« No pain, no gain »

Publié le 03/04/2020 à 14:16

« No pain, no gain »

Publié le 03/04/2020 à 14:16

Des courtiers sur le plancher de la Bourse de New York.

(Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. Savez-vous pourquoi les rendements historiques de la Bourse sont si attrayants? Je crois personnellement que c’est parce que la Bourse peut à l’occasion nous faire vivre de grandes frayeurs.

Un des concepts de base qu’on nous apprend à l’école de la finance est que le potentiel de rendement va généralement de pair avec le niveau de risque qu’on veut bien prendre. Si vous n’êtes pas prêt à prendre de risques, vous devrez vivre avec des rendements anémiques. Une obligation 10 ans du gouvernement canadien offre présentement 0,71% en intérêts annuels. Achetez une telle obligation et vous êtes quasiment certain (en théorie, le gouvernement canadien pourrait toujours faire faillite) de réaliser 0,71% par année en intérêts, en plus de récupérer votre mise de départ. Pour quelqu’un qui cherche à bien dormir, c’est un placement sans risque.

Mais l’investisseur boursier traversera inévitablement des périodes de grande incertitude. C’est le prix à payer pour des rendements élevés à long terme. Personnellement, j’investis en Bourse depuis 1992 et j’ai survécu à plusieurs corrections boursières et à quelques marchés baissiers. Je me souviens de la crise financière asiatique en 1997. Puis en 2000, la bulle techno a commencé à éclater. Comment ne pas oublier les terribles attentats terroristes du 11 septembre? Et évidemment, la crise financière de 2008-2009. J’ai longtemps cru qu’on ne reverrait pas une telle crise avant au moins une génération. Or, on peut aujourd’hui se demander si la crise du nouveau coronavirus ne rivalisera pas avec cette dernière. À tout le moins, je crois qu’on pourra plus tard dire qu’elle a été plus traumatisante pour bien des gens parce qu’elle nous a tous touchés dans notre vie de tous les jours.

À chacun de ces épisodes de stress, de nombreux investisseurs ont quitté le bateau en vendant leurs actions et en se disant «on ne m’y reprendra plus». C’est encore le cas cette fois-ci. De nombreux investisseurs ont probablement déjà lancé la serviette et nombre d’autres le feront probablement dans les prochaines semaines.

Et pourtant, quel a été selon vous le rendement annuel composé du S&P 500 depuis 1992, une période de plus de 29 ans? 8,5% en incluant les dividendes. La personne qui aurait investi 100 000$ dans cet indice le 1er janvier 1992 et qui aurait conservé son investissement pendant les quelque 29 années suivantes, en plus de réinvestir systématiquement ses dividendes, se retrouverait aujourd’hui avec un investissement d’une valeur de près de 1,1 M$, presque 11,0 fois sa mise initiale. Je souligne que ce calcul tient compte de la correction récente de plus de 20% de cet indice.

La société Nike a popularisé la phrase «No Pain, No Gain» avec ses publicités visant les sportifs. Cette phrase pourrait très bien avoir été inventée à l’intention des investisseurs à long terme. Si investir en Bourse et y faire de l’argent était facile, tous les investisseurs seraient millionnaires. Le chemin vers le succès boursier à long terme est loin d’être facile. Il est jonché d’embûches et de périodes de grande incertitude. C’est ce qui fait que la Bourse est si passionnante. Et c’est aussi la raison pour laquelle elle a été si enrichissante pour ceux qui ont su rester à bord dans les pires tempêtes.

Je suis persuadé que, dans quelques années, on dira que les investisseurs qui sont restés à bord du navire pendant la tempête de la COVID-19 ont pris la bonne décision.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

 

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