Un grand tabou de l'entrepreneuriat

Publié le 19/11/2019 à 11:27

Un grand tabou de l'entrepreneuriat

Publié le 19/11/2019 à 11:27

Un homme au sommet d'une dune, dans le désert.

On se sent parfois bien seul au sommet. (Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. La pression de toujours devoir être le meilleur envahit le quotidien de la plupart des entrepreneurs. Avoir la bonne idée au bon moment, conclure la fameuse «grosse entente» sur laquelle on travaille depuis des mois, convaincre notre banquier, notre comptable, notre avocat, nos clients, nos fournisseurs… Bref, il faut toujours avoir une solution à tout.

En cette semaine mondiale de l’entrepreneuriat, il est temps, certes, de célébrer les entrepreneurs, mais aussi de s'attaquer quelques sujets tabous. 

Depuis quelques années, la question de la santé mentale des entrepreneurs prend de plus en plus de place dans la discussion. Dépression, solitude, addiction, détresse psychologique, épuisement, suicide... le portrait n’est pas très reluisant.

Pour ma part, je vous ai déjà fait part du sentiment de solitude que j’ai longtemps ressenti malgré le fait d’avoir bâti mon entreprise avec ma femme Karolyne. Bien qu’aujourd’hui j’ai l’immense privilège de faire partie d’une équipe extraordinaire, je me suis longtemps senti seul à bord.

 

L'obsession de la première place

L’expérience acquise depuis quelques années me permet aujourd’hui d’avoir un regard différent sur cette obsession de la première place. Détrompez-vous, j’ai toujours la même soif de succès. Cependant, je réalise que j’ai beaucoup plus de chance d’atteindre cette fameuse première place en n’étant pas le meilleur, mais en m’entourant des meilleurs. 

L’un des plus grands dangers qui guette tout entrepreneur est d’être entouré de «yes man» qui lui donnent toujours raison où n’osent pas avoir une opinion différente ou le contredire. À mes yeux, aujourd’hui, c’est pourtant simple. Si je suis le meilleur assis à la table, c’est que je ne suis pas à la bonne table!

Un bon entrepreneur est un généraliste. Un peu comme un général, il doit s’avoir s’entourer de spécialistes dans chacun des postes stratégiques. Chef des finances, directrice de création, directeur des ventes, sont tous des exemples de spécialistes qui m’entourent au quotidien et qui me permettent d’atteindre les plus hauts sommets. 

La puissance de mon équipe me permet de ne plus avoir cette pression d’être le meilleur. Collectivement, ils m’enlèvent le fardeau de devoir être au top dans tout ce que je fais et me laissent me concentrer sur mes principales forces.

 

Laisser le «control freak» au vestiaire

Pour fonder une entreprise il faut un entrepreneur, pour la faire croître, il faut une équipe. La minute où j’ai lâché prise sur mon petit côté «control freak», j’ai finalement commencé à voir le chemin devant moi beaucoup plus clairement. 

Attention, il faut une certaine expérience et confiance en soi afin d’accepter de s’entourer de personnes ayant comme force nos faiblesses. Pour ma part, je ne me suis pas senti menacé, mais plutôt soulagé de savoir que j’étais enfin bien entouré. 

Étonnament, que ce soit un athlète de haut niveau, un chef de cuisine étoilé, un acteur oscarisé ou un entrepreneur à succès, la seule et unique manière de réussir est de ne pas être le meilleur, mais plutôt de s’entourer des meilleurs!

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaires quelques jours après avoir gradué de l’Université de Montréal en science politique. Un peu par hasard, beaucoup par folie, je suis devenu entrepreneur sans trop savoir ce qui m’attendait. Bien que ma première expérience en affaires fut catastrophique, je suis tombé en amour avec l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, je suis à la tête d’un des plus grand producteurs de spiritueux et prêt-à-boire en Amérique du Nord et ce ne sont pas les projets qui manquent! Depuis novembre 2015, je partage chaque semaine ici mes idées, mes opinions et ma vision sur le monde des affaires et les sujets de société qui m’interpellent. Bienvenu dans mon monde!

Nicolas Duvernois

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