Mettons fin au Far West du vélo

Publié le 09/07/2019 à 11:05

Mettons fin au Far West du vélo

Publié le 09/07/2019 à 11:05

Un cycliste qui roule tout juste devant une voiture.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Au Québec, rares sont les sujets aussi sensibles que celui de la place du vélo en ville. 

Véritable tabou, on ne peut malheureusement pas en discuter tant, d’un côté comme de l’autre, les réactions sont démesurées. Pour les uns, le simple fait de voir un cycliste suffit à faire grimper leur tension artérielle. Pour les autres, la voiture est la raison du déclin de notre civilisation!

J’ose prendre la parole aujourd’hui, car je suis, depuis mon plus jeune âge, un amateur de ce superbe sport, on ne pourra donc pas m’accuser du contraire. Grâce à mon père, je suis tombé en amour avec le cyclisme. Du Tour de France au Mardi cycliste de Lachine en passant par les Grand prix cyclistes de Montréal et de Québec, j’admire ces athlètes qui bravent la route à vive allure sur deux petites roues.

Petit, mon père m’amenait tôt le matin à l’hôtel Delta, attendre des heures afin d’avoir sur mon t-shirt un autographe de Steve Bauer ou de Greg Lemond. Puis, en après-midi, on allait avec mon vélo Peugeot rouge et jaune conquérir la montée Camilien-Houde. 

J’ai arrêté de faire du vélo à l’adolescence. Le basket prenait tout mon temps et, pour tout vous dire, je trouvais la pratique du sport trop dangereuse à Montréal. L’état catastrophique des routes, jumelé à la malheureuse et inexistante cohabitation avec les voitures, a fait en sorte de mettre un terme à ces superbes moments père-fils. 

Mon amour et mon intérêt pour le cyclisme sont cependant restés au fil des années. Je ne vous dis pas à quel point j’ai été un fan fini de Lance Armstrong, de David Veilleux (premier Québécois à participer au Tour de France) et aujourd’hui d’Hugo Houle. Je ne peux pas vous dire à quel point j’étais fier de Gervais Rioux quand ses vélos, de marque Argon 18, sont devenus partenaires officiels de l’équipe Astana. Pour une province quasi-nordique, l’intérêt des Québécois pour le vélo est surprenant et merveilleux.

Cyclistes et automobilistes délinquants

Cependant, au fil des années, j’ai malheureusement vu l’image du vélo se dégrader. Pas une journée ne passe sans que je voie des cyclistes risquer leur vie en choisissant d’ignorer les plus simples consignes de sécurité. Respecter le code de la route, porter un casque, ne pas avoir d’écouteurs, ne pas rouler sur les trottoirs, rouler dans le sens de la circulation ou ne pas sortir lorsque la température ne le permet pas, comme en pleine tempête de neige… À mes yeux, ce n’est pas trop demander. 

Je vous entends déjà. Effectivement, bien des automobilistes ne respectent pas non plus les règles de base du code de la sécurité routière, et ne réalisent pas à quel point les cyclistes sont vulnérables. Cependant, ce n’est pas parce qu’une personne est imprudente qu’il faille l’être nous aussi.

L’arrivée des vélos libre-service n’a pas aidé à la cause. D’ailleurs, le phénomène n’est pas que Montréalais. Paris ne sait plus quoi faire tellement la situation est devenue dangereuse et hors de contrôle.

Dernièrement, les vélos JUMP ont fait leur apparition dans quelques quartiers de Montréal. Il n’a suffi que de quelques jours (voire quelques heures) pour s’apercevoir du manque de civisme flagrant de certains utilisateurs. Vélos abandonnés en plein milieu du trottoir, de la rue ou dans les buissons d’un parc… Le non-respect total des obligations auxquelles ses utilisateurs doivent pourtant accepter de se conformer avant de les utiliser fait en sorte qu’une fois de plus, le vélo devient l’ennemi public numéro 1.

Étonnamment, quand un automobiliste conduit comme un fou, on dit de lui qu’il est un chauffard. Ironiquement, quand une personne fait de même en vélo, c’est l’utilisation de ce mode de transport qui est mis en cause plutôt que celui qui contrôle le guidon!

À mes yeux, c’est clair comme de l’eau de roche. Le cycliste qui ne respecte pas les consignes de conduite et de sécurité de base est le pire ennemi du vélo. À chaque infraction, ou lorsqu’il commet une imprudence, il donne l’occasion aux détracteurs d’hurler haut et fort leur haine envers ce moyen de transport.

Comme la majorité des cyclistes amateurs, je préconise que l’on mette de l’ordre dans ce Far West sur deux roues. Faut-il que les policiers appliquent le code de la route à la lettre et ne laissent plus les récalcitrants rouler comme bon leur semble? Faut-il interdire les vélos en libre-service ou pénaliser monétairement ceux qui ne respectent pas leurs obligations (ce serait simple car tout est informatisé)? Je n’ai malheureusement pas toutes les réponses.

Cependant, j’espère que cette chronique permettra autant au cycliste qu’à l’automobiliste de réaliser qu’une saine cohabitation serait la meilleure solution pour tout le monde.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois