Face au stress, notre réflexe est d'agir. Pourtant...

Publié le 20/03/2020 à 16:32

Face au stress, notre réflexe est d'agir. Pourtant...

Publié le 20/03/2020 à 16:32

Des courtiers sur le plancher de la Bourse de New York.

(Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. Au bureau, nous avons deux mots d’ordre: 1- assurer la sécurité de nos employés et 2- être proactifs dans nos communications avec nos investisseurs. Nous prenons les devants pour leur parler et les rassurer.

En temps de crise et de stress, le réflexe de tout un chacun est d’agir, de prendre des décisions pour contrer la menace. Devant un danger, on a deux choix: combattre la menace ou s’enfuir, la traditionnelle réponse du «Fight or Flight». Quelle que soit notre réponse, on agit; le réflexe de ne rien faire n’est pas en nous. De fait, dans l’histoire de l’humanité, ceux qui ne réagissaient pas devant une menace mouraient pour la plupart et leurs gènes ne se sont pas perpétués.

Le réflexe d’agir nous sert généralement très bien. Dans l’ensemble, la population québécoise réagit à la menace du coronavirus. Les gens sont proactifs: ils prennent les mesures requises en s’isolant, en réduisant les regroupements, en prenant toutes les précautions nécessaires pour minimiser les risques. On agit et c’est beau à voir.

Nous avons pris de nombreuses décisions et été proactifs dans notre propre entreprise. C’est aussi le cas de nombreuses entreprises ici et ailleurs dans le monde. Les dirigeants d’entreprises sont proactifs; ils agissent et prennent des décisions chaque jour en fonction de l’évolution du virus et des conditions changeantes. On agit devant la menace.

Mais à la Bourse, je crois que la meilleure chose à faire pour l’investisseur est justement de ne rien faire, ce qui va à l’encontre de nos réflexes normaux. On a tous l’impression qu’on doit faire quelque chose pour contrer la menace, mais ce n’est pas une bonne idée.

Cette semaine, j’ai parlé à un investisseur qui m’a dit qu’il avait traversé la crise de 2008-2009 en ne faisant absolument rien avec son portefeuille de placements. Il n’a rien vendu, rien acheté. Il est tout simplement resté assis sur ses mains. Environ un an après la crise, son portefeuille avait récupéré la perte subie pendant la crise. Cette décision de ne rien faire lui a fait épargner bien des coûts, notamment des impôts sur les gains et des frais de transaction.

Cette décision lui a surtout sauvé bien des tracas. Car faut-il le répéter, l’investisseur qui vend aujourd’hui se retrouvera avec une encaisse qui ne procure presque rien en intérêts. Il devra aussi réinvestir un jour. Sera-t-il en mesure de le faire au bon moment? J’en doute fort.

En présumant que vous possédez un portefeuille de sociétés de qualité, des entreprises rentables et en bonne santé financière, la meilleure chose à faire est de ne rien faire. Il est probable que certaines entreprises connaissent plus de difficultés que d’autres, mais la plupart sauront s’ajuster, s’adapter et traverser la crise. Beaucoup d’entre elles émergeront plus fortes de cette crise. Et votre portefeuille se replacera éventuellement, comme ce fut le cas après la crise financière de 2008-2009.

Si le réflexe humain est d’agir devant une menace et le stress qu’elle engendre, l’investisseur à long terme doit à mon avis combattre ce réflexe et se convaincre de ne rien faire.

Si cela peut vous aider, ne regardez plus les cotes de la Bourse, ni votre portefeuille pendant quelques semaines. N’écoutez pas les canaux financiers américains qui poussent inexorablement à l’action et à la panique. Si vous devez absolument agir pour vous sentir mieux, prenez des marches… le beau temps arrive!

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

 

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