Le Blanc - Le « market timing », une proposition perdante à long terme

Publié le 22/03/2013 à 15:00, mis à jour le 22/03/2013 à 16:43

Le Blanc - Le « market timing », une proposition perdante à long terme

Publié le 22/03/2013 à 15:00, mis à jour le 22/03/2013 à 16:43

BLOGUE. Avec la hausse plutôt spectaculaire et inattendue des marchés boursiers au cours des derniers mois, plusieurs observateurs préconisent de prendre des profits, de se mettre sur les lignes de côté en attendant une correction des marchés. Est-ce une bonne idée?

Je ne le crois pas. Il est à la fois difficile et dangereux de tenter de jouer au plus fin avec les marchés boursiers. Il n’est pas nécessaire d’aller bien loin pour trouver un exemple percutant des risques du « market timing ». Reportez-vous seulement trois ou quatre mois dans le passé, à l’automne 2012. Combien d’experts appréhendaient le précipice fiscal du 31 décembre et mettaient en garde contre la possibilité d’une correction importante? Malheureusement, trop d’investisseurs les ont écoutés et ont vendu leurs actions. À court terme, certains d’entre eux ont peut-être eu raison car le S&P 500 a perdu près de 7 % de la mi-septembre à la mi-octobre. Mais depuis cette date, cet indice a bondi 14,3 %.

Le même phénomène s’est produit au cours de l’été 2011 alors que les États-Unis étaient aux prises avec la crise du relèvement de la dette du pays et que la crise de l’Euro battait son plein. C’est également à cette époque que la dette des États-Unis a été décotée. De la mi-juillet à la mi-août 2011, le S&P 500 a perdu près de 16,5 %. Depuis ce temps, l’indice s’est apprécié de 38,5 %.

Les adeptes du market timing doivent composer avec des facteurs qui jouent contre eux. Premièrement, transiger coûte cher tant du point de vue des commissions payées que des coûts fiscaux qu’ils engendrent. Deuxièmement, les probabilités sont contre eux car les marchés boursiers ont par le passé et devraient dans le futur procurer des rendements positifs et plus élevés que la plupart des alternatives. Comme le dit Warren Buffett dans le plus récent rapport annuel de Berkshire Hathaway, « puisque le jeu est si favorable, nous croyons que c’est une terrible erreur que de tenter d’y entrer et ressortir en fonction des cartes de tarot, des prédictions d’« experts » ou des fluctuations du niveau d’activité économique. Les risques d’être absents du jeu sont énormes comparativement aux risques d’y prendre part. »

L’adepte du market timing doit non seulement déceler les bons moments de vendre, il doit aussi identifier les bons moments de revenir dans le marché. Celui qui a réussi à prévoir la correction de l’automne dernier est-il pleinement revenu dans le marché pour profiter de son fort rebond? Les chances sont minces. La plupart d’entre eux sont probablement encore en grande partie en encaisse à se demander s’ils ne devraient pas acheter…

L’investisseur boursier a toutes les chances de son côté de faire des rendements attrayants à long terme. C’est encore plus vrai s’il investit dans des sociétés de grande qualité lorsqu’elles sont évaluées convenablement. Le market timing est surtout une bonne façon d’enrichir son courtier.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 (www.cote100.com) et éditeur de la Lettre financière COTE 100 (www.lettrecote100.com).

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