6 trucs ultrasimples pour rendre vos employés vraiment efficaces

Publié le 30/05/2016 à 06:29, mis à jour le 30/05/2016 à 09:45

6 trucs ultrasimples pour rendre vos employés vraiment efficaces

Publié le 30/05/2016 à 06:29, mis à jour le 30/05/2016 à 09:45

Être heureux et efficace dans son travail, ça va de paire... Photo: DR

Engagement, flexibilité, épanouissement… La liste des termes à la mode en management est longue, ces temps-ci. Pourtant, il y en a un que je vois rarement passer, c’est celui d’efficacité. Comme si être efficace dans son travail n’était plus vraiment quelque chose d’important.

Surprenant, n’est-ce pas? D’autant plus que, me semble-t-il, un grand nombre des termes aujourd’hui à la mode en découlent : par exemple, comment peut-on imaginer que quelqu’un s’épanouisse dans son travail s’il ne s’y montre pas efficace?

Découvrez mes précédents billets

Mon groupe LinkedIn

Ma page Facebook

Mon compte Twitter

D’où l’interrogation qui me taraude depuis un moment : «Comment pourrions-nous, vous comme moi, nous montrer plus efficaces dans notre quotidien au bureau?» La bonne nouvelle du jour, c’est que je suis tombé sur une réflexion passionnante à ce sujet dans un livre intitulé Pourquoi on travaille (Marabout, 2016) de Barry Schwartz, professeur de psychologie au Swarthmore College, en Pennsylvanie (États-Unis). Cet ouvrage est issu de la collection TEDBooks, qui présente des synthèses de thèmes régulièrement abordés lors des fameuses conférences TED.

Vous me connaissez, je vais me faire un plaisir de partager avec vous cet extrait. Car je suis convaincu qu’il vous permettra de mieux comprendre les ressorts de l’efficacité au travail, et par suite, d’améliorer la vôtre comme celle de vos employés…

«Il ne fait aucun doute que l’attitude des individus face à leur emploi est importante. Cependant, je pense qu’il y a des limites à ce qu’une personne peut faire, sur le plan psychologique, pour envisager un travail sans âme comme une tâche chargée de sens. Et ce, même s’il suffit parfois d’un infime changement pour transformer quasiment n’importe quel métier en activité riche de sens. Ce qui, on s’entend, rend le travail plus agréable pour ceux qui l’accomplissent, pour les entreprises qui les emploient et pour ceux qui en bénéficient.

«Intéressons-nous à ce dernier point, qui donne matière à réflexion. Si une activité satisfaisante rend les personnes qui l’accomplissent plus efficaces, la concurrence sur les marchés aurait dû veiller à ce que chaque entreprise organise le travail de manière à ce que leurs salariés en tirent de la satisfaction.

«De fait, imaginons que l’environnement dans votre entreprise soit rigide, monotone, hiérarchisée et punitif. Un concurrent qui créerait un lieu de travail moins hostile, permettant l’épanouissement de ses salariés, deviendrait dès lors plus productif, et parviendrait assez vite à surclasser votre entreprise, voire à la faire disparaître du marché. Étant donné que la concurrence sur les marchés existent depuis longtemps, les conditions de travail auraient donc dû évoluer en ce sens.

«Comment cela se fait-il que cette évolution a priori logique n’aie pas vu le jour? Eh bien, c’est que ce raisonnement est erroné. Jeffrey Pfeffer, un professeur de comportement organisationnel à Stanford (États-Unis), l’a expliqué dans son livre The Human Equation.

«Il ne s’intéressait pas spécialement aux éléments nécessaires à la création d’environnements propices à l’épanouissement des individus. Son propos était de déterminer ce qu’il fallait pour créer des espaces de travail rentables - comprendre les éléments permettant à une entreprise de croître et d’être rentable de manière durable.

«Or, son analyse l’a amené à saisir que ce qui fait qu’une entreprise réussit recouvre en grande partie ce qui fait aussi qu’une entreprise est agréable à vivre pour ses employés. Comme il le dit lui-même, «une bonne entreprise crée des salariés ‘très impliqués’, et un salarié très impliqué a à coeur de bien faire son travail».

«Jeffrey Pfeffer a ainsi identifié six facteurs communs aux entreprises vraiment efficaces :

1. Sécurité d’emploi élevée. Ces entreprises-là assurent une sécurité d’emploi élevée, ce qui produit de la confiance et de la loyauté chez les salariés.

2. Autonomie et décentralisation. Elles instaurent des équipes autonomes et favorisent une prise de décisions décentralisée. Les salariés ont beaucoup de latitude et d’autonomie, ce qui favorise aussi la confiance. Ce qui amène à réduire drastiquement le nombre de managers chargés de les surveiller.

