L'économie du partage, un choc des générations

Publié le 16/02/2016 à 17:17

L'économie du partage, un choc des générations

Publié le 16/02/2016 à 17:17

C’est vendredi que débutera le forum économique du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ). L’événement a pour thème principal l’économie du partage.


Pour certains, il s’agit d’une évolution naturelle de l’entrepreneuriat. Pour d’autres, l’économie du partage est une manière d’enfreindre les lois. Il en est question partout autour du monde. Au Québec, le phénomène est incarné par les chauffeurs de taxi qui luttent contre les Uber et par les hôteliers qui s’élèvent contre Airbnb.


La situation est simple à résumer : d’un côté se trouve des industries depuis longtemps établies, souvent lourdes, vieillissantes et conservatrices et, d’un autre côté, de jeunes start-ups qui réinventent à partir de zéro avec des idées qui rompent radicalement avec les manières de faire en usage… C’est exactement ce qu’il faut pour créer un choc des générations entrepreneuriales !


L’économie du partage se définit par un nouveau mode de consommation, qui permet de partager entre différents consommateurs l’usage de certains produits ou services. Bien souvent, ce produit ou service est déjà bien implanté et est régi par un cadre réglementaire, comme dans le transport par taxi ou de l’hôtellerie.


Mais qu’arrive-t-il lorsque de nouveaux joueurs n’entrent pas dans le cadre ? Uber et Airbnb sont deux exemples parfaits. Ils offrent un service similaire à des entreprises réglementées, mais ils plaident qu’ils offrent une nouvelle catégorie de service pour ne pas se plier à la réglementation.


Qui est fautif? Les «vieilles» compagnies refusant l’innovation, les «jeunes» compagnies ne respectant pas les lois existantes ou… les gouvernements beaucoup trop lents à réagir.


Ces nouvelles start-ups s’attaquent à des industries qui, au fil des années, ont pour la plupart complètement oublié l’importance du service à la clientèle et de l’innovation. Quoi de plus désagréable, en tant que client, d’avoir le sentiment d’être un numéro interchangeable et de savoir que le montant que l’on dépense est plus important que le client lui-même.


Est-ce que l’émergence de l’économie du partage ne serait pas, finalement, la conséquence du laisser-aller des entreprises traditionnelles? Elle représente assurément du moins la revanche du client.


Au cours des dernières années, le consommateur a évolué plus rapidement qu’à tout autre moment dans l’histoire. L’expérience client est presque devenue plus importante que le produit ou service que l’on achète. Pour le même prix, le client préfère dormir dans un loft à Soho, plutôt que dans l’une des 700 chambres d’un hôtel de Times Square. Ce même client préfère se faire ouvrir la porte d’une voiture propre, bien entretenue et par un chauffeur courtois, plutôt que mettre lui-même ses valises dans le coffre d’un taxi en décomposition avancée. Et ce pendant que le chauffeur discute au téléphone !


Ce ne sont pas tous les hôteliers et tous les chauffeurs de taxi qui offrent un piètre service, mais ceux qui le font sont visiblement trop nombreux. Je ne veux pas ici encourager quiconque à se lancer en affaires sans respecter les règles. Je ne souhaite pas plus la disparition d’une entreprise ou d’une autre.


J’aimerais en revanche voir le gouvernement jouer un rôle plus actif et prendre des initiatives originales.


Ce qui me fait penser que l’économie du partage arrive à point. Elle va forcer toutes les entreprises de se remettre en question et de redonner aux clients la place qu’ils méritent.


L’économie du partage bouleverse le quotidien, modifie nos modes de transport, de consommation et transforme nos vies. La peur du changement et la rigidité du cadre réglementaire entravent l’arrivée de ces nouveaux services.


L’économie du partage est le début de l’économie de demain, les entreprises qui vont s’y ajuster évolueront. Celles qui vont y résister, au contraire, auront beaucoup de difficultés à s’en sortir.


 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois

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