L'instinct de négativité

Publié le 04/11/2022 à 15:00

L'instinct de négativité

Publié le 04/11/2022 à 15:00

Un homme qui lit un journal

(Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Permettez-moi de vous poser cette question: «quel est le prix du gaz naturel ces jours-ci en Europe? Est-il près de son sommet?»

Je parie que la plupart d’entre vous aurez répondu qu’il est près de son sommet et qu’il a fortement augmenté depuis le début de la guerre en Ukraine. N’est-ce pas ce qui a fait la manchette au cours des derniers mois?

Pourtant, ce n’est pas le cas, comme en fait foi le graphique ci-dessous illustrant l’évolution du prix du gaz naturel en Europe dans les derniers mois:

N’est-il pas étonnant que le cours du gaz soit presque revenu à son niveau d’avant le début du conflit en Ukraine? D’ailleurs, on pourrait faire le même constat pour le cours du pétrole.

Pourtant, alors que les médias avaient clamé à tout vent que le cours du gaz fracassait des records en septembre dernier, ils ont été pratiquement muets concernant sa baisse subséquente.

C’est à mon avis une caractéristique des médias: ils font leurs choux gras des nouvelles négatives. Les mauvaises nouvelles captent davantage notre attention que les bonnes. C’est précisément cet instinct de négativité que visent les médias en présentant sans cesse la souffrance dans le monde, où qu’elle soit et à tout moment. Les bonnes nouvelles passent souvent sous silence.

Dans son livre Factfulness, l’auteur Hans Rosling a écrit que «Factfulness, c’est reconnaître le moment où nous recevons de mauvaises nouvelles et se rappeler que l’information concernant les événements négatifs est bien plus susceptible de nous rejoindre. Lorsque les choses s’améliorent, nous n’en entendons généralement pas parler. Cela nous donne une impression systématiquement trop négative du monde qui nous entoure, ce qui est très stressant. Pour contrôler l’instinct de négativité, attendez-vous à recevoir de mauvaises nouvelles.»

L’exemple du cours du gaz naturel en est un parmi tant d’autres. Je crois néanmoins que les nouvelles des derniers mois ont été particulièrement pessimistes concernant l’économie et les marchés boursiers, alors que nous nageons en plein marché baissier, que l’inflation atteint des niveaux record et que la plupart des observateurs anticipent une récession.

La plupart d’entre nous souffrons de cet instinct de négativité identifié par Hans Rosling dans son livre. Pour l’investisseur à long terme, il importe de se le rappeler et d’adopter une perspective davantage axée sur les faits et l’histoire.

 

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100

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