Pourquoi tant de méchanceté en vous?

Publié le 02/02/2012 à 09:16, mis à jour le 03/02/2012 à 13:27

Pourquoi tant de méchanceté en vous?

Publié le 02/02/2012 à 09:16, mis à jour le 03/02/2012 à 13:27

Vous faîtes-vous parfois peur, en songeant à la méchanceté en vous? Photo : DR.

BLOGUE. Avez-vous remarqué, comme moi, qu’il ne se passe pas une journée sans assister à un acte de méchanceté? Une médisance d’un collègue à propos d’un autre, sous le couvert de l’humour. Un coup de coude dans le métro pour avoir un peu plus de place. Ou ne serait-ce qu’un regard furieux à l’attention d’un quidam. La question saute à l’esprit dès qu’on s’y arrête deux secondes : mais au fond, pourquoi agissons-nous ainsi, alors qu’il serait nettement plus intéressant pour tout le monde de collaborer ensemble, dans la joie et la bonne humeur?

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Bon , vous voyez sûrement où je veux en venir : la méchanceté nous pourrit nos journées, alors y a-t-il moyen de s’en prémunir, ou à tout le moins d’atténuer sa fréquence et son effet? Eh bien, j’ai peut-être trouvé une ébauche de réponse dans une étude passionnante intitulée Spite : Driven by human root motivation to be number one et signée par Xinzhen Yu, professeur à l’Antai College of Economics and Management de la Shangai Jiao Tong University (Chine). Celle-ci montre que la méchanceté peut être contrôlée, voire diminuée, à condition d’adopter une toute nouvelle approche de la vie…

Le chercheur a démarré sa réflexion sur la méchanceté à partir des travaux du biologiste britannique William Donald Hamilton, décédé en 2000 et célèbre depuis les années 1960 pour ses recherches sur l’évolution. Peut-être avez-vous d’ailleurs entendu parler de la «loi d’Hamilton». Cette dernière stipule grosso modo que dans chaque espèce, les individus privilégient les comportements de coopération avec leurs parents génétiques les plus proches, car en se dévouant de la sorte, ils favorisent la propagation de leurs propres gènes. C’est-à-dire que nous nous montrons altruistes parce que, de manière inconsciente, nous y avons un intérêt.

Quelques précisions… En 1964, M. Hamilton a publié un article scientifique qui a fait sensation, intitulé The General Evolution of Social Behavior. Celui-ci donnait une réponse à l’une des grandes interrogations découlant de la théorie de l’évolution de Darwin : pourquoi les primates – et donc les hommes – ont-ils des comportements altruistes, alors que cela est souvent «coûteux», voire «dangereux» pour celui qui agit ainsi? Pensons à un enfant tombé dans la rivière : comment se fait-il qu’un adulte se précipite à son secours, même s’il sait que les tourbillons risquent de l’emporter lui aussi?

L’explication alors donnée était que nous sommes tous soumis à une règle génétique, à savoir l'«aptitude darwinienne globale» (inclusive fitness, en anglais). Elle considère que : «Les comportement altruistes seront favorisés par la sélection, si les «coûts» (ou risques, si vous préférez) pour agir de manière altruiste sont moindres que les «bénéfices» (ou avantages) escomptés».

Bref, nous avons un «intérêt» à être altruiste, un intérêt qui décroît en fonction du coefficient d’apparentement. La formule est la suivante : RB>C ; où R est le coefficient d’apparentement entre l’acteur et le bénéficiaire, B la somme des bénéfices pour tous les individus affectés par le comportement, C le coût pour l’acteur. Elle donne un résultat de 100% pour un individu sauvant sa propre peau, de 50% lorsqu’il vole au secours de ses proches (enfant, parent, frère ou sœur), et de 25% pour les grands-parents, petits enfants, et autres demi-frères et demi-sœurs.

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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