L'hôpital c'est gratuit... vraiment?

Publié le 21/05/2019 à 14:29

L'hôpital c'est gratuit... vraiment?

Publié le 21/05/2019 à 14:29

Un médecin qui écrit.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Je discutais récemment avec mon père de la différence entre les systèmes de santé des États-Unis et du Canada. Bien que complètement différents l’un de l’autre, on peut facilement dire que ces deux pays font partie de l’élite mondiale en termes de qualité des soins de santé, et ce, même s’ils ont deux approches totalement opposées.

Chez nos voisins du sud, le modèle largement privé est un véritable maelstrom administratif fortement influencé par différents lobbys hyper puissants. Assureurs, compagnies pharmaceutiques, hôpitaux privés, compagnies d’équipements médicaux, tous tirent de larges profits du système existant.

De plus, les gouvernements ont, eux aussi, une implication à différents niveaux. En analysant de plus près la situation, on se demande si c’est le patient ou le profit qui en est la priorité.

Au Canada, la situation est toute autre. C’est dans les années 1960 que nous avons fait le choix d’adopter un système de soin universel couvrant les frais médicaux de tous les citoyens.

Modifié et amélioré au fil des années, ce système public a, certes des avantages, mais éprouve, depuis plusieurs années de graves problèmes de vétusté, de rareté de main-d’œuvre et de sous-financement.

Ce n’est un secret pour personne, avoir une bonne police d’assurance maladie aux États-Unis coûte une petite fortune. Dernièrement, une étude a démontré qu’il en coûte en moyenne 37 000 $ afin d’assurer une famille de quatre, soit 9250 $ par personne.

Au Québec, la croyance pour beaucoup est que notre système de santé est gratuit. L’est-il vraiment ? Savez-vous que le budget annuel du ministère de la Santé et des Services sociaux pour 2019-2020 est d’un peu plus de 45 milliards… sur un budget total d’un peu plus de 115 milliards ? Connaissez-vous le budget du ministère de la Justice (1,24 milliard), celui de l’Économie (2,68 milliards) ou celui du Transport (4,95 milliards) ? 

Plus précisément, les soins de santé nous coûtent collectivement 45 cents pour chaque dollar d’impôt que l’on verse. Sachant que l’on est 8 millions d’habitants au Québec, le calcul est simple à faire. Il en coûte en moyenne 5625 $ par personne, ou 22 550 $ par famille de quatre.

Certes, ce coût est moindre que celui des Américains, mais en comparant différents facteurs tels le temps d’attente aux urgences, le délai avant d’avoir un rendez-vous avec un médecin spécialiste, l’état général des « infrastructures médicales », nous nous rendons rapidement compte que bien que nous ayons deux approches différentes, les coûts s’y associant sont assez similaires.

Qui dit coûts similaires ne dit pas expérience similaire. Cette hypothétique famille de quatre, selon moi, ne donne pas un portrait complet de la situation. Connaissant très bien le modèle américain, je n’échangerais pour rien au monde le nôtre. Bien qu’imparfait, je crois que la santé est, avant tout, un droit humain.

Cependant, je crois tout de même important de rester vigilant et de s’inspirer des meilleures pratiques afin d’améliorer au quotidien notre réseau de la santé.

Je partagerai dans une prochaine chronique mes idées concernant celui-ci, cependant, aujourd’hui, j’aimerais simplement que l’on réalise que ce fameux système n’est pas gratuit, loin de là.

On tend à dévaloriser ce qui est gratuit et je sens que nous dévalorisons l’immense travail des milliers de travailleurs du réseau en mettant toujours de l’avant ce qui ne fonctionne pas.

Une idée toute simple pour conclure. Pourquoi ne pas nous divulguer le réel coût de notre passage à l’hôpital ? Pourquoi ne pas nous envoyer une facture détaillée afin que l’on réalise que cette visite chez le médecin ou cette opération d’un jour n’est pas gratuite, elle représente un coût réel non seulement pour nous, mais pour la société en entier. 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois