Gare aux faux «influenceurs»

Publié le 18/06/2019 à 15:08

Gare aux faux «influenceurs»

Publié le 18/06/2019 à 15:08

Une femme prenant un selfie.

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Comme plusieurs, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article «Comment devenir influenceuse (en trichant)» paru dans La Presse, de la journaliste Émilie Bilodeau. Malgré le fait que nous étions plusieurs à nous douter que certains influenceurs utilisaient différentes manigances afin d’avoir l’air plus populaires qu’ils ne le sont vraiment, cet article a créé une véritable onde de choc dans l’industrie du marketing d’influence.

Un peu comme pour le dopage dans le cyclisme, certains savaient, mais peu ont agi. Un jour ou l’autre, comme pour tout mensonge, la vérité allait sortir.

Contrairement à la croyance populaire, l’influenceur n’est pas une nouvelle bibitte sortie de nulle part, il existe depuis des années sous différentes formes. Il suffit de faire un voyage dans le temps pour réaliser que les Beatles avec leur coupe de cheveux, Elvis avec sa musique et son déhanchement et Johnny Halliday au volant de sa moto, ont influencé des millions d’admirateurs à suivre leurs moindres faits et gestes. 

C’est avec l’explosion des réseaux sociaux que l’influenceur d’aujourd’hui s’est métamorphosé en promoteur marketing. Avant ceux-ci, pour être suivi par des centaines de milliers, voire des millions de fans, il fallait avoir un talent, ou du moins, avoir fait quelque chose que très peu ont fait. Chanter, écrire, gravir, penser... Aujourd’hui, il suffit bien souvent que d’une apparition dans une téléréalité quelconque pour pouvoir s'auto-proclamer influenceur.

Il fut un temps où l’influenceur était important et où, avec une seule idée, on pouvait changer le monde. Rappelez-vous du «bed-in» de John Lennon et de Yoko Ono ou du discours enflammé de Malcolm X à l’église méthodiste de Corn Hill dans l’État de New York.

Selon moi, être un influenceur n’est pas de tenter de convaincre certains abonnés à acheter une bidule pour se blanchir les dents. C’est d'être un acteur positif de changement, une personne qui inspire par son honnêteté, son éthique de travail et surtout par ses accomplissements. Une personne qui inspire à se surpasser.

Comme me l’a si bien dit ma directrice marketing Anik lorsque je lui ai parlé de l’article, «nous travaillons plutôt avec l’objectif de créer des communautés autour de causes et ce sont ces histoires puissantes qui contribuent à l’engagement de nos marques». Effectivement, nous faisons très attention de ne pas tomber dans le piège de ce que j’appelle les «faux-fluenceurs» et d’offrir à n’importe qui un chèque afin que cette personne dise que nos produits sont fabuleux. 

Pour les curieux, les faux-fluenceurs sont relativement facile à détecter. Leur page instagram regorge de publications faisant la promotion de tout et de rien. Avec leurs belles dents blanches (j’ironise), ils ont une vie parfaite. Voyage en Thaïlande ou au festival Burning man, tapis rouges... ils adorent citer des phrases inspirantes et ne manquent pas une journée d’entraînement… ou de smoothie vegan au lait d’avoine. Ironiquement, on se pose tous la même question: Ils font quoi au juste dans leur vie? 

Le faux-fluenceur est un danger pour tout entrepreneur. Imaginez payer grassement une personne suivie par des dizaines de milliers d'abonnés afin de promouvoir votre produit et réaliser, qu’au fond, ces abonnés n’existent même pas pour la plupart. Un seul mot me vient en tête: arnaque.

Je crois sincèrement au marketing d’influence. Cependant, malgré tous les outils de vérification et d’authentification disponibles sur le marché, on réalise qu’il est extrêmement difficile de déceler les tricheurs. Tristement, même les réseaux sociaux, sur leur propre plateforme, n’y arrivent pas. 

Autant pour un produit que pour une personne d’influence (je préfère ce terme) il faut faire très attention avec qui ou avec quoi on s’associe. L’image de marque est un acquis précieux pour une entreprise et encore plus pour une personnalité. Je suis toujours surpris de voir à quel point certains sont prêts à promouvoir absolument tout pour quelques centaines de dollars...

Pour les entrepreneurs, le mirage de la pub facile est un danger. Faites attention de ne pas tomber dans le piège du nombre. Certes, quand une personne est suivie par des centaines de milliers d'abonnés, on a l’impression que la retombée sera plus grande, cependant, on réalise que non.

C’est en s’associant avec les bonnes personnes, peu importe l’étendue de leur portée, qu’une collaboration gagnante naît.

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois