gardes et prêt à toute éventualité.

- Le marché est anormalement concentré et c’est dangereux. À mon avis, l’indice phare du marché boursier américain, le S&P 500, a historiquement été le plus représentatif de l’économie nord-américaine puisqu’il est composé de près des 500 plus grandes sociétés ouvertes américaines, représentant chacune des principales industries de l’économie. Or, 2020 et les dernières années ont modifié quelque peu ce constat. À la fin de 2020, six sociétés de l’indice S&P 500 (Facebook, Amazon.com, Apple, Netflix, Google (Alphabet) et Microsoft) représentaient près de 25% de l’indice. De plus, leur performance boursière exceptionnelle en 2020 a procuré près de 75% de la performance du S&P 500 au cours de la période. À mon avis, une telle concentration d’un indice et de performance s’épelle «DANGER».

- La diversification prend toute sa valeur dans les conditions difficiles. Au pire de la chute des marchés en 2020, alors que la grande majorité des titres boursiers étaient en forte baisse, certains titres plus défensifs se sont très bien maintenus. Je crois personnellement qu’un investisseur devrait viser un équilibre dans son portefeuille, entre des titres défensifs et des titres de croissance.

- La santé financière des entreprises est encore la meilleure police d’assurance. Dans une crise financière, les sociétés les plus fortes financièrement émergent généralement encore plus fortes, alors que celles qui étaient trop endettées risquent de ne pas survivre.

- Vive les sociétés dont le modèle d’affaires est flexible. La période de confinement de l’an dernier nous a démontré la grande valeur d’un modèle d’affaires flexible et qui peut s’ajuster rapidement à presque toutes les circonstances.

- Les titres très chers peuvent devenir encore plus chers. En début d’année, j’étais de l’avis qu’un titre comme Tesla était bien trop cher pour l’investisseur à long terme. Or, le titre a été un des grands gagnants de 2020 avec un rendement de 743%! Je plains ceux qui auraient pu être tentés de vendre le titre à découvert. J’en conclus que les titres qui sont chers peuvent devenir encore plus chers (ce qui n’est pas une raison valable pour les acheter).

- La Fed est prête à tout pour permettre à l’économie de rebondir. Il y a un dicton populaire en investissement qui dit qu’on ne devrait pas se battre contre la Fed («Don’t fight the Fed»). Les taux d’intérêt historiquement bas et les sommes incalculables qui ont été injectées par les gouvernements occidentaux dans l’économie afin de lui permettre de traverser la pandémie sont un moteur très puissant pour la valeur de tout actif financier, dont celle du marché boursier.

En somme, je préconise que l’investisseur reste «présent» en Bourse, tout en demeurant très prudent.

Je profite de l’occasion pour vous souhaiter une Bonne et Heureuse Année 2021!

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Gestionnaire en chef, COTE 100

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