Pour être heureux, vaut-il mieux avoir du temps ou de l'argent?

Publié le 08/02/2016 à 08:30

Pour être heureux, vaut-il mieux avoir du temps ou de l'argent?

Publié le 08/02/2016 à 08:30

Prendre son temps, ça n'a pas de prix... Photo: DR

Le temps et l'argent. Dans la vie, nombre de nos choix existentiels reviennent à choisir entre l'un et l'autre. Prenons un exemple... Vaut-il mieux travailler plus d'heures et ainsi gagner plus d'argent, ce qui peut nous permettre de nous offrir des biens ou des expériences qui nous font rêver depuis des années (ex.: une semaine à Cuba)? Ou vaut-il mieux travailler moins d'heures et, certes, gagner moins d'argent, mais avoir ainsi davantage de temps à nous (ex.: pour jouer une heure de plus par jour avec nos bambins)? Pas facile de trancher, n'est-ce pas?


Et pourtant, si, il est aisé de résoudre ce dilemme! Car, si l'on part du principe que nous cherchons tous à être le plus heureux possible, il existe une réponse claire et nette. Cette réponse, je l'ai dénichée dans une étude intitulée Valuing time over money is associated with greater happiness, laquelle est signée par Elizabeth Dunn, professeure de psychologie à l'Université de Colombie-Britannique à Vancouver (Canada), assistée de son étudiante Ashley Whillans. La voici explicitée.


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Les deux chercheuses ont tout d'abord mené une petite expérience auprès d'une centaine d'étudiants de leur université. Il s'agissait de remplir un questionnaire aux choix binaires comme celui-ci : "Qui a raison, d'après vous : Tina ou Maggie?


> Tina attache plus d'importance au temps qu'à l'argent. Elle est disposée à sacrifier un peu d'argent pour pouvoir bénéficier de davantage pour elle. Par exemple, elle est tentée par l'idée de travailler non pas cinq, mais quatre jours par semaine.


> Maggie attache plus d'importance à l'argent qu'au temps. Elle est disposée à sacrifier un peu de son temps à elle pour pouvoir gagner plus d'argent. Par exemple, elle est tout à fait prête à faire des heures supplémentaires rémunérées en conséquence."


Ce questionnaire leur a permis d'attribuer à chaque participant une note en lien avec ce qu'elles ont appelé une Mesure d'Orientation de Ressources. C'est-à-dire qu'elles ont peu évaluer la préférence générale de chacun envers soit le temps, soit l'argent. Et elles ont découvert, après avoir répété l'expérience avec les mêmes personnes trois mois plus tard, que la note était constante dans le temps.


Puis, elles ont repris la même expérience, cette fois-ci auprès de plus de quatre mille volontaires américains et canadiens, en leur demandant de surcroît de répondre à des questions permettant d'évaluer leur bonheur dans la vie. Simple, n'est-ce pas?


Résultats? Asseyez-vous bien avant de lire ce qui suit :


> Avantage au temps à soi. Ceux qui accordent plus d'importance au temps à soi qu'à l'argent sont, en général, plus heureux dans la vie que ceux pour qui l'argent est plus important que le temps à soi. Plus précisément, ils sont «un peu plus heureux», mais ce "un peu" est malgré tout significatif, au point de faire «une différence appréciable», indiquent les deux chercheuses.


Pourquoi le temps à soi procure-t-il plus de bonheur que l'argent? Mmes Dunn et Whillans, au vu des résultats, estiment que la raison principale vient du fait que lorsqu'on privilégie le temps à l'argent on est amené à faire des choix de vie plus propices à la satisfaction de notre besoin viscéral de petites joies et de grands bonheurs.


Exemple : ceux qui privilégient le temps sont appelés à vivre plus d'heures épanouissantes que les autres, en ce sens qu'il s'agit là d'heures passées avec ceux qu'ils aiment (après-midi de semaine en amoureux,...) ou passées à se faire du bien (gym, etc.).


Autre exemple : ceux qui privilégient le temps ont le réflexe de diminuer autant que possible les périodes de temps pénibles à vivre. Ainsi, ils feront en sorte que leur logement soit le moins loin possible de leur lieu de travail, quitte à payer pour cela un loyer plus cher, histoire de passer moins de temps dans le trafic le matin comme le soir. Et ce, contrairement à ceux qui font le choix inverse.


Que retenir de tout cela? Ceci, à mon avis :


> Qui entend accroître son bonheur au travail comme dans la vie se doit de donner la priorité au temps à soi plutôt qu'à l'argent. À chaque fois qu'il lui faut trancher entre temps et argent, il lui suffit de choisir le temps à soi pour s'assurer d'être plus heureux par la suite. Car l'argent gagné, par exemple, à faire des heures supplémentaires ne remplacera jamais la satisfaction procurée par le temps qu'il aurait pu passer, à la place, à jouer avec ses enfants, à prendre une bière avec ses chums, ou encore à plonger son regard dans les yeux de sa blonde, à la lumière de chandelles rouges.


En passant, l'actrice américaine Sharon Stone a confié au magazine Studio : «Le plaisir est fugitif, pas le bonheur».

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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