«Le panier bleu», premier kilomètre du marathon!

Publié le 07/04/2020 à 11:06

«Le panier bleu», premier kilomètre du marathon!

Publié le 07/04/2020 à 11:06

Une personne attache ses souliers de course

Maintenant que nous avons commencé notre marathon, que faire d’encore plus concret? (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. C’est avec énormément d’excitation et d’espoir que nous avons été témoin cette fin de semaine de l’annonce du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, du lancement de la nouvelle plateforme web « Le panier bleu ».

Version 2020 du bon vieux bottin téléphonique ou des Pages jaunes, ce répertoire des entreprises québécoises, imaginé par Alexandre Taillefer et quelques-uns de ses acolytes, a pu voir le jour grâce à un premier investissement public de 250 000 $.

C’est lors de notre nouvelle « messe » quotidienne que nous avons découvert l’existence de ce projet se voulant un catalyseur de l’achat local. La nouvelle fut si populaire que le site a rapidement été inondé par plus de deux millions d’entre nous!

Première étape vers la révolution tant attendue depuis de trop nombreuses années du « consommons local », les réactions ne se sont pas fait attendre. Inutile coup d’épée dans l’eau pour certains, première étape pour d’autres, tous étaient cependant d’accord pour dire qu’il fallait bouger vite afin de stimuler notre économie. Mais était-ce de la bonne manière, dans la bonne direction, avec les bonnes personnes?

Dès le 13 mars, (post réseaux sociaux à l’appui) j’ai souligné à quel point je trouvais que notre gouvernement, en commençant par notre premier ministre François Legault, était à la hauteur de ce que l’on attend des plus grands leaders en temps de crise. Tristement, la majorité des commentaires que j’ai recueillis et entendus suite à cette annonce ne reflétait aucunement ce sentiment de fierté que l’on ressent tous à 13h, devant nos téléviseurs, depuis quelques semaines.

Soyons francs, directs, honnêtes. Les grands perdants du monde des affaires de cette crise, comme toute crise économique d’ailleurs, sont déjà malheureusement connus. Ce ne seront pas les fleurons ou chouchous du Québec inc. ni les « too big to fail » qui seront sauvés coûte que coûte.

Ce seront les milliers de petites et moyennes entreprises aux quatre coins de la province, déjà fragiles ou pas loin avant la crise, qui n’avaient et n’auront jamais eu les moyens d’investir dans une plateforme efficace de vente en ligne afin de s’adapter aux nouveaux modèles d’affaires. Des PME qui ne pourront se battre à armes égales avec les géants de ce monde, souvent à cause de la distance, du retard technologique ou de l’injustice fiscale que l’on offre à certains. Ils n’auront finalement qu’eu un microscopique espoir de réussite.

Le panier bleu est pour moi le premier kilomètre du marathon. Bien que je trouve triste le fait qu’il ait fallu une pandémie mondiale afin que l’on réalise qu’il faille soutenir notre propre économie et nos propres entrepreneurs, je ne peux que me réjouir de cette initiative. Chroniques à l’appui, ça fait presque cinq ans que je vous harcèle, à travers mes propos de l’importance de consommer localement. Je le dis, le redis et le répète une dizaine de fois par jour : acheter un produit d’ici est un investissement, acheter un produit d’ailleurs est une dépense! 

Maintenant que nous avons commencé notre marathon, que faire d’encore plus concret? C’est exactement la question que je me suis posée la minute où j’ai découvert Le panier bleu. Mon premier réflexe a été d’appeler une dizaine d’entrepreneurs, de tout univers, afin d’avoir leurs réactions à vif. Tous en avaient énormément à dire, mais deux m’ont donné des idées toutes simples que l’on pourrait faire dans la seconde étape afin d’inciter les Québécois à consommer local. 

Quelques suggestions

Ma bonne amie Anne Marcotte m’a fait part de son souhait que le gouvernement ait plutôt investi en subventionnant les frais de « shipping » souvent prohibitif dépendant de notre achat. En effet, bien triste est le potentiel acheteur de chandelles des Îles de la Madeleine qui voit le coût de son panier tripler à cause des frais de transport démentiels.

Du côté de François Lambert, c’est surtout dans la qualité de notre réseau internet qu’il faudrait investir. Certes, le fait de vouloir que nos entrepreneurs se mettent tous à la vente en ligne est louable, encore faut-il que notre réseau puisse soutenir leurs efforts. François me racontait que pas une journée ne passait sans que son internet ne le « lâche » ralentissant automatiquement la croissance de son commerce en ligne florissant. Il n’est pourtant pas en en plein milieu du désert de Kalahari au Botswana, son chalet est situé en Outaouais…

Pour ma part, je crois sincèrement que notre économie et nos milliers d’entrepreneurs, surtout de PME, se retrouvent aujourd’hui au pied du mur. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Il est grand temps d’avoir le courage de nos ambitions. L’objectif est clair. Nous voulons relancer notre économie, soutenir nos entreprises et sortir de cette crise plus forts, plus intelligents et surtout plus indépendants économiquement.

Aujourd’hui, plus que jamais, c’est le temps de nous prioriser, d’être solidaires et d’exiger de nos dirigeants, et de nous-mêmes, des mesures drastiques. Que ce soit l’abolition de la taxe provinciale sur les produits québécois pour une période de 12 à 18 mois (taxes que l’on ne paie souvent pas en achetant sur des sites web étrangers!), d’obliger les ministères et organismes publics à prioriser avant toute autre option les fournisseurs d’ici ou d’investir massivement dans le virage technologique, incluant transport et logistique, de nos entreprises, il est temps d’agir concrètement.

Pour conclure, je salue l’initiative du gouvernement et ne peux que me réjouir de ce premier pas. Cependant, il est important de se rappeler que le chemin vers le succès est un marathon, pas un sprint. Le premier kilomètre est primordial à franchir, mais c’est seulement au bout de 42,2 km que l’on saura si on a atteint notre objectif ou pas!

 

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaires quelques jours après avoir gradué de l’Université de Montréal en science politique. Un peu par hasard, beaucoup par folie, je suis devenu entrepreneur sans trop savoir ce qui m’attendait. Bien que ma première expérience en affaires fut catastrophique, je suis tombé en amour avec l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, je suis à la tête d’un des plus grand producteurs de spiritueux et prêt-à-boire en Amérique du Nord et ce ne sont pas les projets qui manquent! Depuis novembre 2015, je partage chaque semaine ici mes idées, mes opinions et ma vision sur le monde des affaires et les sujets de société qui m’interpellent. Bienvenu dans mon monde!

Nicolas Duvernois

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