Votre esprit vagabonde-t-il assez?

Publié le 18/07/2012 à 09:28, mis à jour le 19/07/2012 à 13:56

Votre esprit vagabonde-t-il assez?

Publié le 18/07/2012 à 09:28, mis à jour le 19/07/2012 à 13:56

Nous nous envolons tous ailleurs, de temps en temps... Photo : DR.

BLOGUE. C'est quelque chose qui nous arrive souvent. Nous sommes en train d'accomplir une tâche et, en toute insouciance, nous nous mettons à penser à autre chose. Nous assistons à une réunion de bureau, et nous songeons qu'en partant ce soir il faudra acheter du pain à la boulangerie, en imaginant déjà lequel nous ferait le plus plaisir. Nous conduisons, et nous nous souvenons de ce mauvais quart d'heure qu'on a passé aujourd'hui au travail. Ou encore, nous mangeons, et nous rêvons au prochain film qu'on aimerait voir au cinéma, le week-end prochain. Petite question : ce comportement est-il un signe de distraction? Autrement dit, un indicateur de notre incapacité à nous concentrer longtemps sur des tâches pourtant importantes?

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Pour le savoir, il convient de regarder ce qui se passe dans notre tête quand notre esprit se met ainsi à vagabonder. Et c'est justement ce que nous apprend l'étude The persistence of thought: Evidence for a role of working memory in the maintenance of task-unrelated thinking signée par Richard Davidson, directeur du Laboratoire de neuroscience affective de l'Université du Wisconsin (États-Unis), assisté de son étudiant Daniel Levinson, et par Jonathan Smallwood, chercheur en neuroscience sociale de l'Institut Max-Planck (Allemagne). Les trois chercheurs ont voulu en savoir un peu plus sur ce qu'on appelle la "mémoire de travail"…

Ainsi, notre esprit vagabond en moyenne – tenez-vous bien! – la moitié du temps. Faire une chose et penser à une autre en même temps est donc une activité mentale tout à fait normale. C'est ce qu'ont montré par le passé de nombreuses études (Giambra, 1995 ; Killingsworth & Gilbert, 2010 ; Klinger & Cox, 1987-88 ; etc.). L'intéressant est de savoir si cela nuit, ou pas, à l'activité que l'on est en train de mener à chaque fois que cela se produit.

Or, il semble que ce ne soit pas facile à dire, car il y a deux camps opposés à ce sujet. Certains affirment que penser à autre chose accapare une grande partie de nos facultés mentales, ce qui nuit forcément à notre performance : l'idée est que si l'on a l'esprit ailleurs, on est moins présent, et donc moins efficace (Smallwood & Schooler, 2006 ; Teasdale, Proctor, Lloyd & Baddeley, 1993). D'autres, au contraire, que vagabonder mentalement n'a aucun impact sur notre "mémoire de travail", c'est-à-dire grosso modo sur la partie de notre cerveau impliquée dans la tâche accomplie (McVay & Kayne, 2009, 2010 ; etc.).

Qui a raison? Qui a tort? MM. Davidson, Levinson et Smallwood ont procédé à deux expériences pour en avoir le cœur net.

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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