L'information a une date de péremption

Publié le 25/06/2021 à 10:05

L'information a une date de péremption

Publié le 25/06/2021 à 10:05

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. J’ai récemment fini la lecture du livre «Richer, Wiser, Happier», de William Green. Dans ce livre, que j’ai coté quatre étoiles, l’auteur nous présente plusieurs investisseurs qui ont réussi à surpasser les indices boursiers pendant de longues périodes. Il nous parle de leur philosophie d’investissement, de leurs particularités et des facteurs spécifiques de leur succès. C’est une autre excellente lecture pour l’investisseur qui cherche à s’améliorer.

Un des concepts que j’ai tirés du livre est que les informations que l’on peut lire concernant les marchés boursiers et le monde de l’investissement ont une date de péremption. Cette idée est avancée par Nick Sleep et Qais Zacharia, deux investisseurs iconoclastes qui ont connu beaucoup de succès en Bourse. «Pour commencer, ils ignorent toute information éphémère qui distrait les investisseurs de ce qui importe vraiment.» Selon Sleep, «l’information, comme la nourriture, a une date de péremption après laquelle elle n’est plus valide. Certaines informations sont particulièrement périssables, alors que d’autres ont une longue “durée de conservation”». Au fil des ans, ils se sont concentrés sur de telles informations, ce qui a contribué à leur succès.

Prenez le temps de cataloguer ce que vous lisez au cours d’une journée typique. Si vous êtes comme la plupart des investisseurs, vous constaterez que la grande majorité de vos lectures porte sur des informations éphémères dont la date de péremption est très courte. À mon avis, c’est ce genre d’informations qui peuplent la majorité des sites financiers du Web. C’est aussi en grande partie ce qui est publié dans les journaux et les magazines financiers. Les lecteurs ont une capacité d’attention limitée et les médias leur servent ce qui est susceptible d’attirer leur attention, même si ce n’est que pour quelques minutes.

Il existe toutefois une foule d’informations intemporelles, dont la date de péremption est loin dans le futur, s’il y en a une. C’est le genre d’information qu’un investisseur devrait tenter de privilégier selon moi. Ce sont ces informations qui feront de nous de meilleurs investisseurs à long terme. Ce sont elles qui nous apprennent les nouveaux concepts que l’on pourra adopter et utiliser pendant de nombreuses années. Elles améliorent le niveau général de nos connaissances et font de nous des investisseurs plus instruits et mieux préparés.

Avant de lire quoi que ce soit, on devrait se demander si l’information sera pertinente dans cinq ou dix ans. Si ce n’est pas le cas, passons à autre chose.

Parmi les informations de peu de valeur ou ayant une courte durée de vie, mentionnons les rapports de recherche, les recommandations d’achat ou de vente des analystes. Personnellement, j’ajouterais la plupart des articles portant sur l’économie, sur les statistiques économiques et, plus particulièrement, sur les prévisions d’économistes. Non seulement ces prévisions sont-elles généralement erronées, mais en plus, elles portent la plupart du temps sur le court terme – le taux d’inflation prévu au prochain trimestre, l’anticipation du niveau de l’emploi qui sera annoncé la semaine prochaine, etc.

Parmi les informations d’une valeur intemporelle, je mentionnerais les livres touchant à la philosophie de l’investissement, aux erreurs à éviter en affaires ou en placement, aux biographies, aux romans historiques, aux publications scientifiques, etc. Les rapports annuels sont également une lecture qui peut parfois s’avérer fort enrichissante (bien que souvent ennuyeuse et remplie de lieux communs).

Je vous suggère évidemment la lecture des lettres annuelles de Berkshire Hathaway écrites par Warren Buffett depuis 1965 (le site Web de Berkshire Hathaway présente les lettres remontant à 1977, mais un livre a été écrit qui renferme toutes les lettres de 1965 à 2014 : «Berkshire Hathaway Letters to Shareholders», par Warren Buffett, que j’ai lu en 2016 et que j’ai coté cinq étoiles). Une autre lettre annuelle fort intéressante est celle de la société Markel.

À mon avis, un investisseur devrait également passer beaucoup de temps à apprendre l’histoire des marchés boursiers et de l’économie. Un exemple est la série de billets de bogue que j’ai écrits il y a quelques mois à ce sujet : «Quels ont été les rendements boursiers au 20e siècle?».

J’en reviens au concept de la qualité. Avec les années, j’en suis venu à la conclusion que, tant qu’à faire une chose, mieux valait bien la faire. Il vaut mieux par exemple acheter des titres de sociétés de qualité, quitte à payer un peu plus cher. Aussi, il vaut souvent mieux payer un peu plus cher pour des produits de qualité qui dureront beaucoup plus longtemps. Comme on entendait souvent il y a de nombreuses années dans une publicité : « Un peu plus cher, mais plus que du bonbon. »

Le travail d’un investisseur ou d’un gestionnaire de portefeuille consiste principalement à lire. Or, si l’on doit passer plusieurs heures par jour à lire, autant orienter nos efforts vers ce qui compte le plus et minimiser la lecture de ce qu’on pourrait qualifier de « bruit ».

Il y a deux semaines, je vous ai recommandé cinq livres que je placerais dans la catégorie des livres intemporels

Ceci est mon dernier blogue avant la pause estivale. Je compte bien reprendre le collier dès septembre. En revanche, mes collègues de COTE 100 prendront le relais tout au long de l’été en publiant leurs blogues sur COTE 100+. C’est à lire!

Je vous remercie sincèrement de me lire en grand nombre. Merci aussi pour vos commentaires et suggestions qui m’inspirent grandement dans l’écriture de ces blogues. N’hésitez pas à m’écrire par courriel pour toute suggestion ou commentaire.

Bon été et bons placements!

 

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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