Quelles leçons tirer du congédiement de Pierre Gauthier?

Publié le 30/03/2012 à 09:12, mis à jour le 30/03/2012 à 09:12

Quelles leçons tirer du congédiement de Pierre Gauthier?

Publié le 30/03/2012 à 09:12, mis à jour le 30/03/2012 à 09:12

Brad Pitt incarne Billy Bean dans le film Moneyball. Photo : DR.

BLOGUE. Geoff Molson, le président du Canadien de Montréal, n’avait pas le choix : il devait virer au plus vite Pierre Gauthier, le directeur général du club de hockey de Montréal. Pourquoi? Parce que l’équipe ne participera pas aux séries éliminatoires? Parce qu’elle n’a jamais enregistré autant de défaites (48) en une saison? Parce que, médiocre communicateur, il s’est mis les partisans à dos? Pas franchement! La véritable raison est que M. Gauthier ne connaît rien… aux statistiques.

Vous avez peut-être du mal à me croire. Alors je vous invite à lire ce qui suit attentivement…

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Savez-vous à quoi me fait penser le congédiement de M. Gauthier? À un film intitulé L’art de gagner (Moneyball, en anglais) qui met en vedette Brad Pitt. En effet, on y découvre l’histoire incroyable de Billy Beane, qui a su mener au triomphe une équipe contre qui tout sembler jouer a priori. À la fin d’une saison, les A’s d’Oakland voient leurs trois meilleurs joueurs signer de juteux contrats avec d'autres équipes de la Ligue majeure de baseball et le nouveau directeur général Billy Beane, un ancien joueur qui n'a pas eu la carrière espérée, doit rebâtir l'équipe. Comble de malchance, le budget est on ne peut plus mince. Comment se sortir du pétrin? C’est là que le film devient passionnant pour qui se pique de management et de leadership…

Ainsi, Billy Beane est tombé sur un livre d’un auteur détonant dans l’univers du baseball de l’époque, à savoir Bill James. Ce dernier, féru de baseball et de statistiques, a mis au jour le fait que les statistiques habituellement utilisées pour évaluer les joueurs et les équipes n’étaient pas si fiables que ça. Certaines données étaient, à son sens, surévaluées, et d’autres, sous-évaluées. Il s’est alors amusé à rééquilibrer tout cela et a refaire les calculs de saisons passées. Résultat? Il était en mesure de prédire quels joueurs allaient performer et lesquelles allaient enregistrer de piètres performances! Et ce, alors que les prétendus experts, eux, s’étaient largement trompés dans leurs pronostics d’avant-saison.

Pour en avoir le cœur net, Billy Beane a décidé de recruter Paul DePosta, un économiste fraîchement diplômé de Harvard qui ne connaissait pas grand-chose au baseball, pour se plonger dans les statistiques du baseball, avec le regard d’un Bill James. L’idée était de concocter une méthode originale pour recruter ni plus ni moins que des perles rares, à savoir des joueurs prometteurs qui sont pourtant passé sous le radar des recruteurs des grandes équipes de la Ligue majeure. Billy Beane voulait des prodiges à petits prix.

L’économiste a compris la mission qui lui était attribuée et s’y est dédié corps et âme. Il a passé son temps dans les chiffres et les algorithmes, et découvert une chose intéressante : ces perles rares existent bel et bien. Il s’agit de jeunes joueurs qui présentent des «défauts» aux yeux des recruteurs : un peu trop âgés, un peu trop indisciplinés, un peu trop ci, un peu trop ça, etc.

M. DePodesta est catégorique. Il n’a aucun doute qu’il a mis la main sur une mine d’or ignorée de tous. Il se met aussitôt à surfer sur le Web, et identifie ainsi des recrues potentiellement très intéressantes. L’ennui, c’est que cela contredit tout ce que dit le Grand livre du baseball, c’est-à-dire les règles établies par des décennies d’enseignements d’experts de haut-vol. Jamais personne n’a ainsi eu l’idée saugrenue de recruter des joueurs dont personne ne veut, en se basant uniquement sur des fiches de statistiques individuelles dénichées sur le Web.

Bien entendu, Billy Beane a eu du mal à s’y faire. Mais, il s’y est fait. Et cela a été payant au-delà de tous les espoirs. En 1999, les A’s d’Oakland disposaient du 11e budget (sur 14) de la Ligue majeure et se sont pourtant classés au 5e rang du classement final. En 2000, ils avaient le 12e budget et ont fini à la 2e place. En 2001, même chose que l’année précédente. Enfin, en 2002, ils avaient encore le 12e budget, et ont terminé au 1er rang.

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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