Pourquoi n'avez-vous pas vraiment le goût du risque?

Publié le 09/02/2012 à 09:29, mis à jour le 10/02/2012 à 14:08

Pourquoi n'avez-vous pas vraiment le goût du risque?

Publié le 09/02/2012 à 09:29, mis à jour le 10/02/2012 à 14:08

Tentés, ou pas? Photo : DR.

BLOGUE. Vous comme moi, nous sommes plus ou moins convaincus d’être des personnes qui aiment le risque, du moins prendre des risques calculés, à l’occasion. Comme lorsqu’on accélère en passant à l’orange, lorsqu’on se met à draguer une belle créature, ou encore lorsqu’on se jure que, demain, on apprendra à nager en apnée. Nous nous confortons dans cette belle image de nous-mêmes. Mais bon, cela colle-t-il à la réalité?

Découvrez mes précédents posts

Plus : suivez-moi sur Facebook et sur Twitter

Oui, sommes-nous véritablement amateurs de risque? De vrai risque? Eh bien, sachez que la réponse est… «Non». Non, vous n’êtes pas prêt à rouler à 110 km/h, les yeux fermés pendant 10 secondes. Non, vous n’irez jamais dans une black room remplie d’anonymes lubriques. Et non, vous ne resterez jamais sous l’eau sans respirer pendant deux minutes. Pourquoi? Parce que votre cerveau vous «hurle» de ne pas commettre la moindre action mettant votre vie en jeu. C’est plus fort que vous, c’est plus fort que moi, c’est plus fort que nous tous.

Cela étant, il convient de nuancer. En vérité, notre réaction dépend du risque que l’on entend courir. C’est qu’il y a deux catégories de risques : les risques que l’on prend pour gagner quelque chose, et ceux pour éviter de perdre quelque chose. L’air de rien, cette distinction fait toute la différence! C’est ce que j’ai appris dans une étude passionnante, intitulée A neuropsychological approach to understanding risk-taking for potential gains and losses, et signée par six experts en matière de psychologie : Irwin Levin (University of Iowa, États-Unis), Gui Xue (University of Southern California, Etats-Unis), Joshua Weller (Decision Research, Etats-Unis), Martin Reimann (University of Southern California, Etats-Unis), Marco Lauriola (University of Rome, Italie) et Antoine Bechara (University of Southern California, Etats-Unis).

Ainsi, les six chercheurs ont commencé par consulter un grand nombre d’études sur la prise de risque, et en particulier les travaux de Kahneman et Tversky (1979), qui font référence depuis des décennies. Et ils y ont décelé de nombreux signes laissant croire qu’il pouvait bel et bien y avoir un fonctionnement différent du cerveau en fonction de la prise de risque en question, soit celle où l’on peut gagner quelque chose et celle où l’on peut perdre quelque chose. Puis, ils ont procédé à des expériences pour tenter de le vérifier.

Sautons immédiatement à leurs trouvailles, on ne peut plus intéressantes pour qui est amené à prendre des décisions importantes dans le cadre de son travail, et même des décisions parfois risquées…

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

Blogues similaires

Divulgation ESG: le Canada très en retard sur les États-Unis

04/09/2019 | Diane Bérard

BLOGUE. La moitié des sociétés du S&P/TSX produit un rapport de type ESG, alors que 4/5 sociétés du S&P 500 le font.

Les salutations de Jacques Ménard... ainsi que les miennes

Édition du 30 Juin 2018 | René Vézina

CHRONIQUE. C'est vraiment la fin d'une époque chez BMO Groupe financier, Québec... et le début d'une nouvelle. ...