Éviter les erreurs coûteuses

Publié le 13/01/2018 à 11:00

Éviter les erreurs coûteuses

Publié le 13/01/2018 à 11:00

Photo:123rf

LOGUE INVITÉ. Personnellement, je n’ai qu’une seule véritable résolution pour l’année qui commence: éviter les erreurs coûteuses. Et je crois que la plupart des investisseurs devraient adopter cette résolution. C'est vrai chaque année, mais ce l'est encore plus cette année.


Pourquoi?


Il me semble que les marchés font de plus en plus abstraction des risques présents dans le marché boursier. La dette, les profits des entreprises, les perspectives de croissance – le fondamental, quoi! Je ne veux pas toujours taper sur le même clou, mais il m’apparaît que la spéculation est à nouveau au rendez-vous dans certains segments du marché. Le fait que les marchés boursiers ne cessent de grimper sans interruption depuis quelques années porte aussi à réfléchir. Il n’y a pas eu de correction de 10% ou plus depuis février 2016, ce qui est inhabituel, car historiquement, il y a eu en moyenne une correction de ce genre par année. L’indice de volatilité CBOE reste à son plus bas niveau depuis que cet indice existe, soit 1990.


J’ai noté à maintes reprises au cours des nombreux derniers trimestres que les corrections de marché, de secteur ou de titres semblent durer de moins en moins longtemps. Au cours des dernières années, les investisseurs semblent avoir été conditionnés à croire que toute correction est une occasion d’achat… Ça n’a pourtant pas toujours été le cas dans le passé.


Bref, ma résolution pour 2018 est simple, sinon ennuyeuse: éviter les écueils. Voici ce qu’une telle résolution implique:


- J’ai la ferme intention de demeurer patient, d’attendre les occasions qui correspondent à nos critères de sélection. Évidemment, cela implique de ne pas participer de près ou de loin aux bulles ou aux excès de spéculation. Cela implique aussi de ne pas se laisser attirer par les illusions d’aubaines, ce qu’on appelle les «value traps». Il importe de s’en tenir à des sociétés de qualité, quitte à payer un peu plus cher.


- D’autre part, j’ai l’intention de garder les titres de nos sociétés qui continuent de progresser et dont les évaluations demeurent raisonnables. Il n’y a peut-être pas beaucoup de véritables aubaines, mais on ne peut pas non plus dire que tous les titres sont trop chers. Il me semble que les évaluations de nos titres ne présentent pas d’excès. Surtout à la lumière de taux d'intérêt qui demeurent historiquement bas.


- Cela veut donc dire de ne pas tenter de faire ce qu’on appelle du «market timing», de vendre maintenant ou au cours des prochaines semaines dans l’espoir de racheter plus tard à un meilleur prix. Cette pratique coûte très cher au niveau des coûts transactionnels et de l’impôt. Et ce qui peut coûter le plus cher est la décision subséquente: à quel moment devrais-je revenir dans le marché...


- Se concentrer sur ses sociétés. Plutôt que de m'en faire avec l'évolution des indices boursiers, les données économiques ou la géopolitique, je compte continuer de me concentrer sur ce qui compte réellement: la performance financière de nos entreprises et le niveau d'évaluation de leur titre.


- Je compte aussi ne pas trop me préoccuper de la performance générale des indices boursiers. De fait, un investisseur ne devrait pas s’en faire si ses rendements ne suivent pas ceux des marchés ou de ses amis. Le désir de ne pas rater la hausse des marchés ou d'un segment du marché (je pense par exemple aux titres liés au cannabis au Canada) est généralement un bien mauvais conseiller.


En somme, éviter les pires erreurs. C'est précisément ce que Charlie Munger, partenaire de Warren Buffett, répète sans cesse pour expliquer le succès de Berkshire Hathaway. Ce conseil me paraît particulièrement judicieux pour l'année qui commence.


Philippe Le Blanc, MBA, CFA


À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc est président et chef des placements chez COTE 100, une boutique de gestion de portefeuille. Il est également éditeur de la Lettre financière par COTE 100, publiée mensuellement depuis 1988.

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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