Un truc ultra simple pour (enfin) devenir généreux au travail!

Publié le 17/12/2018 à 09:06

Un truc ultra simple pour (enfin) devenir généreux au travail!

Publié le 17/12/2018 à 09:06

Ouvrir son coeur à autrui est un signe de courage... Photo: DR

C’est bien connu, l’union fait la force. En particulier au travail. Mais voilà, il y en a toujours un qui traîne des pieds, qui refuse de mettre l’épaule à la roue, qui fait son smart auprès du boss dans le secret espoir de décrocher une prime, voire une promotion. Pas vrai ?


Eh bien, vous savez quoi ? Ce que je viens de dire est faux. Totalement faux. Il n’est pas vrai qu’il y a toujours un mouton noir au sein d’une équipe ; et ce, même si vous êtes prêt à jurer du contraire. La vérité, c’est qu’il y a plutôt pénurie de générosité au sein de votre équipe. Je m’explique…


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Pour bien travailler en équipe, il convient d’agir non pas individuellement, mais collectivement. C’est une évidence, me direz-vous. Mais voilà, ça nécessite, pour être précis, que chacun se mette au service des autres ; et donc, d’arrêter de considérer que ce sont les autres qui doivent se mettre à votre service. Ça nécessite la volonté d’atteindre un objectif collectif, et non plus un oblectif individuel (le vôtre), que ce soit dans un but indirect de boucler le dossier qui vous tient le plus à cœur, ou pis, de booster votre propre carrière grâce aux efforts des autres.


Est-ce que vous me suivez ? Vraiment ? Je suis en train de vous dire que pour qu’une équipe donne réellement son 110%, il vous fait vous mettre entièrement au service des autres, sans aucun calcul personnel de votre part. Tout comme vous le faites avec vos enfants : lorsqu’ils vous proposent pour la millième fois de jouer à Monopoly-Fortnite, vous ne vous demandez pas ce que vous avez à y gagner sur le plan personnel et n’y allez pas à reculons, en faisant la baboune ; non, vous y allez de gaieté de cœur juste parce que vous savez que votre participation enjouée fera leur bonheur, sans vous livrer une seule seconde au moindre calcul égoïste.


Bref, si vous avez la sensation qu’il y en a dans votre équipe qui se contente de donner son 50%, eh bien, c’est peut-être bien à cause… de vous ! Plus exactement, du manque de générosité qui règne au sein de votre équipe, et par suite, de votre propre manque de générosité. De ce petit quelque chose qui vous empêche de vous mettre entièrement au service des autres.


Bon. Maintenant se pose une interrogation existentielle : «Comment peut-on devenir plus généreux au travail ?» La bonne nouvelle du jour, c’est que j’ai la réponse. Si, si… Elle se trouve dans une étude intitulée The cultivation of pure altruism via gratitude : A functional MRI study of change with gratitude practice et signée par : Christina Karns, professeure de neuroscience à l’Université d’Oregon à Eugene (États-Unis); William Moore III, doctorant en psychologie à l’Université Harvard à Cambridge (États-Unis); et Ulrich Mayr, professeur de psychologie à l’Université d’Oregon à Eugene. Regardons ensemble de quoi il retourne…


Les trois chercheurs se sont posé deux questions :


– Y a-t-il un lien entre la gratitude et l’altruisme ? Autrement dit, lorsqu’on éprouve de la reconnaissance pour quelqu’un, cela a-t-il le moindre impact sur notre envie de nous consacrer à autrui de manière désintéressée ?


– Si un tel lien est avéré, peut-on rendre quelqu’un plus altruiste en l’amenant à faire davantage preuve de gratitude ?


Pour s’en faire une idée, ils ont procédé très simplement, en demandant à une trentaine de volontaires de bien vouloir se prêter à deux expériences :


1. Remplir un questionnaire visant à évaluer le degré d’altruisme du participant. Puis, entrer dans un scanner et faire des choix dans différents cas de figure impliquant leur altruisme, par exemple décider du partage d’un don de 20$ entre une banque alimentaire et leur propre compte en banque.


2. Il a été demandé à la moitié des participants de remplir quotidiennement leur journal personnel – pendant trois semaines –, avec une contrainte, celle d’y exprimer de la gratitude (ex. : noter un remerciement pour le collègue qui a eu la gentillesse de lui offrir un café, ou encore pour le chum qui lui a fait le plaisir d’une visite surprise, histoire de regarder ensemble le match de hockey à la télévision). Et à l’autre moitié, de juste rédiger leur journal personnel, sans aucune consigne particulière. Puis, tous ont dû revenir dans le scanner et y refaire des choix impliquant leur altruisme.


L’idée, vous l’avez bien compris, c’était de voir ce qui se passait dans le cerveau des participants dès lors qu’il était question de gratitude et d’altruisme.


Résultats ? Tenez-vous bien :


– Il y a bel et bien un lien entre la gratitude et l’altruisme. Dès lors qu’on exprime de la gratitude, cela stimule dans notre cerveau – très exactement, dans le cortex préfrontal ventromédian, qui est impliqué dans les sentiments de plaisir et de renforcement positif – le réseau neuronal de «l’altruisme pur». C’est-à-dire que cela déclenche en nous l’envie de rendre service à autrui sans aucun calcul de notre part ; nous agissons alors sans même espérer le moindre remerciement, ni même le moindre clin d’œil complice gratifiant, juste pour rendre service, par simple générosité (ex. : pousser la voiture d’un inconnu qui est bloquée dans la neige).


– Exprimer régulièrement de la gratitude développe l’altruisme. Ceux qui ont fait part de gratitude dans leur journal personnel durant trois semaines d’affilée ont nettement gagné en altruisme. Ce qui n’a pas été le cas de ceux qui ont juste rempli leur journal personnel, sans prendre le soin d’y faire preuve de gratitude.


Que retenir de tout ça ? Ceci, de toute évidence :


> Qui entend gagner en générosité au travail se doit d’exprimer régulièrement sa gratitude envers autrui. Il lui faut remercier les uns et les autres quasi quotidiennement pour leurs petits comme leurs grands gestes effectués au travail. Pourquoi ? Parce que cela stimulera son cortex préfrontal ventromédian et parce qu’à force cela développera son altruisme. Et donc, son envie foncière d’œuvrer pour le bien collectif, et non plus pour son profit personnel. C’est aussi simple que ça. Et comment s’y prendre, au juste ? Deux suggestions : tenir votre journal personnel, comme dans l’expérience ; ou bien, débuter désormais chaque réunion de travail en demandant à chacun d’exprimer sa reconnaissance pour un collègue (que ce soit pour un petit ou un grand geste fait récemment).


En passant, l’écrivaine britannique Elizabeth Goudge a dit dans L’Arche dans la tempête : «La gratitude va de pair avec l’humilité, comme la santé avec l’équilibre».


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À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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