Vive les parcours atypiques!

Publié le 10/09/2019 à 14:15

Vive les parcours atypiques!

Publié le 10/09/2019 à 14:15

Un poisson rouge qui saute d'un bocal à un autre.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Depuis que je me suis lancé en affaires, je réalise que rares sont les entrepreneurs que je rencontre qui ont étudié en entrepreneuriat ou en administration des affaires.

Ironiquement, le monde des affaires est l’un des rares domaines où il n’est pas nécessaire d’avoir étudié avant de se lancer et même d’y réussir.

Après tout, il faut étudier en droit pour être avocat, il faut étudier en soins infirmiers pour devenir infirmière et il faut un doctorat en psychologie pour être psychologue. Le monde des affaires, lui, fait bande à part.

En lisant la plupart des histoires des entrepreneurs du Québec inc., on s’aperçoit que la tendance est lourde. On peut littéralement réinventer le cirque en commençant comme cracheur de feu, on peut devenir l’empereur des dépanneurs en commençant comme gérant de district et on peut travailler dans une charcuterie et devenir l’un des leaders mondiaux dans le fromage et les produits laitiers.

Pour ma part, après avoir étudié dans un programme sport-études au cégep et avoir complété un baccalauréat en science politique, je me suis retrouvé à la tête d’une entreprise de production et de distribution de spiritueux.

Les parcours atypiques m’ont toujours intrigué et c’est peut-être pour cette raison qu’autant d’employés ont suivi cette voie dans ma propre équipe. Pharmacologue devenue directrice marketing, styliste devenu relationniste de presse, kinésiologue devenu vice-président… 

À force de m’intéresser à ce sujet, je réalise que les personnes ayant un tel parcours deviennent souvent d’excellents entrepreneurs et intrapreneurs. Je dis souvent qu’un bon entrepreneur est plus un généraliste qu’un spécialiste. 

Certes, certains emplois nécessitent une connaissance profonde d’un sujet bien précis. Cependant, l’entrepreneuriat offre une certaine flexibilité qui permet de naviguer au quotidien d’un sujet à l’autre, tout en gardant le cap sur l’objectif final.

En gros, que tu passes par Rome ou par San Francisco pour te rendre à Pékin m’importe peu. Ce que je veux est que tu te rendes à Pékin.

Bien sûr, lorsque l’on engage une personne avec un tel parcours, nous devons nous assurer qu’il y ait une logique derrière cette décision. Nous ne recherchons pas une personne qui passe de nouvelle expérience en nouvelle expérience après quelques mois. Nous recherchons plutôt une personne en quête d’une réelle passion.

Bien que les temps changent, ce genre de parcours a longtemps fait peur. «Il se cherche», «elle ne sait pas quoi faire de sa vie» est souvent ce que l’on entendait sur ce type de personnes. D’un point de vue plus personnel, combien de personnes m’ont découragé de me lancer dans une industrie dont je ne connaissais absolument rien.

Aujourd’hui, je réalise l’immense chance que j’ai eue de ne pas connaître l’univers des vins et spiritueux à mes débuts. Non seulement ça m’a permis de découvrir par moi-même quoi faire, mais surtout, ça m’a empêché de continuer à faire ce que j’aurais appris si j’avais travaillé dans le domaine.

Le monde du travail et celui des affaires sont en constante évolution. On ne fait plus aujourd’hui ce que l’on faisait hier et on ne fera pas demain ce que l’on fait aujourd’hui. Dans ce sens, les personnes ayant un parcours atypique ont l’avantage d’avoir prouvé qu’elles peuvent s’ajuster à une toute nouvelle situation et ça, c’est une réelle force à avoir!

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois