Économiser comme un pessimiste, investir comme un optimiste

Publié le 08/12/2023 à 08:45

Économiser comme un pessimiste, investir comme un optimiste

Publié le 08/12/2023 à 08:45

Le chemin sera plutôt parsemé d’embûches. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. J’ai fait référence dans un de mes derniers blogues au plus récent livre de Morgan Housel, Same as Ever, que j’ai d’ailleurs coté *****.

Je me permets de revenir aujourd’hui sur un des concepts du livre qui m’a interpellé. Ainsi, selon l’auteur, «le meilleur plan financier consiste à économiser comme un pessimiste et à investir comme un optimiste».

Qu’entend-il par cette phrase? «Cette idée – la conviction que les choses vont s’améliorer, combinée à la réalité selon laquelle le chemin à parcourir d’ici là sera une chaîne continue de revers, de déceptions et de chocs – apparaît tout au long de l’histoire dans toutes les sphères de la vie.»

J’y vois donc deux aspects fondamentaux pour l’investisseur boursier à long terme.

D’une part, il faut avoir confiance que les choses continueront de s’améliorer à long terme. La Bourse n’est pas un bon endroit pour les pessimistes. Il faut avoir une confiance quasiment inébranlable que l’économie et la qualité de vie continueront de s’améliorer à long terme.

En revanche, il faut être réaliste. Les conditions ne s’amélioreront pas chaque jour, chaque mois, chaque année. Le chemin sera plutôt parsemé d’embûches. Pensez-y: au cours des 10 dernières années, on a eu droit à de nombreuses corrections (j’en compte six, dont un marché baissier), à une pandémie, à une forte hausse des taux d’intérêt et j’en passe.

Tout cela n’a pas empêché le S&P 500 de réaliser un rendement annuel composé de 11,9% (avec les dividendes) au cours des 10 dernières années.

J’aime bien l’idée qu’il faut économiser comme un pessimiste. J’estime que la capacité d’économiser et d’investir est trop souvent oubliée par les investisseurs – selon moi, ils s’appuient sur les rendements de leur portefeuille pour assurer leur retraite et pas suffisamment sur leur épargne. Pourtant, on exerce bien plus de contrôle sur son épargne que sur ses rendements boursiers.

L’idée correspond d’ailleurs à un autre concept avancé par Housel: «Investissez dans la préparation, pas dans les prévisions».

Les prévisions ne servent à rien, car elles sont la plupart du temps erronées. Il ne sert donc à rien de tenter de prévoir ce qui s’en vient; il faut plutôt tenter de se préparer à toute éventualité qui pourrait survenir.

C’est vrai à plusieurs niveaux, dont la diversification de son portefeuille. Par exemple, dans notre gestion, nous tentons d’obtenir un sain équilibre entre les titres dits défensifs (qui font bien lorsque l’économie est difficile) et les titres dits de croissance (qui font mieux lorsque l’économie tourne à plein régime).

Une autre manière de bien se préparer est de ne pas utiliser la dette pour investir.

Il y a plusieurs autres éléments que j’apprécie dans le livre de Housel, lequel présente plusieurs phénomènes qui ne changeront pas dans le futur.

Dans mon prochain blogue, le dernier avant le début de 2024, je vous ferai part des livres que j’ai le plus appréciés en 2023 et que j’ai cotés *****, histoire de vous proposer des lectures intéressantes pour les Fêtes.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements et auteur du livre Avantage Bourse 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100+. Il est également l’auteur du livre Avantage Bourse et coauteur de La Bourse ou la Vie.

Philippe Leblanc
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