3. Rémunérations supérieures. Elles versent des rémunérations supérieures à celles du marché, ce qui permet aux salariés de se sentir appréciés. Cependant, elles ne s’appuient pas outre mesure sur les incitations financières individuelles afin d’inciter les uns et les autres à donner leur 110%. Lorsque l’entreprise affiche de bons résultats, tous les salariés en profitent par le biais d’une participation aux bénéfices. Ainsi, tout le monde appartient à un tout.

4. Nombreux programmes de formation. Elles dispensent beaucoup de programmes de formation, à la fois pour les nouvelles recrues et pour les salariés en poste depuis nombre d’années. Ces programmes constituent un investissement important dans le personnel, ce qui, là aussi, génère confiance et loyauté. Grâce à la formation continue, les salariés sont sans cesse confrontés à de nouveaux défis et acquièrent de nouvelles compétences.

5. Évaluation de performance light. Elles mesurent la performance de leur personnel, sans toutefois y accorder une importance excessive, confiantes d’une part que les salariés ont à coeur d’accomplir ce qui est bon pour l’entreprise et sa cliente et d’autre part qu’ils y parviendront.

6. Attention constante sur la mission. Elles mettent l’accent sur la mission de l’entreprise, non pas de manière épisodique, mais au quotidien. Et ce, à tous les échelons hiérarchiques, y compris celui du pdg.

«Les entreprises qui présentent toutes ces caractéristiques, ou à tout le moins la plupart d’entre elles, sont systématiquement les leaders de leur secteur d’activités. En revanche, celles qui distribuent des primes liées à la performance, qui pratiquent une surveillance étroite, qui réduisent la responsabilité individuelle et l’autonomie des salariés, ou encore qui rognent sur les programmes de formation sont, elles, toujours à la traîne.

«Jeffrey Pfeffer suggère même l’existence d’un cercle vicieux :

- Une entreprise commence à avoir des problèmes à cause de revenus plus faibles que d’habitude, ou bien de frais plus élevés qu’auparavant.

- Elle réduit en conséquence ses frais et ‘rationalise’ son fonctionnement : moins de programmes de formation, baisse des salaires, licenciements, travail à temps partiel, gel des embauches, etc.

- Ces changements amènent une baisse de la motivation des salariés, lesquels ne cherchent même plus à exceller dans leur travail : ils n’appuient plus sur l’accélérateur, le travail est moins bien fait qu’avant, le service à la clientèle est moins bon que d’habitude, etc.

- Tout cela crée de nouveaux problèmes pour l’entreprise. Et on est reparti pour un tour dans la spirale infernale!

«En résumé, les remèdes traditionnels - réduction des coûts, vague de licenciements, gel des embauches,... - apportés aux maux traditionnels de l’entreprise - baisse des revenus, hausse des frais, diminution de la productivité,… - ne font qu’empirer le mal. Et, par la même occasion, nuisent à l’efficacité de l’ensemble de l’entreprise comme de chaque employé.

«C’est pourquoi il convient de transformer le cercle vicieux en cercle vertueux. Comment? Tout bonnement en instaurant au sein de l’entreprise «une atmosphère de construction et d’expansion», selon l’expression de la psychologue américaine Barbara Fredrickson. À savoir, en veillant à acquérir le plus de points communs possible avec les entreprises vraiment efficaces, comme l’a énoncé Jeffrey Pfeffer.»

Voilà. Vous disposez à présent de six trucs ultrasimples pour transformer le cercle vicieux qui vous fait tant souffrir en un cercle enfin vertueux. Et donc, pour voir vos employés devenir plus efficaces que jamais dans leur quotidien au travail.

En passant, l’écrivain québécois Jean-François Somain a dit dans La Vraie couleur du caméléon : «Le bonheur consiste sans doute à jongler efficacement avec les multiples réalités qui nous atteignent».

Découvrez mes précédents billets

Mon groupe LinkedIn

Ma page Facebook

Mon compte Twitter

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

Blogues similaires

Divulgation ESG: le Canada très en retard sur les États-Unis

04/09/2019 | Diane Bérard

BLOGUE. La moitié des sociétés du S&P/TSX produit un rapport de type ESG, alors que 4/5 sociétés du S&P 500 le font.

Les salutations de Jacques Ménard... ainsi que les miennes

Édition du 30 Juin 2018 | René Vézina

CHRONIQUE. C'est vraiment la fin d'une époque chez BMO Groupe financier, Québec... et le début d'une nouvelle. ...