La Bourse est une machine à regarder en avant

Publié le 27/03/2020 à 13:30

La Bourse est une machine à regarder en avant

Publié le 27/03/2020 à 13:30

Des courtiers sur le plancher de la Bourse de New York.

(Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. Au cours des deux dernières semaines, le mot d’ordre que mes collègues et moi nous sommes donnés est de parler au plus grand nombre de nos investisseurs. Je suis fier du travail accompli à ce jour et qui se poursuivra dans les jours à venir.

Or, les nombreuses discussions que j’ai eues récemment m’ont fait réaliser l’importance de deux phénomènes en Bourse.

Une machine à regarder en avant

D’une part, ce ne sont pas tous les investisseurs qui comprennent que la Bourse est une machine à regarder en avant; elle s’ajuste sans cesse à ce qui pourrait survenir dans les mois à venir. On dit que la Bourse regarde six mois en avant; je crois que c’est à peu près exact.

Ainsi, si la Bourse a perdu plus de 30% récemment, c’est que les marchés boursiers anticipent un ralentissement économique important, voire une récession mondiale.

Certains investisseurs me disent que la Bourse n’a pas fini de perdre de la valeur. Selon eux, la propagation du virus qui surviendra inévitablement au cours des prochaines semaines et la hausse marquée des cas d’infection et de complications menant à des décès forceront la Bourse à corriger davantage.

Mon opinion est que la Bourse anticipe déjà un tel phénomène. Ce qui fera baisser ou grimper la Bourse dans les semaines à venir seront des événements ou des développements inattendus, pas les événements que tout un chacun anticipe déjà largement.

Le stade de capitulation

D’autre part, lors d’un marché baissier, la Bourse finit éventuellement par atteindre un creux avant de rebondir à la hausse. Avant que la Bourse atteigne un creux, que l’on peut d’ailleurs seulement identifier a posteriori, un grand nombre d’investisseurs auront déjà atteint le stade de capitulation. Quand de nombreux investisseurs concluront qu’ils ne sont définitivement pas faits pour investir en Bourse et lanceront la serviette pour de bon, nous aurons probablement atteint le creux du marché boursier. C’est précisément ce qui s’était passé pendant la crise de 2008-2009, de même qu’au lendemain de l’éclatement de la bulle technologique en 2001 et dans les années qui ont suivi.

Comme je l’ai dit, il est très difficile d’identifier le moment où nous aurons atteint le stade de capitulation, mais je crois pouvoir dire sans trop me tromper que nous approchons de ce stade.

La Bourse a cette manie un peu perverse de nous faire traverser régulièrement des épisodes particulièrement incertains et éprouvants. À chacun de ces épisodes, elle force ni plus ni moins les investisseurs moins aguerris à l’abandonner pour des placements plus «sécuritaires». Ceux qui résisteront à l’envie de la quitter en sortiront plus forts, plus expérimentés et plus convaincus que jamais que la meilleure façon d’investir est d’acheter de belles sociétés à un prix raisonnable et de rester présents en Bourse à long terme.

Dans le moment, notre résilience collective est testée par la crise du coronavirus. Celle des investisseurs est également fortement testée par la chute des marchés boursiers. Je demeure persuadé que nous, la population et les investisseurs, sortirons plus forts de cette période de grande inquiétude. Ça va bien aller.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

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