Le pouvoir rend-il moins empathique?

Publié le 03/09/2013 à 09:09, mis à jour le 03/09/2013 à 06:45

Le pouvoir rend-il moins empathique?

Publié le 03/09/2013 à 09:09, mis à jour le 03/09/2013 à 06:45

> Impuissants. Certains des participants devaient raconter en détails un moment de leur vie où quelqu'un avait un pouvoir total sur eux.

> Neutres. D'autres devaient décrire ce qui leur était arrivé de marquant la veille.

> Puissants. Les autres devaient raconter en détails un moment de leur vie où ils avaient eu un pouvoir total sur autrui.

Dans un second temps, chacun a dû regarder sur l'écran de l'ordinateur un vidéo royalement ennuyeuse : une main droite en train de compresser lentement une balle en mousse, puis de relâcher la pression tout aussi lentement, et ce, sept fois de suite. À noter que chaque participant était alors doté de capteurs placés à des endroits précis de la tête, histoire d'en relever l'activité cérébrale.

L'objectif consistait à observer l'éventuelle activation des neurones miroirs des participants. Les neurones miroirs? C'est une catégorie de neurones qui s'activent lorsque nous entreprenons une action ainsi que lorsque nous observons quelqu'un entreprendre une action, d'où le terme de miroir. C'est grâce à eux, par exemple, que nous sommes capables d'apprendre par imitation : quand l'enfant regarde le professeur écrire une belle lettre "a" au tableau, il fait fonctionner ses neurones miroirs pour s'imaginer en temps réel à la place du professeur en train d'écrire la belle lettre "a", ce qui va lui permettre, dans la seconde qui suit, de répéter le mouvement sur son cahier d'écolier.

C'est aussi en grande partie grâce à eux que nous sommes capables d'empathie. Car les neurones miroirs nous permettent de percevoir l'émotion d'autrui, de l'identifier et surtout de la ressentir à notre tour, par procuration. Prenons un exemple : la partie antérieure du lobe de l'insula est une partie de notre cerveau qui entre en action dès lors que nous éprouvons du dégoût, mais aussi lorsque nous voyons autrui exprimer du dégoût.

Là, les trois chercheurs ontariens cherchaient à savoir ce qui se passait dans notre tête lorsque nous regardons quelqu'un entreprendre une action banale (compresser une balle en mousse), selon que l'on était mentalement conditionné à se sentir puissant ou impuissant.

Résultats? Renversants…

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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