La volatilité des marchés, votre alliée!

Publié le 25/02/2017 à 15:30

La volatilité des marchés, votre alliée!

Publié le 25/02/2017 à 15:30

Le titre de Wells Fargo a subi une importante correction en octobre 2016. (Photo: 123rf.com)

BLOGUE. Récemment, un ami qui est aussi un bon investisseur me disait qu'il avait placé une commande d'achat sur un titre qui était en correction. «Mais, me disait-il, j'ai été trop gourmand et le titre a rebondi aussitôt.» Je lui ai répondu: «Ne t'en fais pas trop, il ne serait pas surprenant que le titre corrige à nouveau et que tu puisses l'acheter encore plus bas.» Effectivement, le titre en question corrigeait à nouveau quelques semaines plus tard, mais je ne suis pas sûr que l'ami en question était toujours acheteur, ayant probablement passé à un autre titre.

Le marché, une balance!

On attribue à Benjamin Graham, le père de l'analyse fondamentale et auteur célèbre du livre «The Intelligent Investor», la citation suivante: «À court terme, le marché boursier est un sondage («a voting machine»); à long terme, il est une balance («a weighing machine»)».

Cette citation prend tout son sens dans la foulée des récentes élections américaines. Mais elle s'applique chaque jour à de nombreux titres de sociétés qui connaissent des séances boursières de haute volatilité, à la hausse comme à la baisse.

Autrement, comment expliquer que le titre de la Banque Royale, la plus grande capitalisation au Canada avec 148 milliards $ (G$), soit passé d'un bas de 65,55$ l'an dernier à un sommet de 99,00$ récemment? On parle ici d'une augmentation de valeur de 50 G$ en seulement une année. De toute évidence, le vote populaire était à son plus bas lorsque le titre était à 65,00$ alors qu'aujourd'hui, le ciel est bleu et sans nuages, ou presque. Mais à long terme, comme le dit si bien Graham, le marché saura bien trouver la juste valeur du titre.

Un autre exemple: Wells Fargo. En octobre dernier, au beau milieu de la campagne présidentielle américaine, le titre de cette grande banque américaine avait chuté en raison d'un scandale. En effet, Wells Fargo venait d'être condamnée à une amende de 185 M$ pour des pratiques douteuses de commercialisation. Pour toucher des bonis, certains de ses employés avaient ouvert frauduleusement des comptes de carte de crédit à l'insu de clients. Ce scandale était déjà connu des marchés, mais l'amende était la conclusion de l'enquête et du scandale. À la suite des événements, la banque avait congédié 5 300 employés, ce qui représentait 2% de ses quelque 265 000 employés. Le titre avait chuté à près de 42,00$, en forte baisse par rapport à son haut de 58,00$. Sans minimiser la situation, nous croyions que la réaction des investisseurs était surfaite, probablement en raison du fort tapage médiatique (et politique) qui avait entouré le scandale, ce qui créait à notre avis une occasion d'achat. Depuis, le titre est revenu à son haut précédent de 58,00$.

Un autre bon exemple de la volatilité des titres est Mead Johnson Nutrition. Il a aussi l'avantage d'être récent. Mead Johnson est un leader mondial de la production d'aliments pédiatriques. Nous avions recommandé l'achat de son titre à 70,00$ en octobre 2015 dans la Lettre financière COTE 100. Le titre s'est envolé rapidement vers les 80,00$ à la suite de résultats meilleurs qu'anticipés et peu de lecteurs ont pu en acheter. Puis, en mai dernier, le titre a touché 90,00$ en raison de rumeurs que la société serait achetée par Nestlé. Puis les rumeurs se sont estompées et le titre est lentement revenu à près de 70,00$ en début d'année. Finalement, le marché nous donnait une deuxième chance d'acheter le titre. Tout cela pour voir la société accepter une offre amicale d'achat à 90,00$ par action par le groupe anglais Reckitt Benckiser le 10 février dernier.

Bien sûr, je vous propose des exemples favorables de titres qui ont par la suite fortement rebondi. Mais la réalité n'est pas toujours aussi rose, loin s'en faut. Je me souviens notamment du scandale qui avait éclaboussé le titre de Carnival Cruise Lines il y a quelques années lorsqu'un de ses navires avait échoué près des côtes italiennes. Nous avions alors considéré la situation de près car le titre de Carnival avait chuté en Bourse. Nous n'avons malheureusement pas été assez rapides car le titre a fortement rebondi par la suite... et à très bien fait depuis.

Dans d'autres situations, un titre chute à la suite d'un événement... On croit que cela crée une occasion, mais c'est une erreur coûteuse car la société ne s'en relèvera pas.

Cela dit, un investisseur doit considérer la forte volatilité comme une alliée susceptible de lui procurer régulièrement des occasions intéressantes d'investissement. Toutes ne seront pas des placements gagnants, mais c'est généralement parmi les titres boudés qu'on trouve de vraies aubaines.

Guy Le Blanc et Philippe Le Blanc, CFA, MBA

À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est président et chef des placements chez COTE 100, une boutique de gestion de portefeuille. Il est également éditeur de la Lettre financière par COTE 100, publiée mensuellement depuis 1988.

 

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