Le verre à moitié vide

Publié le 14/04/2023 à 08:34

Le verre à moitié vide

Publié le 14/04/2023 à 08:34

Les mauvaises nouvelles captent davantage notre attention que les bonnes. (Photo: 123RF)

J'ai récemment lu un article que j'ai trouvé fort intéressant dans le Wall Street Journal intitulé «Pessimism Is the One Thing Americans Can Agree On» («Le pessimisme est la seule chose sur laquelle les Américains peuvent s’entendre»). Publié le 6 avril dernier, l'article a été écrit par Alison Gopnik, une psychologue.

L'auteur s’appuie sur une étude parue au début de 2023 dans le journal Clinical Psychological Science. Dans cette recherche, Gregory Mitchell, de l'Université de Virginie et Philip Tetlock, de l'Université de Pennsylvanie, ont tenté de savoir si les Américains sont de nature optimiste ou pessimiste, s'ils croient que la société américaine s'est améliorée ou détériorée à plusieurs égards et à quel point leurs vues se rapprochent de la réalité.

Je vous avoue que je me doutais fortement des réponses. Un des livres que j'ai le plus apprécié au cours des dernières années est Factfulness, écrit par Hans Rosling, qui traite justement de telles questions. La plupart d'entre nous avons tendance à sous-estimer le progrès qui a lieu à travers le monde sous bien des rapports: l'espérance de vie, l'alphabétisation, le niveau de richesse, etc. Pourtant, les faits démontrent clairement une amélioration sensible à long terme.

Un aparté s'impose: je crois qu'il est probable que l'espérance de vie ait légèrement régressé au cours des dernières années en raison de la pandémie.

Mais revenons à l'article du Wall Street Journal. Mme Gopnik écrit: «Tous les gens que [les auteurs de la recherche] ont testés – jeunes et vieux, conservateurs et libéraux, au courant de l'actualité ou non – ont démontré la même tendance. Tous croyaient que dans l’ensemble les choses s'étaient détériorées, même si elles s'étaient en fait améliorées. Le pessimisme régnait.»

Dans mon livre, je traite de ce biais psychologique que la plupart d'entre nous avons et qui affecte sensiblement les rendements de nombre d'investisseurs. Combien d'entre nous voyons davantage le négatif que le positif autour de nous? Et à quel point ce biais de négativisme influence-t-il nos décisions d'investissement? La décision que plusieurs prennent de se retirer complètement ou en grande partie des marchés boursiers lorsque les manchettes deviennent sombres ne découle-t-elle pas de ce biais? Ou celle de surpondérer l'encaisse et les obligations?

Un des facteurs cités par Rosling pour expliquer notre penchant pour le pessimisme est ce qu’il appelle «l’instinct de négativisme». Il peut s’expliquer par le fait que les mauvaises nouvelles captent davantage notre attention que les bonnes. Selon moi, on a observé cette tendance récemment avec les appels à «l’apocalypse financière» de certains économistes.

Par ailleurs, nous avons tous un peu cette tendance à croire que les conditions de vie étaient meilleures avant, il y a 20 ou 40 ans. Mais cette nostalgie est un leurre qui n'est souvent pas fondé sur les faits.

J'essaie le plus possible de rester optimiste au lieu de verser dans le négativisme ou le défaitisme. L'histoire boursière des 100 dernières années et celle de l'économie mondiale depuis plus de 200 prouvent qu'il est mieux d'être optimiste à long terme.

Optimiste… tout en étant prudent.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100 et auteur du livre Avantage Bourse

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