Quel mal y a-t-il à vouloir être numéro un?

Publié le 07/01/2020 à 11:18

Quel mal y a-t-il à vouloir être numéro un?

Publié le 07/01/2020 à 11:18

Une médaille d'or devant une piscine de nageurs.

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. C’est lors du brunch annuel du temps des Fêtes avec mes amis que j’ai découvert un autre sujet tabou au Québec, l’aspiration à vouloir être numéro un ! Viser une place dans le top trois, cinq ou dix passe, mais vouloir être numéro un, être le meilleur, soulève bien des discussions ! 

C’est en commençant une conversation très banale concernant notre nouvelle vie de parents (à quatre couples, nous avions cumulativement 12 enfants, le plus vieux âgé de 10 ans!) et sur ce que nous voulons, ou plutôt espérons pour nos enfants que les points de vue divergents ont commencé à surgir.

Pour les uns, il était primordial de ne mettre aucune pression et laisser l’enfant exercer une activité ou un sport sans esprit de compétition. Pour les autres, il fallait viser rien de moins que la première place, sinon, c’était ni plus ni moins, comme a dit mon ami, du «niaisage».

Personnellement, j’avais bien sûr une opinion, mais je m’amusais à les laisser s’obstiner afin de voir jusqu’où leurs convictions les mèneraient. Après quelques minutes, une de mes amies à stoppé net la conversation avant que les esprits s’échauffent… amicalement.

Étant père de deux petites filles en attendant la naissance d’un troisième enfant (eh oui!) et surtout étant un ancien athlète-étudiant qui débutait chaque match, ou entraînement, le couteau entre les dents, puis, finalement étant un entrepreneur qui veut atteindre les plus hauts sommets, le sujet m’interpelle particulièrement.

Dans la dernière année, nous avons inscrit ma fille de quatre ans (et demi, dirait-elle) dans différentes activités afin qu’elle découvre ce qui l’intéresse. Natation, ballet, gymnastique, patinage… j’ai découvert le fameux univers des parents qui rêvent que leurs enfants remportent une finale des Jeux olympiques ou atteignent la Ligue nationale de hockey avant leur 18e anniversaire! 

Phénomène bien connu dans les arénas de la province, les «parents coach» obsédés par la performance de leurs enfants sur la glace sont aussi présents dans d’autres sports.

Bien entendu, en tant que parent, je ne veux que du bien pour mes filles. Dans la société dans laquelle nous vivons, ce fameux bien est souvent représenté par la victoire. Comme on dit: arriver deuxième c’est bien, mais gagner c’est mieux! 

Ma nature compétitive est rapidement apparue dès que j’ai vu ma fille faire ses premiers pas, son premier tour de vélo ou son premier saut en trampoline. Depuis sa naissance, je me suis juré de ne pas lui mettre de pression et de la laisser s’amuser comme elle le veut bien.

Cependant, après quelques cours où je la voyais tourner en rond (et ne pas écouter le professeur du cours), j’ai réalisé que tout n’était pas noir ou blanc et qu’il fallait absolument trouver une zone grise. Autant je voulais qu’elle s’amuse sans aucune pression, autant je voulais qu’elle découvre aussi que c’était possible de faire une activité tout en ayant un objectif.

Avoir le courage de plonger pour la première fois, faire du vélo sans petites roues arrière ou réussir une pirouette sont, à mes yeux, des objectifs réalistes qui encouragent ma fille à s’amuser dans ses cours tout en ayant un objectif en tête. 

Je ne suis ni un spécialiste de l’enfance ni un psychologue sportif. Cependant, je crois être un bon papa. Autant mon rôle est de les laisser s’amuser, autant je crois sincèrement qu’il faut leur inculquer un esprit compétitif. Bien entendu, comme dans toute bonne recette, un savant mélange des deux est, selon moi, idéal.

Je trouve exagéré que mon ami veuille que ses enfants ne visent que la première place, mais j’ai tendance à comprendre sa logique. La victoire tout comme l’échec font partie de la vie de chaque être humain, qu’on le veuille ou pas. Vouloir à tout prix que son enfant gagne tout comme lui faire croire qu’il n’y a pas de gagnants dans la vie est selon moi identique. 

À bien y réfléchir, jamais on ne se lancerait en affaires sans espoir de réussite, jamais on ne commencerait un cours sans vouloir le réussir, jamais on ne commence une recette en espérant que le repas sera immangeable. 

De toute manière, que l’on parle des affaires, de sport ou de l’éducation de nos enfants, si on commence en ayant uniquement l’objectif d’une victoire en tête, on risque fort de ne pas l’atteindre. La vie est parsemée d’embûches qui nous obligent souvent à changer de plan et à nous réorienter. Cependant, comme dit l’adage, mieux vaut viser pour les étoiles, au pire on tombe dans les nuages!

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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