La courte mémoire des investisseurs

Publié le 23/04/2012 à 11:09, mis à jour le 24/04/2012 à 08:26

La courte mémoire des investisseurs

Publié le 23/04/2012 à 11:09, mis à jour le 24/04/2012 à 08:26

BLOGUE. Une des leçons de l'éclatement de la bulle techno est que l'on devrait toujours faire attention aux profits publiés par les entreprises publiques. Trop souvent, ces profits sont présentés sous leur meilleur jour et excluent des dépenses que la direction préfère traiter comme « extraordinaires ». À la fin des années 90, de nombreuses entreprises présentaient des profits « pro-forma » en excluant plusieurs types de dépenses qui, à bien y penser, n'auraient jamais dû en être exclues.

Encore aujourd’hui, des entreprises prennent des charges « non récurrentes » à tous les trimestres, année après année. Je peux aisément comprendre qu’une entreprise essuie à l’occasion certaines pertes ou dépenses qui sont réellement hors du contrôle de sa direction et peu susceptibles de se reproduire. Ce peut être le cas d’une charge fiscale, d’un règlement de litige, du rappel d’un produit, de la fermeture d’une usine, d’une perte de change, etc. Mais lorsque de telles charges reviennent régulièrement, force est de conclure qu’elles ne sont plus extraordinaires et qu’elles font bel et bien partie des activités courantes.

Des exemples? Nous avons récemment décidé de nous départir de nos actions de la société Smuckers, un fabricant américain de plusieurs produits alimentaires dont les confitures Smuckers, justement parce que la société essuie des charges de restructuration à pratiquement tous les trimestres depuis plusieurs années. Si, comme nous, un investisseur considère ces charges comme faisant partie intégrale des activités de l’entreprise et ne les exclue pas de son calcul des profits de la société, les profits par action de Smuckers en 2011 passent de 4,79 $ sur une base « pro-forma » à 4,15 $, un écart de 13,4 %. D’après les données de Value Line, depuis 1997, la société a comptabilisé des charges dites « non-récurrentes » à chaque année sauf en 1998, charges qui totalisent près de 4,00 $ par action, soit 10 % de ses profits pendant la période. Peut-on vraiment conclure que ces charges sont non-récurrentes?

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100+. Il est également l’auteur du livre Avantage Bourse et coauteur de La Bourse ou la Vie.

Philippe Leblanc
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