Les 3 astuces de Serge Marquis pour bien gérer votre ego

Publié le 09/03/2016 à 06:25

Les 3 astuces de Serge Marquis pour bien gérer votre ego

Publié le 09/03/2016 à 06:25

L'idée, c'est de faire péter votre propre balloune, le moment venu... Photo: DR

Serge Marquis. Je suis sûr que vous connaissez le bonhomme. Sûr et certain. Soit vous avez déjà assisté à l'une de ses conférences (toujours mémorables, parce qu'il a le le don de nous faire passer du rire aux larmes). Soit vous avez déjà lu son bestseller Pensouillard le hamster - Petit traité de décroissance personnelle (qui ne cesse de trôner en tête des ventes depuis sa parution en 2011). Vous voyez.

Eh bien, il se trouve que le docteur Serge Marquis a décidé de vous faire une fleur aujourd'hui. Oui, rien qu'à vous, lecteurs et lectrices du blogue «En Tête». À l'occasion de la sortie de son roman Egoman (Guy Saint-Jean Éditeur, 2016), je lui ai demandé quels étaient les enseignements qu'on pouvait retirer de son nouvel ouvrage. Et - tenez-vous bien - il s'est prêté au jeu!

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Voici donc ce qui ressort d'Egoman d'après son auteur, un éminent spécialiste du stress, de l'épuisement professionnel et de la détresse psychologique au travail. Et par suite ce que vous pouvez changer dans votre quotidien au bureau pour faire taire votre ego lorsque celui-ci se met à vous nuire dangereusement. À noter que chaque enseignement est illustré d'un extrait du roman...

Pour commencer, les trois principes fondamentaux de l'ego selon Serge Marquis, tels qu'il me les a présentés :

1. L’ego cherche constamment à protéger ou à accroître ce qui le constitue. Or, il est constitué de tout ce à quoi on s’identifie au cours d’une vie : ses biens, ses connaissances, ses succès, ses réussites, ses opinions, ses idées, ses croyances, etc. Il en veut donc toujours plus et craint de perdre ce qu’il a déjà.

2. Le cerveau ne fait pas la différence entre une menace à la survie et une menace à l’ego. Dans les deux cas, il déclenche la même réaction de stress. Voilà pourquoi il met les corps en mode lutte ou fuite en pleine réunion : un froncement de sourcil suffit pour qu’une idée se sente attaquée. De là l’origine de nombreux conflits dans les organisations.

3. L’attention ne peut pas être à deux places en même temps. Si elle est accaparée par le jugement sur l’autre - «L’imbécile, l’idiot, le crétin» - ou par le jugement sur soi-même - «Je ne suis pas assez intelligent, trop gros, trop lent ou trop laid» -, elle ne peut plus être dans le moment présent en train de créer, d’imaginer ou de résoudre des problèmes.

Une fois qu'on a compris ça, on peut imaginer différentes stratégies pour contrer les réactions néfastes pour nous de notre maudit ego. Serge Marquis en indique trois dans son roman :

1. Entraînez-vous à ramener votre attention dans le présent. On appelle ça «méditer dans l’action». Pendant que vous mangez, par exemple, demandez-vous si vous êtes en train d’accuser votre patron ou vos employés de tous les maux. Ramenez alors votre attention sur le vin que vous avez en bouche. Comme l’attention ne peut pas être à deux places en même temps, le discours qui cherche à protéger l’ego se calme. Et l’attention devient disponible pour trouver des solutions.

Dans le roman, à la page 360, une adolescente, Marie-Lou, raconte qu’elle est parvenue à faire ça :

«Quant à moi, grâce à Charlot, j’attrape maintenant les pensées inutiles. Je me rends compte presque tout de suite quand elles commencent. Enfin, quelque chose dans mon cerveau s'en rend compte. Des pensées comme : "Pourquoi est-ce toujours à moi que ça arrive?" Je me rends compte que c'est Egoman qui parle. Il dit de lui qu'il est tellement important que ça ne devrait jamais lui arriver. Seulement aux autres. La maladie. La malchance. Les pertes. Tout. Seulement aux autres. Lui, il devrait être immortel tellement il est important. Et toujours chanceux. Gagner. Toujours. Toujours. Alors, quand il y a ces pensées dans mon cerveau, quelque chose dit : "Allez, Marie-Lou, reviens ici, reviens ici!" On peut appeler ça la conscience ou la vigilance, c'est le docteur Georges qui appelle ça comme ça, moi je ne sais pas. Mais quand je fais : "Allez Marie-Lou, reviens ici, reviens ici!" et que mon attention revient dans mes yeux, mes oreilles ou ma peau, alors hop, les pensées s'arrêtent. Les pensées qui ne servent à rien. Qui font mal à la tête et ailleurs. Et aux autres. De l'obstruction. Du brouillard. Des perturbations. La vraie vie, docteur Maryse, celle que vous essayez de protéger, c'est quand il n'y a pas ces pensées qui empêchent de regarder, d'entendre ou de sentir. (...)

«J'ai changé. Egoman n'a plus le contrôle de ma vie, docteur Maryse. (...) "Si je parle, va-t-on m'écouter?" C'est ce que je me disais à l'époque, docteur Maryse. Egoman tirait mes neurones comme on dit de quelqu'un qu'il tire les ficelles. Il tirait les ficelles de ma vie. Ma tête était une de ses nombreuses maisons. Il en a des milliards de maisons, Egoman. Il y contrôle tout. Et très peu de personnes s'en rendent compte. Elles ne vivent pas leur vie, c'est Egoman qui la vit à leur place. Il est le seul maître à bord. Dans ma tête, il n'y a plus de maître, docteur Maryse. Seulement de la présence. Comprenez-vous ce que je veux dire?»

2. Saisissez qu’une attaque à l'encontre d'une de vos idées ou opinions n’est pas une menace à votre survie.

À la page 373, Marie-Lou, à nouveau :

«Ce que les êtres humains prennent pour de l’amour, ce n’est pas une rencontre d’égal à égal, mais une rencontre d’ego à ego. Egoman affronte Egoman. Ils entrent dans une bataille et n'apprennent jamais ce qu'est la paix. Ils gagnent, perdent, s'enfuient, mais demeurent toujours prisonniers du besoin de se battre, de prouver qu'ils ont raison et que l'autre a tort. Ils passent de combat en combat toute leur vie avec l'illusion d'avoir aimé. Ils ne comprennent pas qu'aimer, c'est d'abord et avant tout être libre de toute attache ; ne plus être prisonnier du besoin de gagner pour sentir qu'on est vivant. Je n'ai plus besoin qu'on m'aime, Charlot, et je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Je peux enfin aimer...» 

3. Servez-vous de vos sens pour éviter d’enregistrer ce qui peut être perçu comme une injure ou une insulte. Et par suite, pour éviter de la répéter inutilement dans votre tête durant des heures, voire des jours, des mois ou même des années. Faites cesser, par conséquent, une souffrance inutile. Mettez votre créativité au service d’une paix intérieure à la fois constructive et reliante.

À la page 176, la maman de Charlot raconte à la docteur Maryse que son garçon a eu l'idée de recourir au dessin pour chasser, au moins temporairement, Egoman de sa tête :

«- Charlot a découvert une merveilleuse façon de se libérer, chère Maryse. De mettre ses ["agresseurs"] dehors. Il ne laisse pas sa mémoire occuper toute sa tête! Son attention se consacre aux couleurs, aux traits, aux contrastes. L'art jette les cailloux sur du papier et leur donne des formes nouvelles. C'est moins douloureux. La beauté remplace la peur. Les injures quittent alors la cervelle. Dis-moi, Charlot, ces dessins, c'est Egoman?

- Oui, c'est ce qu'il m'a dit, [confirme l'enfant].»

Voilà. Vous disposez à présent de trois trucs pratiques pour vous sentir mieux au travail. Il vous suffit de les appliquer jour après jour, le moment venu, et le tour sera joué!

En passant, l'auteur québécois Denys Lessard a dit dans L'Enjeu des mots : «L'ego est un "je" d'enfant».

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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