«Think big»: pourquoi les entrepreneurs américains dominent?

Publié le 17/08/2016 à 06:59

«Think big»: pourquoi les entrepreneurs américains dominent?

Publié le 17/08/2016 à 06:59

C’est presque devenu un classique de prendre en exemple nos voisins quand vient le temps de parler d’entrepreneuriat. Ils sont non seulement à la tête des plus grandes et des plus innovantes entreprises, ils sont leaders dans l’univers entrepreneurial dans presque tous les domaines.


Bien que de plus en plus de régions du monde commencent à leur faire compétition, elles sont encore à des années lumière de les rattraper. Qu’est-ce qui explique cette domination ?


Premièrement, il est important de noter que les États-Unis sont un pays d’immigration. Des millions de personnes ont traversé les océans depuis 1776, et même avant, à la recherche d’une vie meilleure. Fuyant la guerre, la maladie et les discriminations de toutes sortes, ces immigrants voulaient vivre le «American dream». Que ce soit lors de la conquête de l’Ouest ou de la renaissance américaine suivant la Deuxième Guerre mondiale, tous voulaient améliorer leur sort, la raison première de tout entrepreneur.


Savez-vous que dans la Silicon Valley, entre 1995 et 2005, 52% des entreprises ont été fondées par des immigrants de première génération, que ceux-ci se lancent deux fois plus en affaires que leurs compatriotes et qu’il y a eu une augmentation de 50% d’immigrants qui ont décidé de se lancer en affaires entre 1996 et  2011 !


L’esprit entrepreneurial des immigrants ne peut expliquer à lui seul le tout. Plutôt que de voir l’échec comme étant un point de non-retour, comme on le fait trop souvent au Québec, les Américains le perçoivent plutôt comme un incontournable. L’échec n’est pas agréable à vivre, mais c’est quand on se relève que l’on devient meilleur. Ils considèrent la réussite tout aussi candidement. Qu’elle soit d’estime ou monétaire, la réussite est très bien vue par la grande majorité d’Américains. Pas de jalousie ou de préjugés, la réussite est une conséquence directe du talent, du travail et des sacrifices que l’entrepreneur fait afin d’atteindre ses objectifs.


Le troisième point qui me saute aux yeux est leur esprit conquérant. Que ce soit d’être les premiers sur la lune ou premiers au tableau des médailles, les Américains veulent être premiers. Pour eux, l’importance n’est pas de participer, mais bien de gagner. Cette perpétuelle quête leur permet de se lancer en affaires en voyant grand. Ils ne veulent pas être le meilleur de la rue ou du quartier, ils veulent être les meilleurs au monde. La grande majorité n’y parviendra pas, cependant, ceux qui y arrivent dominent leur industrie comme nul autre. Prenons comme exemple Starbucks, Subway ou Nike, trois entreprises fondées par des entrepreneurs sans grands moyens, qui sont devenus, en quelques décennies, des leaders mondiaux incontestables.


Dernièrement, et peut-être le point le plus important, ils ont de l’argent ! Ma grand-mère me disait toujours que l’on fait du beurre d’arachide avec plus qu’une seule arachide. Il faut de l’argent pour faire de l’argent. Que je pense aux multiples fondations pro-entrepreneuriales qui financent le démarrage de milliers d’entreprises annuellement, à l’accès aux multiples fonds d’investissement de toutes sortes, à la plus grande écoute du système bancaire vis-à-vis les jeunes entrepreneurs ou de l’achat patriotique fortement encouragé, les Américains n’ont pas peur d’investir de l’argent pour en faire.


Il n’y a pas de secret, pour être une société riche en entrepreneurs, il faut foncer comme un entrepreneur. On ne peut pas vouloir des entrepreneurs sans prendre de risque, on ne peut pas encourager l’entrepreneuriat du bout des lèvres, c’est aussi simple que ça. Les Américains l’ont compris. Quand ils veulent être numéro un, ils mettent les bouchées doubles afin d’y arriver et c’est peut-être l’une des raisons qui les rend si dominants.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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